Espèces végétales exotiques envahissantes

Impatiens glandulifera Royle, 1833
Nom(s) vernaculaire(s)Balsamine de l'Himalaya, Balsamine géante, Balsamine rouge
FamilleBalsaminaceae
OrigineAsie
Date d’introduction1842
Statut PACAAlerte
Statut LREmergente
Statut domaine méditerranéenAlerte
Statut domaine alpinEmergente

Molina James - 08/07/2004 (Cliquer pour zoomer)
Carte de répartition (par maille de 10*10km)

Description

  • Port : annuelle dréssée.

  • Feuilles : glabres et simples, elles sont de forme oblongue, ovale à elliptique.  Elles sont nettement dentées et disposées de façon opposée.

  • Tige : rougeâtre, multi-ramifiée, dréssée et creuse. Elle est glabre avec de larges noeuds enflés.

  • Fleurs : zygomorphes, regroupées en inflorescences en forme de grappe lâche contenant de 2 à 14 fleurs odorantes. Elles sont de couleur rose à rouge ou pourpre, et se terminent vers le bas par un éperon droit et court. Floraison de juin à octobre.

  • Fruits : capsules longues de 1,5 à 3 cm à déhiscence élastique. Elles contiennent 4 à 16 graines. Fructification d'août à novembre.

  • Taille : de 0,5 à 2 m de hauteur.

  • Confusion possible : avec Impatiens balfourii qui se distingue par sa taille plus petite, des feuilles alternes et des fleurs à éperon plus long et droit.



Biologie et écologie
Milieux : berges et ripisylves ; milieux agricoles ; milieux anthropiques.

Reproduction sexuée et végétative.
Dissémination des graines par : autochorie ; hydrochorie.
Multiplication végétative par : bouturage.

La balsamine de l’Himalaya a une croissance très rapide et se reproduit essentiellement par graines. Elle est auto-fertile et son nectar attire de nombreux insectes, notamment les abeilles et les bourdons. A maturité, les capsules produites explosent au moindre contact (goutte d’eau) et éjectent les nombreuses graines (800 graines par plant) jusqu’à 6 m du plant mère. Ces graines peuvent ensuite être transportées par l’eau ou par les activités humaines. Elles ont une durée de vie de 18 mois et ont besoin de froid pour germer. Elle peut également se reproduire par bouturage des tiges ou des racines.



Impacts et aspects positifs

D'après la bibliographie : La balsamine de l'Himalaya forme des populations denses le long des cours d'eau. Elle peut entraîner une augmentation de l'érosion des berges en hiver lorsqu'elle disparaît. De plus, elle peut entraîner une baisse de la biodiversité floristique, en particulier des petites espèces héliophiles, avec lesquelles elle entre en compétition. Avec ses fleurs riches en nectar elle attire de nombreux insectes pollinisateurs au détriment des espèces indigènes, affectant ainsi leur reproduction.


En région PACA : La balsamine de l’Himalaya menace l'Impatiens noli-tangere, une balsamine indigène listée "en danger (EN)" sur la liste rouge de PACA, et Stachys palustris, une épiaire protégée en PACA.


En région LR : La balsamine de l’Himalaya menace l'Impatiens noli-tangere, une balsamine indigène listée "quasi-menacée (NT)" sur la liste rouge de Languedoc-Roussillon, et Stachys palustris, une épiaire listée "vulnérable (VU) sur la liste rouge de Languedoc-Roussillon.


D'après la bibliographie : La balsamine de l'Himalaya est utilisée comme plante mellifère, et dans des élixirs floraux (fleurs de Bac).



Gestion

Carte des actions réalisées sur 'Impatiens glandulifera Royle, 1833'
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Il faut éviter de planter la balsamine de l’Himalaya et de la rejeter dans des décharges.

Lors de travaux de végétalisation, il faut veiller à utiliser de la terre exempte de graines.

Sa germination semble limitée lorsqu’un couvert végétal dense est en place. Un sursemis d’espèces couvrantes peut empêcher son installation. Mais dès qu’elle réussit à s’établir, l’ombre qu’elle produit perturbe le développement des autres espèces.

L'arrachage manuel est préconisé lorsque les populations sont de taille réduite ou que beaucoup d’espèces indigènes sont présentes en mélange. De manière générale, et dans la mesure du possible, l’arrachage sera préféré à la fauche car il donne de meilleurs résultats. Lors de l’arrachage, il est important d’arracher la plante en entier. Cette opération n’est pas forcément facile car les tiges sont souvent enracinées en plusieurs points et cassent facilement. Toutefois, tous les fragments doivent absolument être prélevés. Des vérifications mensuelles doivent être réalisées en vue de supprimer tout nouvel individu apparaissant sur le site. Le site doit ensuite être suivi pendant plusieurs années consécutives en vue d’épuiser le stock de semences présent dans le sol (environ 3 ans). Cette opération doit commerncer avant la floraison (au début du printemps).


La fauche doit être préférée à l’arrachage lorsque la plante s’étend sur de grandes surfaces et que peu, voire aucune espèce indigène, n'est présente. La fauche peut être réalisée avec une débroussailleuse à fil de section étoilée. Lors de la fauche, il est impératif de couper les tiges en dessous du premier nœud. En effet, la plante peut facilement générer de nouvelles racines et de nouvelles tiges au départ de chaque nœud. L’opérateur évitera également de sectionner les tiges à plusieurs reprises en réalisant des passages aller-retour avec le fil.

L’efficacité accroit en augmentant le nombre de fauches (2 à 3 passages dans la saison en fonction de l'évolution des rejets). La première fauche doit être effectuée en mai-juin, puis une seconde en juillet-août (avant la floraison). Un suivi de 2 ans est nécessaire pour épuiser la banque de semences. Pour une efficacité totale, il est indispensable de prendre en compte l’arrivée de graines transportées par les cours d’eau.

 


Les traitements à base de 2,4-D semblent effiaces contre la balsamine de l'Himalaya. Cependant, en France, l'utilisation d'herbicides est interdite dans les milieux humides ou aquatiques depuis 2009. Cette méthode n'est donc pas applicable.


Le pâturage (ovins ou bovins) régulier peut se substituer efficacement à la fauche.

La plantation d’espèces indigènes à fort pouvoir couvrant (aulnes, saules...) permet de concurrencer la balsamine après qu'elle ait été arrachée ou fauchée, ou en fin de saison, lorsqu'elle meurt et laisse le sol nu.

 


L’utilisation d’herbicides est interdite en milieux aquatiques et à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage à cause des effets induits sur les écosystèmes aquatiques et sur la santé humaine. Depuis 2009 il n'existe plus aucun produit phytosanitaire homologué pour les milieux aquatiques.

Ne pas utiliser d'épareuse ou de débroussailleuse. Ne pas arracher qu'une partie de la plante. Ne pas composter.


Les balsamines coupées ou arrachées doivent être stockées en un amas en milieu ouvert, sur le site même, pour assurer un séchage rapide. Les racines doivent être bien dénudées de toute terre, car celle-ci conserve un taux d’humidité suffisant au maintien de la plante parfois jusqu’à la maturation des graines. Les résidus doivent être brûlés dès que possible. Si l’incinération n’a pu se faire, les résidus stockés doivent être vérifiés régulièrement en vue d’arracher toute nouvelle tige susceptible de fructifier.

Le compostage est à éviter.



Sources bibliographiques

DGE-BIODIV, 2013. F4-6 Impatiente glandulifère (Impatiens glandulifera) - Recommandations de lutte. Centre de conservation de la faune et de la nature, Canton de Vaud. 6 p.

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Fédération Nationale des Travaux Publics, MNHN, GRDF et ENGIE Lab CRIGEN. 2016. Guide d’identification et de gestion des Espèces Végétales Exotiques Envahissantes sur les chantiers de Travaux Publics. Stratégie nationale pour la biodiversité. 44 p.

Fried, G. 2012. Guide des plantes invasives. Belin, Paris. 272 p.

Haury, J., Hudin, S., Matrat, R., Anras, L. et al., 2010. Manuel de gestion des plantes exotiques envahissant les milieux aquatiques et les berges du bassin Loire-Bretagne. Fédération des conservatoires d'espaces naturels, 136 p.

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Lamand, F. (coord.). 2015. Espèces exotiques envahissantes des milieux aquatiques et associés en France métropolitaine. Recueil de fiches d'identification. ONEMA. 168 p.

Muller, S. (coord). 2004 Plantes invasives en France: état des connaissances et propositions d'actions. Collections Patrimoines Naturels (Vol. 62), Publications Scientifiques du Muséum national d'histoire naturelle, Paris. 168 p.

Pieret, N. & Delbart, E. 2010. Fiches descriptives des principales espèces de plantes invasives en zones humides - La balsamine géante - Impatiens glandulifera Royle. Laboratoire d’Ecologie FUSAGx, Cellule d’appui à la gestion des plantes invasives, Gembloux, Belgique. 5 p.

UICN France, 2015. Les espèces exotiques envahissantes sur les sites d’entreprises. Livret 2 : Identifier et gérer les principales espèces, Paris, France, 96 pages.

Zambettakis C. Impatience de l’Himalaya. Conservatoire botanique national de Brest. 4 p. [En ligne] http://www.cbnbrest.fr/site/pdf/Impatience_Himalaya.pdf (Page consultée le 21 septembre 2016).



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Dernière modification le 07/09/2017