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Senecio inaequidens DC., 1838 [syn. Senecio harveianus sensu Jovet, 1975 non MacOwan, 1890]


Nom(s) vernaculaire(s)Séneçon du Cap, Séneçon sud-africain
FamilleAsteraceae
OrigineAfrique
Date d’introductionfin-XIXe

Statuts

Régions administratives
PACAOccitanieCorse
ModéréeMajeureAlerte

Zones biogéographiques continentales
Sud-OuestPyrénéesMéd. Occ.Méd. PACAMassif CentralAlpine
MajeureModéréeModéréeModéréeMajeureAlerte


Description

  • Port : plante vivace ligneuse et buissonnante, en grosses touffes, glabrescente.

  • Feuilles : feuilles larges de 1,5 à 4 mm, normalement indivisées et bordées de dents très fines et très espacées, mais parfois pennatilobées à pennatipartites chez les jeunes individus.

  • Tige : rameaux ascendants.

  • Fleurs : inflorescences corymbiformes lâches, à boutons pendants ; capitules jaunes à 10-23 ligules, larges de 15-25 mm ligules comprises, celles-ci s'enroulant à la fin ; involucre campanulé à 11-16 bractées (souvent 13), les bractées extérieures lancéolées, à marge largement scarieuse, généralement érodée ou denticulée. Floraison toute l'année.

  • Fruits : akènes plumeux.

  • Taille : de 30 à 100 cm.

  • Confusions possibles : avec les autres séneçons (Senecio spp. et Jacobaea spp.), 29 espèces en région méditerranéenne française continentale, dont 6 exotiques. Il s'en distingue par son port en buisson et ses feuilles entières bordées de dents (ou rarement de petits lobes) très espacés.



Cartes

Répartition par mailles INPN de 10*10 km
Fréquence par départements

Altitudes
Biologie et écologie
MilieuxCôtes rocheuses et falaises ; Dunes côtières et plages de sable ; Marais, tourbières, tufières ; Milieux agricoles ; Milieux anthropiques ; Prairies, pelouses sèches et garrigues
Type de reproduction / propagation

Le séneçon du Cap se reproduit par graines. Il est pollinisé par les insectes. Un pied peut produire 10 000 à 30 000 graines par an. Les graines sont disséminées par le vent et les activités humaines (en s'accrochant aux vêtements, au pelage du bétail ou aux véhicules, par transport de sol, de foin, de graines ou de laine contaminés). Elles conservent leur pouvoir germinatif pendant 2 ans et peuvent germer du printemps à l'automne. De plus, les tiges peuvent se bouturer.

Type(s) biologiqueChaméphyte

Phénologie
Floraison (mois)JFMAMJJASOND


Impacts et aspects positifs
Impacts écologiques

Local : En région Occitanie : Le séneçon du Cap peut entrer en compétition avec des espèces endémiques comme la centaurée de la Clape (Centaurea corymbosa), protégée en France et à très forts enjeux de conservation, ou le ciste de Pouzolz (Cistus pouzolzii), localisé et protégé.


D'après la bibliographie : Le séneçon du Cap peut envahir les milieux naturels et semi-naturels, mais il forme des peuplements denses principalement dans des milieux anthropiques. Espèce pionnière, il lui est difficile de devenir dominant dans une communauté de prairie déjà bien établie. Il présente cependant une grande amplitude écologique, et peut se développer sur des sols pauvres, aussi bien calcaires qu’acides, humides que secs et ceci sous quasiment tous les types de climats. De plus, il est capable de modifier la composition, la structure et le fonctionnement des écosystèmes (Fried, 2012).


Impacts sanitaires

D'après la bibliographie : Même si le séneçon du Cap est toxique pour les humains (du à la présence d'alcaloïdes dans la plante, principalement dans ses fleurs et ses feuilles et dans les premiers stades de son développement) aucun cas d'incident par ingestion n'est actuellement connu.


Impacts sur les activités humaines

Local : En région PACA et Occitanie : dans les vignobles, le séneçon du Cap constitue une adventice parfois difficile à contrôler. Dans les Pyrénées-Orientales, il pose problème dans les prairies où il diminue la valeur pastorale.


D'après la bibliographie : Le séneçon du Cap est toxique pour le bétail et peut causer des dommages (parfois irréversibles) au foie. Même si cette plante fait l'objet de refus de pâturage (notamment chez les chevaux), son développement dans les prairies peut être problématique puisque toutes les parties de la plante sont toxiques (en vert comme séchées) et le foin récolté peut devenir impropre à la consommation. Étant donné qu'il n'est pas consommé par le bétail, le séneçon du Cap peut envahir les pâturages et en dégrader la qualité.


Aspects positifs

D'après la bibliographie : Le séneçon du Cap est une source de nectar pour les abeilles. C'est également une plante médicinale.



Gestion

Carte des actions réalisées

Méthodes de contrôle ou d’éradication
Prévention

La meilleure prévention possible pour limiter l'installation du séneçon du Cap consiste à éviter le transport de matériel contaminé par les graines (laine, terre, etc.).

De même, il est préconisé de limiter les terres dénudées (chantiers, bords de routes, friches) en semant des espèces à fort recouvrement comme le trèfle et la luzerne. En milieu agricole, il faut éviter le surpâturage et l'écobuage. En effet, les espèces végétales indigènes de prairie (graminées et légumineuses) sont très concurrentielles et empêchent la croissance du séneçon du Cap lorsque celui-ci arrive dans une communauté déjà établie et fonctionnelle.

Méthodes de contrôle ou d’éradication manuelles

Le séneçon du Cap peut être contrôlé par arrachage manuel dans des zones peu étendues. L'arrachage doit avoir lieu avant la fructification (avant fin juin) pour éviter la dispersion des graines, et être répété au moins une fois par an et durant plusieurs années, jusqu'à épuisement de la banque de graines du sol. L'arrachage peut être suivi d'un ensemencement avec des espèces indigènes à fort pouvoir couvrant, pour limiter la reprise de la banque de graines.

Méthodes de contrôle ou d’éradication mécaniques

La fauche peut être pratiquée sur les grandes surfaces envahies, toujours avant la fructification (avant fin juin). La fauche empêche le séneçon du Cap de produire des graines, mais ne permet pas de l'éliminer. Elle doit être répétée plusieurs fois durant la saison, car les tiges coupées peuvent repartir et fleurir à nouveau.

Dans les parcelles agricoles, le labour permet de limiter l'expansion du séneçon du Cap. Il doit également être réalisé avant la fructification.

Méthodes de contrôle ou d’éradication chimiques

L'espèce semblerait être sensible au glyphosate et au sulfosate, mais résistante à d'autres herbicides. Les herbicides ne constituent pas une solution à long terme pour lutter contre le séneçon du Cap. Attention! l’utilisation d’herbicides est interdite à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage et inappropriée en sites naturels. Les méthodes de lutte chimique ont des impacts négatifs sur l’environnement et la santé humaine : il est indispensable de privilégier des méthodes alternatives. De plus, il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation de produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/

Méthodes de contrôle ou d’éradication biologiques ou écologiques

Le semis d’espèces végétales indigènes à fort recouvrement (légumineuses ou graminées) permet de contrôler le séneçon du Cap par compétition.

Le séneçon du Cap est prédaté par certains gastéropodes, des lapins et certains insectes. Cependant, lorsque les tiges repoussent après avoir été consommées par les lapins, elles deviennent plus toxiques et ne sont plus consommées.

En Europe, le puceron Aphis jacobaeae et le scarabéee Longitarsus jacobaeae, dont l'hôte habituel est la plante indigène Jacobaea vulgaris, sont capables de s'installer sur le séneçon du Cap et de l'affaiblir. Ces insectes sont étudiés comme potentiels agents de lutte biologique. En Amérique du Sud, ce sont le lépidoptère Homeosoma oconequensis et le diptère Ensina hyallipennis qui sont étudiés comme agents de lutte biologique contre le séneçon du Cap.

Méthodes inefficaces ou inappropriées

Le séneçon du Cap est résistant à certains herbicides (phenoxid, benzoic, acide picolinique, isoxazolidone).

Gestion des déchets

Les plants fauchés ou arrachés doivent être exportés dans des sacs ou incinérés car les fleurs, même en boutons, peuvent fructifier deux à trois jours après leur déracinement. Les tiges ne doivent pas être laissées sur le sol car elles peuvent se bouturer. Elles ne doivent pas non plus être utilisées comme fourrage car le séneçon du Cap est toxique pour le bétail.

Afin d'éviter tout risque de contamination, il est fortement déconseillé de mettre les déchets de plantes, y compris les racines et tiges, sur son compost de jardin. Seul un compostage professionnel avec phase d'hygiénisation thermophile ou une méthanisation thermophile peut être conseillé, sinon reste l'incinération avec les déchets ménagers.

Précautions

Le séneçon du Cap  produit beaucoup de graines, il faut donc impérativement réaliser les opérations de contrôle avant la floraison.

Les graines s'accrochant aux machines, vêtements et chaussures, une vérification est à effectuer avant de quitter les sites où elle est présente.

Commentaires

Le séneçon du Cap appartient à la liste des organismes exotiques envahissants interdits d'introduction au Canada et en Suisse (selon l'Ordonnance suisse sur la dissémination dans l'environnement d'organismes exotiques).


Sources bibliographiques

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Citation recommandée : CBNMed, 2021.
Senecio inaequidens [en ligne]. INVMED-Flore, plateforme sur les invasions biologiques végétales. Conservatoire botanique national méditerranéen et Conservatoire botanique national de Corse. Disponible sur : http://www.invmed.fr

Auteurs CBNMed : MR, MLB, KD, MH, CC, CS
Révision : 2021



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