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Lagarosiphon major (Ridl.) Moss, 1928


Nom(s) vernaculaire(s)Grand lagarosiphon, Lagarosiphon élevé, Élodée à feuilles alternes
FamilleHydrocharitaceae
OrigineAfrique
Date d’introductionmi-XXe (1960)

Statuts

Régions administratives
PACAOccitanieCorse
EmergenteEmergente

Zones biogéographiques continentales
Sud-OuestPyrénéesMéd. Occ.Méd. PACAMassif CentralAlpine
EmergentePréventionEmergenteEmergenteEmergentePrévention


Description

  • Port : plante aquatique vivace totalement immergée, au feuillage dense. Espèce dioïque dont seules les pieds femelles sont actuellement observés en France.

  • Feuilles : feuilles alternes, disposées en spirale (visible surtout sur la partie inférieure de la tige), étroites et fortement recourbées vers le bas. Elles mesurent 1 à 2 cm de long et 2 mm de large.

  • Tiges : tiges vertes à brunâtres, fragiles, longues et très ramifiées.

  • Fleurs : petites fleurs blanches qui se développent à la surface de l’eau à l’extrémité d’un long pédoncule très fin. Floraison en juillet-août.

  • Taille : de 50 cm à 1 m, et jusqu'à 6 m.

  • Confusions possibles : avec les élodées (Elodea canadensis, Elodea nuttallii, Egeria densa), qui ont les feuilles verticillées. Les naïades (Najas spp.) ont les feuilles opposées (elles peuvent sembler verticillées) et des tiges à nombreuses ramifications dichotomiques.



Cartes

Répartition par mailles INPN de 10*10 km
Fréquence par départements

Altitudes
Biologie et écologie
MilieuxEaux courantes ou stagnantes
Type de reproduction / propagation

En dehors de son aire de répartition d'origine (Afrique du Sud) seuls des pieds femelles ont été observés. Il n'y a donc pas de reproduction sexuée. La multiplication végétative se fait par bouturage (fragmentation des tiges) et par croissance du rhizome. Les fragments sont propagés par l'eau, les activités humaines (bateaux, pêche, faucardage, etc.) et parfois par les oiseaux.

Type(s) biologiqueHydrophyte

Phénologie
Floraison (mois)JFMAMJJASOND


Impacts et aspects positifs
Impacts écologiques

D'après la bibliographie : Le développement rapide du grand lagarosiphon conduit à la formation d’herbiers monospécifiques denses qui concurrencent la flore aquatique indigène et induisent une diminution de la biodiversité (diminution de l'intensité lumineuse et de la concentration en oxygène dissous disponible dans l'eau, changements du pH et de la teneur en nutriments, etc.). De plus, le grand lagarosiphon est à l'origine de changements dans la composition des communautés piscicoles et des macro-invertébrés.

Dépérissant en partie l’hiver, le grand lagarosiphon accélère également la sédimentation des matières organiques et donc l’eutrophisation des eaux et l’envasement du milieu.


Impacts sanitaires

D'après la bibliographie : Aucun impact sanitaire n'est recensé actuellement.


Impacts sur les activités humaines

D'après la bibliographie : La prolifération du grand lagarosiphon peut occasionner une gêne pour la pratique des activités nautiques et de pêche.



Gestion

Carte des actions réalisées

Méthodes de contrôle ou d’éradication
Prévention

Éviter de rejeter dans les cours d'eau, plans d'eau, fossés, mares, etc. Le grand lagarosiphon est désormais inscrit sur le Règlement européen n°1143/2014 relatif à la prévention et à la gestion de l'introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes, repris par arrêtés ministériels du 14 février 2018 puis du 10 mars 2020 portant mise à jour de la liste des espèces animales et végétales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain. Il est ainsi interdit d'introduire cette espèce dans le milieu naturel, de l'utiliser, de la transporter, de la détenir, de l'échanger ou de la commercialiser.

Méthodes de contrôle ou d’éradication manuelles

L'arrachage manuel ne peut se faire que sur de petites surfaces, et pour les herbiers situés à faible profondeur. Il est primordial de ne pas laisser de fragments sur place. La pose de filets en priorité en aval du chantier est indispensable pour éviter toute dispersion des fragments. Cette méthode est la moins traumatisante pour le milieu.

C'est le cas pour un plan d'eau située en Lot-et-Garonne, où la zone colonisée par le grand lagarosiphon a été d'une faible superficie. Il a été envisagé de mettre en place un arrachage manuel pour tenter de l'éradiquer. Malheureusement, l'arrachage manuel n'a pas suffi à endiguer la progression de la plante. En 2016, une vidange complète du plan d'eau a été effectuée, permettant l'assèchement des individus. À ce jour, aucun résultat n'est disponible.

Pour plus d'informationshttp://www.especes-exotiques-envahissantes.fr/wp-content/uploads/2017/02/170217_Lagarosiphon_CPIESVL.pdf

Méthodes de contrôle ou d’éradication mécaniques

Le faucardage permet de maintenir les activités nautiques estivales, mais ne permet pas de contrôler le grand lagarosiphon. Le faucardage doit impérativement être réalisé en posant des filets à l'aval et en ramassant systématiquement tous les fragments, sinon cette technique de gestion risque d'agraver l'invasion.

Le bâchage consiste à mettre en place une toile de jute biodégradable sur le fond des plans d'eau pour restreindre l'accès à la lumière. Cette méthode testée en Irlande est relativement simple à mettre en oeuvre, et conduit à la mort rapide du grand lagarosiphon recouvert et à une repousse des macrophytes indigènes à travers la toile.

Pour en savoir plus : http://www.especes-exotiques-envahissantes.fr/wp-content/uploads/2018/10/grand_lagarosiphon_r2.pdf

L’assec permet de soumettre la plante à la dessiccation et entraine théoriquement sa mort. Pour être efficace, il faut garantir l’absence d’humidité résiduelle des sédiments par une durée d'assec de plusieurs semaines.

Le curage, réalisé avec des engins mécaniques, est un moyen radical de se débarrasser des herbiers à condition de s’être assuré d’avoir enlevé la totalité de la plante (parties aériennes et rhizomes).

Ces deux dernières méthodes peuvent être combinées, cependant, elles représentent des opérations lourdes pour le milieu aquatique. Il est nécessaire de prendre en compte les enjeux liés à la faune et à la flore et de définir un plan d'action adapté à chaque site.

Méthodes de contrôle ou d’éradication chimiques

Attention! l’utilisation d’herbicides est interdite à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage et inappropriée en sites naturels. Les méthodes de lutte chimique ont des impacts négatifs sur l’environnement et la santé humaine : il est indispensable de privilégier des méthodes alternatives. De plus, il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation de produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/

Méthodes de contrôle ou d’éradication biologiques ou écologiques

Le diptère sud-africain Hydrellia lagarosiphon est étudié en Irlande pour lutter contre le lagarosiphon.

Méthodes inefficaces ou inappropriées

La moisson et le faucardage permettent le maintien des activités nautiques estivales mais ne suffisent pas à contrôler la prolifération de la plante.

La moisson est utilisée dans l'Étang Blanc (Landes), d'une superficie de 183 ha, pour limiter l'expansion du grand lagarosiphon mais également atténuer son impact sur les activités nautiques (centre de vacances, pêche etc.).

Pour en savoir plus : http://www.especes-exotiques-envahissantes.fr/wp-content/uploads/2018/10/grand_lagarosiphon_r1.pdf

De même, au barrage de Salagou (Hérault), où la densité du lagarosiphon ne permet pas de le gérer mais de le maintenir à des densités plus faibles pour continuer les activités récréatives du site (zone de baignade, embarcations etc.).

Pour en savoir plus : http://www.especes-exotiques-envahissantes.fr/wp-content/uploads/2018/02/lagarosiphon_rex4_salagou.pdf

Gestion des déchets

De grands volumes de matière végétale en décomposition laissés sur les berges des plans d'eau sont inacceptables (risque de dissémination). Les produits d'arrachage doivent être évacués directement vers un site de destruction (incinération) ou de valorisation (compostage ou méthanisation). Les déchets doivent être séchés sur un sol sec, loin de l'eau et donc stockés temporairement en dehors de toute zone humide ou susceptible d'être inondée (sous réserve dans ce cas de l'obtention d'une dérogation au transport de l'espèce) en vue d'être ensuite valorisés.

Précautions

Poser des filets lors des travaux d'arrachage, limiter les transports au maximum et nettoyer minutieusement les outils et engins ayant servi aux opérations de gestion.

Commentaires

Espèce végétale exotique envahissante sur le territoire métropolitain : arrêté du 14 février 2018 et arrêté du 10 mars 2020 portant mise à jour de la liste des espèces animales et végétales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain.

Au Royaume-Uni, le coût annuel de la gestion du grand lagarosiphon est estimé à plus d'un million de £. Le coût de la gestion mécanique est estimé à 1 000 £ par ha et par an.


Sources bibliographiques

Agence de l'eau RMC, 2016. Savoirs et savoir-faire sur les populations exotiques envahissantes végétales et animales et préconisations pour la mise en oeuvre des SDAGE, Volume 4 : fiches pratiques pour la mise en oeuvre des plans d'actions contre la dispersion des espèces exotiques envahissantes. Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse, Bassins Rhône Méditerannée et de Corse, 130 p.

ARPE & CBNMed, 2009. Plantes Envahissantes - Guide d'identification des principales espèces aquatiques et de berges en Provence et Languedoc. Agence régionale pour l'environnement PACA. 112 p.

Bertrin V., Dutartre A. et al., 2014. Evaluation de l'impact de la moisson de Lagarosiphon major dans l'Etang Blanc (Landes). Rapport Irstea, EABX, CARMA.

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Haury J., Hudin S., Matrat R., Anras L. et al., 2010. Manuel de gestion des plantes exotiques envahissant les milieux aquatiques et les berges du bassin Loire-Bretagne. Fédération des conservatoires d'espaces naturels, 136 p.

Invasoras, 2020. Lagarosiphon major [en ligne]. Disponible sur : https://www.invasoras.pt/pt/planta-invasora/lagarosiphon-major (page consultée le 28/04/2021)

Levy V. (coord.), Watterlot W., Buchet J., Toussaint B. & Hauguel J.-C., 2015. Plantes exotiques envahissantes du Nord-Ouest de la France : 30 fiches de reconnaissance et d’aide à la gestion. Centre régional de phytosociologie agréé Conservatoire botanique national de Bailleul, Bailleul. 140 p.

Mangan R. & Baars J.-R., 2013. Use of life table statistics and degree day values to predict the colonisation success of Hydrellia lagarosiphon Deeming (Diptera: Ephydridae), a leaf mining fly of Lagarosiphon major (Ridley) Moss (Hydrocharitaceae). Ireland and the rest of Europe. Biological Control, 64: 143–151.

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Muller S. (coord), 2004. Plantes invasives en France: état des connaissances et propositions d'actions. Collections Patrimoines Naturels (Vol. 62), Publications Scientifiques du Muséum national d'histoire naturelle, Paris. 168 p.

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Sarat E., Mazaubert E., Dutartre A., Poulet N. & Soubeyran Y., 2015. Les espèces exotiques envahissantes dans les milieux aquatiques : connaissances pratiques et expériences de gestion. Volume 2. Onema, Coll. Comprendre pour agir. 240 p.

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Val'hor, 2020. Lagarosiphon major [en ligne]. Code de conduite plantes envahissantes. Disponible sur : https://www.codeplantesenvahissantes.fr/plantes-concernees/ (page consultée le 28/04/2020)

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Citation recommandée : CBNMed, 2021. Lagarosiphon major [en ligne]. INVMED-Flore, plateforme sur les invasions biologiques végétales. Conservatoire botanique national méditerranéen et Conservatoire botanique national de Corse. Disponible sur : http://www.invmed.fr

Auteurs CBNMed : LF, EK, MR, MLB, MH, KD, CC, CS
Révision : 2021



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