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Asclepias syriaca L., 1753


Nom(s) vernaculaire(s)Herbe à la ouate, Herbe aux perruches, Asclépiade de Syrie
FamilleApocynaceae
OrigineAmérique du Nord
Date d’introductionXVIIIe

Statuts

Régions administratives
PACAOccitanieCorse
AlerteAlerte

Zones biogéographiques continentales
Sud-OuestPyrénéesMéd. Occ.Méd. PACAMassif CentralAlpine
AlertePréventionAlerteAlerteAlertePrévention


Description

  • Port : herbacée vivace à souche traçante s'établissant en colonie.
  • Feuilles : opposées ou verticillées, largement ovales à bord entier et glauque, elles possèdent de nombreuses nervures secondaires parallèles. La face inférieure est velue et blanchâtre.

  • Tiges : nombreuses, dressés et robustes.

  • Fleurs : roses sales et odorantes, corolle à 5 lobes, réunies en fausses ombelles axillaires très fournies. Floraison de juin à juillet.

  • Fruits : 7 à 10 cm de long sur 2 à 3 cm de large, épineux, pubescents et blanchâtres. Les gousses mûrissent et se fendent en début d'automne et les graines plates et ovales, d'environ 8 mm, sont dispersées par le vent. Ces dernières peuvent rester viables pendant des années dans le sol.

  • Taille : de 80 à 150 cm.



Cartes

Répartition par mailles INPN de 10*10 km
Fréquence par départements

Altitudes
Biologie et écologie
MilieuxMilieux agricoles ; Milieux anthropiques
Type de reproduction / propagation

La multiplication végétative est assurée par des rhizomes traçants. Les activités humaines participent à la dispersion des rhizomes et des graines (mouvement de terre, transport routier, etc.).

Type(s) biologiqueGéophyte Nanophanérophyte Nanophanérophyte

Phénologie
Floraison (mois)JFMAMJJASOND


Impacts et aspects positifs
Impacts écologiques

Local : En région PACA : il n'y a aucun impact recensé de l'herbe à la ouate sur la richesse spécifique végétale indigène dans les milieux envahis, mais des retours d'expérience ont déjà montré un effet négatif sur le couvert des espèces de prairies (Kelemen, 2016).


D'après la bibliographie : Asclepias syriaca ne constituerait pas une menace pour les communautés de nématodes du sol mais aurait un impact négatif sur les plantes indigènes (Jurova, 2020). En effet, cette espèce affecte négativement le couvert végétal des plantes de prairies. Elle forme des colonies importantes, sans qu'elles soient non plus très denses (grâce à ses rejets souterrains). Certains insectes pollinisateurs de petites tailles peuvent être piégés dans les fleurs, dont les pattes restent accrochées une fois les sacs de pollens retirés.


Impacts sanitaires

Local : En région PACA : aucun cas d'incident n'est actuellement connu en région.


D'après la bibliographie : Son latex peut provoquer des allergies cutanées. En effet, Asclepias syriaca contient plusieurs substances toxiques, les faisant considérer comme potentiellement dangereuses. Le latex contenu dans les feuilles et les fruits est allergisant et provoque par contact des éruptions cutanées (Botineau, 2011 in Vuillemenot, 2022).


Impacts sur les activités humaines

D'après la bibliographie : Une baisse de rendement des productions de sorgho due à la présence de l'herbe à la ouate a localement été relevée en Amérique du Nord. Aussi son latex est toxique pour le bétail (bovins, ovins, volaille) : des fourrages contaminés par cette plante ont entraîné la mort de bovins.


Aspects positifs

D'après la bibliographie : Aux États-Unis, l'espèce est utilisée pour ses vertus médicinales et ses fibres servent traditionnellement à la fabrication de ficelle. Dans son aire d'indigénat, elle représente une source nectarifère pour certains papillons (dont le papillon monarque), abeilles et autres insectes adaptés à la morphologie de l'espèce.



Gestion

Carte des actions réalisées

Méthodes de contrôle ou d’éradication
Prévention

Éviter de planter. L'herbe à la ouate est désormais inscrite sur le Règlement européen n°1143/2014 relatif à la prévention et à la gestion de l'introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes, repris par arrêtés ministériels du 14 février 2018 puis du 10 mars 2020 portant mise à jour de la liste des espèces animales et végétales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain. Il est ainsi interdit d'introduire cette espèce dans le milieu naturel, de l'utiliser, de la transporter, de la détenir, de l'échanger ou de la commercialiser.

Ne pas disperser de la terre contenant des fragments de rhizomes.

Méthodes de contrôle ou d’éradication manuelles

Pas d'informations recensées ni de retours d'expériences efficaces connus sur ce type de méthode.

Méthodes de contrôle ou d’éradication mécaniques

Une tonte occasionnelle favorise la propagation de l'espèce qui se répand par rejets, mais l'action répétée permet d'épuiser les réserves en glucides stockées dans son système racinaire et donc d'affaiblir son potentiel de reproduction végétative.

Méthodes de contrôle ou d’éradication chimiques

Plusieurs herbicides racinaires et foliaires ont été testés et se sont avérés efficaces à court terme pour limiter la propagation de l'herbe à la ouate. Attention! l’utilisation d’herbicides est interdite à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage et inappropriée en sites naturels. Les méthodes de lutte chimique ont des impacts négatifs sur l’environnement et la santé humaine : il est indispensable de privilégier des méthodes alternatives. De plus, il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation de produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/

Méthodes de contrôle ou d’éradication biologiques ou écologiques

Dans les milieux agricoles où l'espèce s'est établie, des pratiques culturales adaptées peuvent limiter son développement (rotation des cultures, utilisation d'un couvert de graminées fourragères, irrigation).

Méthodes inefficaces ou inappropriées

Une fauche irrégulière provoque le bourgeonnement du système racinaire et l'écrêtage peut conduire à la formation de populations denses.

De même, un travail du sol irrégulier favorisera le developpement de l'espèce à partir des fragments du rhizome.

Gestion des déchets

Tous les rémanents doivent être évacués avec précaution. Les parties aériennes (hors fructification) peuvent être compostées. Les parties souterraines (rhizomes) doivent être incinérées.

Précautions

Les engins et outils doivent faire l'objet d'un nettoyage après les travaux de contrôle ou d'éradication afin de ne pas disséminer de propagules.

Commentaires

Espèce végétale exotique envahissante sur le territoire métropolitain : arrêté du 14 février 2018 et arrêté du 10 mars 2020 portant mise à jour de la liste des espèces animales et végétales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain.


Sources bibliographiques

CABI, 2019. Asclepias syriaca (common milkweed) [en ligne]. Invasive Species Compendium. Disponible sur :  https://www.cabi.org/isc/datasheet/7249 (page consultée le 05/12/2019)

FOEN, 2006. Invasive alien species in Switzerland, Factsheets. An inventory of alien species and their threat to biodiversity and economy in Switzerland. Office for the Environnement. Confédération suisse. 204 p.

Fried G., 2012. Guide des plantes invasives. Belin, Paris. 272 p.

Jurovà J., Renco M., Gömöryovà E. et al., 2020. Effects of the invasive common milkweed (Asclepias syriaca) on nematode communities in natural grasslands. Nematology, 22(4) : 423-438.

Kelemen A., Valko O., Kröel-Dulay G. et al., 2016. The invasion of common milkweed (Asclepias syriaca) in sandy old‐fields–is it a threat to the native flora? Applied Vegetation Science, 19(2) : 218-224.

Lapin K., 2017. Information on measures and related costs in relation to species included on the Union list: Asclepias syriaca. Technical note prepared by IUCN for the European Commission.

OFB & UICN France, 2017. Asclepias syriaca. Base d’information sur les espèces exotiques envahissantes. Centre de ressources Espèces exotiques envahissantes. UICN France et Office français de la biodiversité. Disponible sur : http://especes-exotiques-envahissantes.fr/espece/asclepias-syriaca/ (page consultée le 19/01/2017).

Tison J., Jauzein P., Michaud H., 2014. Flore de la France méditerranéenne continentale. Conservatoire botanique national méditerranéen. Naturalia publications (ed.), 2078 p.

Val'hor, 2020. Code de conduite plantes envahissantes [en ligne]. Disponible sur : https://www.codeplantesenvahissantes.fr/plantes-concernees/ (page consultée le 28/04/2020)

Vuillemenot M., 2022. État des lieux des espèces végétales exotiques envahissantes ou potentiellement envahissantes problématiques pour la santé humaine en Franche-Comté (hors ambroisies) [en ligne]. Conservatoire botanique national de Franche-Comté – Observatoire régional de invertébrés, 27 p. + annexes. Disponible sur : http://cbnfc-ori.org/sites/cbnfc-ori.org/files/documentaton/files/471_rapport_eee_enjeu_sanitaire_2022_web_0.pdf (page consultée le 13/09/2022).

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Citation recommandée : CBNMed, 2021.
Asclepias syriaca [en ligne]. INVMED-Flore, plateforme sur les invasions biologiques végétales. Conservatoire botanique national méditerranéen et Conservatoire botanique national de Corse. Disponible sur : http://www.invmed.fr

Auteurs CBNMed : MR, AC, PB, MH, KD, CC, CS
Révision : 2021



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