Définitions et concepts

Depuis l’époque du Néolithique l’homme, par ses migrations et ses activités agricoles, a déplacé de nombreuses espèces végétales hors de leurs aires de répartition et de dispersion naturelles. De nombreuses plantes en provenance d’Asie, du bassin méditerranéen et d’Afrique du Nord ont été introduites en Europe et cultivées à des fins alimentaires. D’autres plantes ont également pu être transportées accidentellement lors de ces mouvements migratoires comme c’est le cas, par exemples, des espèces commensales des champs cultivés (ex : les plantes messicoles telles que le coquelicot, la nielle des blés, le bleuet, etc.). La découverte du continent américain à la fin du XVème siècle a induit une hausse du taux d’introduction en Europe de nouvelles plantes. Ce phénomène s’est intensifié depuis le début du XXème siècle en raison notamment de l’augmentation des échanges commerciaux, des voyages et des transports à l’échelle mondiale. Parmi les espèces végétales introduites en Europe et en France depuis la fin du XVème siècle, seul un faible pourcentage est parvenu à s’acclimater et à se naturaliser. Parmi ces espèces naturalisées, seules quelques-unes sont capables de produire une descendance nombreuse, à des distances considérables des pieds mères, et ont la potentialité de se propager sur de larges zones. Ces espèces sont qualifiées d’« invasives » selon la définition de Richardson et ce terme est synonyme de celui d’« exotiques envahissantes » en France. La présence et la prolifération de certaines de ces espèces peut également avoir des impacts négatifs sur la santé humaine, comme c'est le cas de l'ambroisie à feuilles d'armoise (Ambrosia artemisiifolia) et de la berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum), et sur l'économie. L'Union européenne a récemment estimé le coût des dommages causés par les espèces exotiques envahissantes de son territoire à 12 milliards d'euros par an.

L’homme est à l’origine de l’introduction (volontaire ou accidentelle) de ces espèces et il favorise leur prolifération via ses activités de manière directe (ex : transport des espèces) ou indirecte (ex : dégradation physique et chimique des sols qui sont alors plus sensibles aux EVEE). Cette pression de plus en plus croissante qu’il exerce sur son environnement (ex : augmentation des surfaces anthropisées et agricoles) favorise l’installation et la prolifération de ces espèces.

Une plante exotique envahissante n'exprime pas systématiquement son caractère envahissant dans tous les milieux sur l'ensemble d'un territoire. En effet, une plante exotique envahissante dans les milieux littoraux méditerranéens (ex: Freesia alba, Oxalis pes-caprae, Opuntia stricta, etc.) n'est pas systématiquement envahissante sur le reste du territoire national ou régional. Cette constatation est souvent à l'origine, entre autre, des différentes perceptions relatives à la légitimité d'une plante à être listée à une échelle géographique large comme plante exotique envahissante.

De plus, certaines de ces espèces peuvent également avoir des aspects positifs d'ordre économique, culturel, paysager ou de société. Ces aspects positifs sont à prendre en considération au même titre que les nuisances induites par ces espèces dans la mise en œuvre des politiques publiques.