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Pistia stratiotes L., 1753


Nom(s) vernaculaire(s)Laitue d'eau
FamilleAraceae
OrigineAmérique du Sud
Date d’introductionfin-XXe (1992)

Statuts

Régions administratives
PACAOccitanieCorse
EmergenteEmergenteEmergente

Zones biogéographiques continentales
Sud-OuestPyrénéesMéd. Occ.Méd. PACAMassif CentralAlpine
AlerteAbsenteEmergenteEmergenteAlerteAbsente


Description

  • Port : plante vivace hydrophyte flottant librement à la surface de l’eau, d'aspect spongieux.
  • Feuilles : larges, duveteuses, charnues, insérées en rosette. Les nervures parallèles apparentes et marquées leur donnent un aspect ondulé.

  • Tiges : présence de stolons flottants.

  • Fleurs : de couleur blanc-verdâtre, minuscules, situées au centre de la rosette. Floraison toute l'année avec un pic d'août à octobre.

  • Racine : stolons formant une touffe de racines fibreuses flottantes.
  • Taille : jusqu'à 15 cm de haut sur 40 cm de diamètre.

  • Confusions possibles : aucune.



Cartes

Répartition par mailles INPN de 10*10 km
Fréquence par départements

Altitudes
Biologie et écologie
MilieuxEaux courantes ou stagnantes
Type de reproduction / propagation

La laitue d'eau se reproduit principalement par multiplication végétative, assurée par les stolons, mais également par reproduction sexuée (graines). Les fragments de stolons sont principalement disséminés par les activités humaines (aquariophilie, bateaux) et par l'eau. La laitue d'eau est une espèce sensible au gel. La graine est l'organe de résistance au froid. Les graines peuvent résister à des températures de -5°C pendant quelques jours (Vélard, 1998).

Type(s) biologiqueHydrophyte nageant

Phénologie
Floraison (mois)JFMAMJJASOND


Impacts et aspects positifs
Impacts écologiques

Local : En région Occitanie : La laitue d'eau est réputée sensible au gel. Elle a cependant été observée régulièrement par la Compagnie nationale du Rhône (CNR) sur le contre-canal du Rhône depuis 2005. L'hiver 2015-2016 particulièrement doux lui a été favorable et elle est signalée en septembre 2016 sur plusieurs kilomètres le long de ce contre-canal, en des densités très importantes.


D'après la bibliographie : La laitue d'eau peut rapidement recouvrir d'importantes surfaces aquatiques, entraînant des conditions d'anoxie et une grande réduction de l'intensité lumineuse sous l'eau, menant ainsi à un appauvrissement de la faune et de la flore aquatique. En plus de la compétition pour la lumière, la laitue d'eau entre en compétition interspécifique avec les espèces indigènes en produisant des composés allélopathiques. Par ailleurs, elle accélère la sédimentation des matières organiques ce qui entraine une eutrophisation des eaux et un envasement du milieu.


Impacts sanitaires

D'après la bibliographie : Certaines larves de moustiques se développent dans les lieux où Pistia stratiotes est présente, notamment certaines espèces d'Anopheles vectrices de la malaria.


Impacts sur les activités humaines

D'après la bibliographie : La laitue d'eau peut empêcher la bonne circulation des bateaux, la pratique des loisirs nautiques et de la pêche. Elle peut diminuer la valeur esthétique des lieux touristiques. Elle impacte la circulation de l’eau en obstruant les canaux d’irrigation et peut diminuer la production d'électricité dans les zones de production d'électricité par des centrales hydroélectriques. De plus, elle peut endommager les cultures de riz (par compétition directe et par diminution du pH de l'eau).


Aspects positifs

D'après la bibliographie : Les utilisations possibles sont diverses :
- médecine : la laitue d'eau possède des propriétés diurétiques, antidiabétiques, antifongiques, antimicrobiennes, anti-inflammatoires et cicatrisantes, elle est utilisée dans le traitement de diverses maladies ;
- phytoremédiation : la laitue d'eau est un hyper-accumulateur, elle a une grande capacité à fixer les métaux lourds (Fe, Zn, Cu, Cr, Cd), les nutriments, et les antibiotiques utilisés en élevage, elle est donc utilisée pour dépolluer les eaux ;
- agriculture : elle peut être utilisée comme fourrage pour les animaux, comme engrais vert (riche en potasse), ou encore pour lutter contre les adventices des cultures (grâce aux composés allélopathiques qu'elle produit) ;
- agrocarburants : utilisée pour la production de biogaz.



Gestion

Carte des actions réalisées

Méthodes de contrôle ou d’éradication
Prévention

Éviter d'acheter cette espèce pour l'ornement des étangs, bassins et des aquariums.

La laitue d'eau est désormais inscrite sur le Règlement européen n°1143/2014 relatif à la prévention et à la gestion de l'introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes, et sera bientôt transcris en législation et réglementation françaises via des arrêtés ministériels sur le territoire métropolitain (courant 2022). Il sera ainsi interdit d'introduire cette espèce dans le milieu naturel, de l'utiliser, de la transporter, de la détenir, de l'échanger ou de la commercialiser.

Méthodes de contrôle ou d’éradication manuelles

L'arrachage manuel est possible, mais coûteux en main d'oeuvre.

Méthodes de contrôle ou d’éradication mécaniques

L'arrachage mécanique est possible, à condition d'installer un grillage à petites mailles en aval du cours d'eau pour éviter que des fragments ne se répendent et forment de nouvelles plantes. Il est nécessaire de ramasser les fragments manuellement après le passage des engins.

Méthodes de contrôle ou d’éradication chimiques

Des traitements chimiques ont été réalisés par le passé sur la laitue d'eau utilisant divers herbicides (chlorsulfuron, paraquat, diquat, glyphosate, triclopyr, terbutryn, endothalle, etc.). Cependant, en France, l'utilisation d'herbicides est interdite dans les milieux aquatiques, ces méthodes ne sont donc pas applicables. En effet, l’utilisation d’herbicides est interdite à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage et inappropriée en sites naturels. Les méthodes de lutte chimique ont des impacts négatifs sur l’environnement et la santé humaine : il est indispensable de privilégier des méthodes alternatives. De plus, il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation de produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/

Méthodes de contrôle ou d’éradication biologiques ou écologiques

En Afrique et en Australie, la lutte biologique à l'aide du charançon d'Amérique du Sud (Neohydronomus affinis) est une méthode efficace. La larve de ce charançon ouvre des galeries dans les tissus de la plante. De même, un papillon de nuit de Thaïlande (Spodoptera pectinicornis) est étudié pour être relâché aux États-Unis. Au total, 21 agents de lutte biologique sont considérés comme efficaces contre la laitue d'eau.

Attention! La lutte biologique avec ces agents biologiques ne peut être envisagée en France, du fait des risques induits par leur introduction qui n'ont pas encore été étudiés par les organismes de recherche habilités. L'impact de l'introduction de ces nouvelles espèces exotiques sur le territoire métropolitain (notamment vis à vis de la biodiversité locale) n'est à ce jour pas caractérisé.

Méthodes inefficaces ou inappropriées

L'arrachage mécanique reste peu efficace, car l’espèce se multiplie facilement par bouturage.

Gestion des déchets

De grands volumes de matière végétale en décomposition laissés sur les berges des rivières sont inacceptables (risque de dissémination). Les produits d'arrachage doivent être évacués directement vers un site de valorisation (unité de compostage ou méthanisation) ou stockés temporairement en dehors de toute zone humide ou susceptible d'être inondée (sous réserve dans ce cas de l'obtention d'une dérogation au transport de l'espèce [lorsque l'arrêté ministériel sera publié au Journal Officiel courant 2022]) en vue d'être ensuite valorisés.

Dans ce cas, tous les fragments doivent être récupérés, et les déchets peuvent être mis à séchés loin de l'eau, puis compostés (pour être utilisés utilisés comme engrais vert).

Précautions

Utiliser des filets tendus entre les deux rives pour éviter le dispersion de la plante.

Commentaires

Espèce végétale exotique envahissante sur le territoire métropolitain : Règlement d’exécution (UE) 2022/1203 de la Commission du 12 juillet 2022 modifiant le règlement d’exécution (UE) 2016/1141 pour mettre à jour la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union [en attente de la parution de l'arrêté ministériel transcrivant le Règlement européen sur le territoire métropolitain (courant 2022)].


Sources bibliographiques

ARPE & CBNMed, 2009. Plantes Envahissantes - Guide d'identification des principales espèces aquatiques et de berges en Provence et Languedoc. Agence régionale pour l'environnement PACA & Conservatoire botanique national méditerranéen. 112 p.

Brundu G., Stinca A., Angius L., Bonanomi G., Celesti-Grapow L., D’Auria G., Griffo R., Migliozzi A., Motti R. & Spigno P., 2012. Pistia stratiotes L. and Eichhornia crassipes (Mart.) Solms.: emerging invasive alien hydrophytes in Campania and Sardinia (Italy). Bulletin OEPP/EPPO, 42: 568–579.

CABI, 2019. Pistia stratiotes (water lettuce) [en ligne]. Invasive Species Compendium. Disponible sur : https://www.cabi.org/isc/datasheet/41496 (page consultée 06/05/2021)

Drissi El Bouzaidi R, 2021. Pistia stratiotes [en ligne]. Disponible sur : http://www.onssa.gov.ma/images/Sante-vegetale/Protection_vegetale/fiche-technique-pistia-stratiotes.pdf (page consultée le 06/05/2021).

Evans J.M., 2013. Pistia stratiotes L. in the Florida Peninsula: Biogeographic Evidence and Conservation Implications of Native Tenure for an ‘Invasive’ Aquatic Plant. Conservation and Society, 11: 233-246.

FAO, 2016. Lutte intégrée contre la jacinthe d'eau et autres plantes aquatiques nuisibles [en ligne]. Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Disponible sur : http://www.bio-nica.info/biblioteca/FAO1998Eichhornia.pdf (page consultée le 21/03/2016).

Fried G., 2016. Prolifération de Pistia stratiotes dans le contre canal du Rhône. Fiche d’alerte 2016-019. Anses, 2 pp. Disponible sur : http://www.especes-exotiques-envahissantes.fr/wp-content/uploads/2016/10/LSV-Alerte-2016-019_Pistia-stratiotes_France.pdf

Fried G., 2012. Guide des plantes invasives. Belin, Paris. 272 p.

Gobierno de España, 2013. Pistia stratiotes [en ligne]. Catálogo español de especies exóticas invasoras. Disponible sur : https://www.miteco.gob.es/es/biodiversidad/temas/conservacion-de-especies/pistia_stratiotes_2013_tcm30-69854.pdf (page consultée le 06/05/2021).

GT IBMA, 2016. Pistia stratiotes [en ligne]. Base d’information sur les invasions biologiques en milieux aquatiques. Groupe de travail national Invasions biologiques en milieux aquatiques. UICN France et Onema. Disponible sur : http://especes-exotiques-envahissantes.fr/espece/pistia-stratiotes/

Khan M.A., Marwat K.B., Gul B., Wahid F., Khan H. & Hashim S., 2014. Pistia stratiotes L. (Araceae): phytochemistry, use in medicines, phytoremediation, biogas and management options. Pakistan Journal of Botany, 46: 851-860.

Vélard C., 1998. La Laitue d’eau : Pistia stratiotes L. Synthèse bibliographique. CEMAGREF, 85 p.

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Citation recommandée : CBNMed, 2021. Pistia stratiotes [en ligne]. INVMED-Flore, plateforme sur les invasions biologiques végétales. Conservatoire botanique national méditerranéen et Conservatoire botanique national de Corse. Disponible sur : http://www.invmed.fr

Auteurs CBNMed : MLB, MH, KD, CC, CS
Révision : 2021



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