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Impatiens glandulifera Royle, 1833


Nom(s) vernaculaire(s)Balsamine de l'Himalaya, Balsamine géante, Balsamine rouge
FamilleBalsaminaceae
OrigineAsie
Date d’introductionmi-XIXe (1842)

Statuts

Régions administratives
PACAOccitanieCorse
AlerteMajeure

Zones biogéographiques continentales
Sud-OuestPyrénéesMéd. Occ.Méd. PACAMassif CentralAlpine
MajeureMajeureAlerteAlerteMajeureEmergente


Description

  • Port : annuelle dréssée.

  • Feuilles : glabres et simples, elles sont de forme oblongue, ovale à elliptique.  Elles sont nettement dentées et disposées de façon opposée.

  • Tige : rougeâtre, multi-ramifiée, dréssée et creuse. Elle est glabre avec de larges noeuds enflés.

  • Fleurs : zygomorphes, regroupées en inflorescences en forme de grappe lâche contenant de 2 à 14 fleurs odorantes. Elles sont de couleur rose à rouge ou pourpre, et se terminent vers le bas par un éperon droit et court. Floraison de juin à octobre.

  • Fruits : capsules longues de 1,5 à 3 cm à déhiscence élastique. Elles contiennent 4 à 16 graines. Fructification d'août à novembre.

  • Taille : de 0,5 à 2 m de hauteur.

  • Confusion possible : avec Impatiens balfourii qui se distingue par sa taille plus petite, des feuilles alternes et des fleurs à éperon plus long et droit.



Cartes

Répartition par mailles INPN de 10*10 km
Fréquence par départements

Altitudes
Biologie et écologie
MilieuxBerges et ripisylves ; Milieux agricoles ; Milieux anthropiques
Type de reproduction / propagation

La balsamine de l’Himalaya a une croissance très rapide et se reproduit essentiellement par graines. Elle est auto-fertile et son nectar attire de nombreux insectes, notamment les abeilles et les bourdons. À maturité, les capsules produites explosent au moindre contact (goutte d’eau par exemple) et éjectent les nombreuses graines (800 graines par plant) jusqu’à 6 m du plant mère.

Ces graines peuvent ensuite être transportées par l’eau ou par les activités humaines. Elles ont une durée de vie de 18 mois et ont besoin de froid pour germer. Elle peut également se reproduire par bouturage des tiges ou des racines.

Type(s) biologiqueThérophyte

Phénologie
Floraison (mois)JFMAMJJASOND


Impacts et aspects positifs
Impacts écologiques

Local : En région PACA : La balsamine de l’Himalaya menace l'Impatiens noli-tangere, une balsamine indigène listée "en danger (EN)" sur la liste rouge des espèces de flore vasculaire menacées en région PACA, et Stachys palustris, une épiaire protégée en PACA.

En région Occitanie : La balsamine de l’Himalaya menace aussi l'Impatiens noli-tangere, une balsamine indigène listée "quasi-menacée (NT)" sur la liste rouge des espèces de flore vasculaire menacées en Languedoc-Roussillon, et Stachys palustris, une épiaire listée "vulnérable (VU) sur la liste rouge de Languedoc-Roussillon.


D'après la bibliographie : La balsamine de l'Himalaya forme des populations denses le long des cours d'eau. Elle peut entraîner une augmentation de l'érosion des berges en hiver lorsqu'elle disparaît.

De plus, elle peut entraîner une baisse de la biodiversité floristique, en particulier des petites espèces héliophiles, avec lesquelles elle entre en compétition. Avec ses fleurs riches en nectar, elle attire de nombreux insectes pollinisateurs au détriment des espèces indigènes, affectant ainsi leur reproduction.


Impacts sanitaires

D'après la bibliographie : Aucun impact sanitaire n'est recensé actuellement.


Impacts sur les activités humaines

D'après la bibliographie : Aucun impact socio-économique n'est recensé actuellement.


Aspects positifs

D'après la bibliographie : La balsamine de l'Himalaya était utilisée comme plante ornementale, plante mellifère, et dans des élixirs floraux (fleurs de bac). Désormais, elle est réglementée.



Gestion

Carte des actions réalisées

Méthodes de contrôle ou d’éradication
Prévention

Éviter de planter la balsamine de l’Himalaya et de la rejeter en milieu naturel (ou dans des décharges). Cette espèce est désormais inscrite sur le Règlement européen n°1143/2014 relatif à la prévention et à la gestion de l'introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes, repris par arrêtés ministériels du 14 février 2018 puis du 10 mars 2020 portant mise à jour de la liste des espèces animales et végétales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain. Il est ainsi interdit d'introduire cette espèce dans le milieu naturel, de l'utiliser, de la transporter, de la détenir, de l'échanger ou de la commercialiser.

Lors de travaux de végétalisation, il faut veiller à utiliser de la terre exempte de graines.

Sa germination semble limitée lorsqu’un couvert végétal dense est en place. Un sursemis d’espèces couvrantes peut empêcher son installation. Mais dès qu’elle réussit à s’établir, l’ombre qu’elle produit perturbe le développement des autres espèces.

Méthodes de contrôle ou d’éradication manuelles

L'arrachage manuel est préconisé lorsque les populations sont de taille réduite ou qu'un nombre important d’espèces indigènes sont présentes en mélange. De manière générale, et dans la mesure du possible, l’arrachage sera préféré à la fauche car il donne de meilleurs résultats.

Lors de l’arrachage, il est important de prélever la plante en entier. Cette opération n’est pas forcément facile car les tiges sont souvent enracinées en plusieurs points et cassent facilement. Toutefois, tous les fragments doivent absolument être prélevés. Des vérifications mensuelles doivent être réalisées en vue de supprimer tout nouvel individu apparaissant sur le site envahi. Celui-ci doit ensuite être suivi pendant plusieurs années consécutives en vue d’épuiser le stock de semences présent dans le sol (environ 3 ans). Cette opération doit commerncer avant la floraison (au début du printemps).

Sur plusieurs sites envahis de la Risle (Eure), la balsamine de l'Himalaya a été quasiment éradiquée par arrachage manuel. Cet effort aura duré 4 ans et mobilisé plusieurs personnes. 

Pour plus d'informations : http://especes-exotiques-envahissantes.fr/wp-content/uploads/2019/10/rex_balsamine-eure_vf.pdf

Méthodes de contrôle ou d’éradication mécaniques

La fauche doit être préférée à l’arrachage dans le cas où la plante s’étend sur de grandes surfaces et que peu, voire aucune espèce indigène, n'est présente. La fauche peut être réalisée avec une débroussailleuse à fil de section étoilée. Lors de la fauche, il est impératif de couper les tiges en dessous du premier nœud. En effet, la plante peut facilement générer de nouvelles racines et de nouvelles tiges au départ de chaque nœud. L’opérateur évitera également de sectionner les tiges à plusieurs reprises en réalisant des passages aller-retour avec le fil.

L’efficacité accroit en augmentant le nombre de fauches (2 à 3 passages dans la saison en fonction de l'évolution des rejets). La première fauche doit être effectuée en mai-juin, puis une seconde en juillet-août (avant la floraison). Un suivi de 2 ans est nécessaire pour épuiser la banque de semences. Pour une efficacité totale, il est indispensable de prendre en compte l’arrivée de graines transportées par les cours d’eau.

Cette méthode a été effectuée par le Syndicat mixte Vienne Gorre (SMVG) sur les rives de la Gorre (Haute-Vienne) envahies par la balsamine de l'Himalaya. Le débroussaillage 3 à 4 fois /an (en été) a permis de réduire considérablement le nombre de pieds mais également le nombre de zones colonisées. 

Pour en savoir plus : http://www.especes-exotiques-envahissantes.fr/wp-content/uploads/2018/10/balsamine_r.pdf

Méthodes de contrôle ou d’éradication chimiques

Les traitements à base de 2,4-D ont semblé être effiaces contre la balsamine de l'Himalaya lorsqu'ils étaient employés par le passé. Attention! l’utilisation d’herbicides est interdite à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage et inappropriée en sites naturels. Les méthodes de lutte chimique ont des impacts négatifs sur l’environnement et la santé humaine : il est indispensable de privilégier des méthodes alternatives. De plus, il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation de produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/

Méthodes de contrôle ou d’éradication biologiques ou écologiques

Le pâturage (ovins ou bovins) régulier peut se substituer efficacement à la fauche.

La mise sous eau au moment de la germination (printemps) impacte la balsamine de l'Himalaya.

La plantation d’espèces indigènes à fort pouvoir couvrant (aulnes, saules, etc.) permet de concurrencer la balsamine après qu'elle ait été arrachée ou fauchée, ou en fin de saison, lorsqu'elle meurt et laisse le sol nu.

Méthodes inefficaces ou inappropriées

Ne pas utiliser d'épareuse (ou de débroussailleuse) ou arracher qu'une partie de la plante, la balsamine pourrait reprendre son développement. Pour les mêmes raisons, il est conseillé de ne pas couper au-dessus du premier nœud.

Il est préconisé de ne pas la composter.

Gestion des déchets

Les balsamines coupées ou arrachées doivent être stockées en un amas en milieu ouvert, sur le site même si possible, pour assurer un séchage rapide. Les racines doivent être bien dénudées de toute terre, car celle-ci conserve un taux d’humidité suffisant au maintien de la plante parfois jusqu’à la maturation des graines.

Les résidus doivent être brûlés dès que possible. Si l’incinération n’a pu se faire, les résidus stockés doivent être vérifiés régulièrement en vue d’arracher toute nouvelle tige susceptible de fructifier.

Le compostage est à éviter.

Précautions

Les engins et outils doivent faire l'objet d'un nettoyage, avant de traiter la zone pour ne pas importer de nouvelles graines d'espèces exotiques, et après les travaux pour ne pas les introduire vers d'autres lieux lors de futurs travaux.

Il faut exercer une pression permanente et assidue sur l’espèce de manière à limiter son retour. Si une combinaison de techniques est trouvée, il faudra poursuivre les travaux d'entretien sur une dizaine d'années, puis effectuer une veille permanente sans relâche.


Sources bibliographiques

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Citation recommandée : CBNMed, 2021. Impatiens glandulifera [en ligne]. INVMED-Flore, plateforme sur les invasions biologiques végétales. Conservatoire botanique national méditerranéen et Conservatoire botanique national de Corse. Disponible sur : http://www.invmed.fr

Auteurs CBNMed : PS, LF, MLB, MH, KD, CC, CS
Révision : 2021



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