Espèces végétales exotiques envahissantes

Myriophyllum aquaticum (Vell.) Verdc., 1973
Nom(s) vernaculaire(s)Myriophylle aquatique, Myriophylle du Brésil, Millefeuille aquatique
FamilleHaloragaceae
OrigineAmérique du sud
Date d’introduction1880
Statut PACAEmergente
Statut LREmergente
Statut domaine méditerranéenEmergente
Statut domaine alpinPrévention

Virevaire Myriam - 02/08/2011 (Cliquer pour zoomer)
Carte de répartition (par maille de 10*10km)

Description

  • Port : plante aquatique pérenne comportant des parties émergées. Son feuillage vert bleuté est très découpé. L’espèce est dioïque et seuls les pieds femelles sont présents en Europe.

  • Feuilles : verticillées par 4 à 6, découpées en de très nombreuses lanières filiformes leur donnant un aspect de plume.

  • Tige : tiges rougeâtres, de plusieurs millimètres de diamètre.

  • Racines : nombreuses racines au niveau des nœuds.

  • Fleurs : blanches, très discrètes (1 mm de diamètre) à l’aisselle des feuilles, portées par de longs et fins pédoncules blancs. Floraison de mai à septembre.

  • Taille : 10 à 50 cm de haut hors de l’eau, 3 à 4 m de long dans l’eau.

  • Confusions possibles : avec les autres myriophylles (Myriophyllum alternifolium, M. spicatum et M. verticillatum), qui sont totalement immergés. En période d'étiage, les espèces immergées peuvent se retrouver émergées. Dans ce cas, le diamètre important de la tige et l'envergure totale de la tige feuillée dépassant souvent 2 à 3 cm aident à la détermination. Les cornifles (Ceratophyllum demersum et C. submersum) sont également des plantes totalement immergées. Leurs feuilles ne sont pas découpées, mais régulièrement bifurquées.



Biologie et écologie
Milieux : eaux courantes ou stagnantes.

Reproduction végétative.
Multiplication végétative par : bouturage.

Le myriophylle du Brésil peut coloniser des fonds jusqu'à 3 mètres et ses racines peuvent s'enfoncer jusqu'à 50 cm dans le substrat. Sa production de biomasse importante lui permet de coloniser rapidement un plan d'eau. Les boutures peuvent survivre plusieurs jours dans l'eau avant de se fixer et de former un nouvel individu.



Impacts et aspects positifs

D'après la bibliographie : Les populations denses de myriophylle du Brésil monopolisent l'espace et les ressources en lumière en surface. Elles entrent ainsi en concurrence avec les espèces indigènes et peuvent diminuer la diversité spécifique locale. Elles menacent la faune aquatique en causant une asphyxie du milieu aquatique due aux tapis denses qui limitent la diffusion de l'oxygène de l'air. La plante accélère l'eutrophisation et l'envasement du milieu car elle dépérit en partie l'hiver.


D'après la bibliographie : Les populations denses peuvent réduire la valeur récréative des plans d'eau, empêcher la navigation, la pêche et la chasse. Le myriophylle du Brésil gêne l'écoulement de l'eau et peut entraîner des risques d'inondation.



Gestion

Carte des actions réalisées sur 'Myriophyllum aquaticum (Vell.) Verdc., 1973'
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Sensibiliser les acteurs de l'environnement et le public (reconnaissance de l'espèce et moyens de lutte efficaces).

 

Pour de petites surfaces ponctuellement infectées, l'arrachage manuel reste la méthode la plus fine et la moins traumatisante pour le milieu. Elle donne de bons résultats et le risque de propagation de bouture est moindre. L'entretien manuel régulier ne nécessite pas un personnel important.


L'arrachage mécanique se fait à l’aide de grues munies de pinces hydrauliques, depuis la berge, ou sur un engin flottant selon le contexte. Cette technique est utile dans le cas de volumes importants d'herbiers. Elle est efficace si elle est suivie d’opérations légères d’arrachage manuel. Elle reste cependant coûteuse (23 à 30 €/m3 de plantes arrachées) mais permet de maîtriser l’expansion de l’espèce sur un site une fois les principaux herbiers éliminés. Le coût des opérations de gestion concernant un arrachage mécanique pour les étangs et lacs dans les Landes a été estimé pour 3ha (885m3) à 23 097 €/TTC (Dutartre, 2001 ; Vermeil, 2005).

Le dragage est une technique efficace. Elle nécessite également un entretien manuel régulier mais léger (Dutartre 2001).


Lutte biologique : en Afrique du Sud, un coléoptère du genre Lysathia aété introduit dans un site fortement colonisé. Un suivi sur 3 ans a montré la régression du recouvrement du milieu par l'espèce de 50 à 20 %. Il semble cependant qu’un autre agent de lutte soit nécessaire sur le long terme (Cilliers, 1999). La lutte biologique ne peut être envisagée en France, du fait que les risques d'une introduction de cet agent biologique vis à vis des espèces indigènes n'ont pas été étudiés.


Sur les cours d’eau la restauration des ripisylves et la limitation des zones de ralentissements artificiels sont des modalités de régulation indirectes à ne pas négliger.


L’utilisation d’herbicides est interdite en milieux aquatiques et à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage à cause des effets induits sur les écosystèmes aquatiques et sur la santé humaine. Depuis 2009 il n'existe plus aucun produit phytosanitaire homologué pour les milieux aquatiques.

Le faucardage mécanique accentue la propagation du myriophylle du Brésil en produisant de très nombreux fragments. Son efficacité est de plus limitée, elle ne permet de faire disparaître que transitoirement la partie visible des herbiers.

Des expériences d'introduction de la carpe chinoise ont été peu concluantes. Ce poisson consomme préférentiellement les autres végétaux aquatiques.


Les déchets peuvent être mis à sécher hors zone inondables. Ils peuvent également être incinérés.


Éviter toute contamination en aval lors des travaux d'arrachage sur un site contaminé en posant des filets pour empêcher la dissémination de fragments.

Veiller à ne laisser aucun morceaux de myriophylle sur le terrain en zone aquatique (ramasser les éventuelles boutures avec une épuisette) ou humide lors du déplacement des produits d'arrachage et limiter les transports. Bien nettoyer le matériel après les travaux.


Les traitements chimiques sont inappropriés dans des sites naturels protégés ou près des cours d'eau. Il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation des produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/



Sources bibliographiques

ELB / Parc Naturel Régional de Brière. 2013. Gestion des plantes aquatiques exotiques envahissantes dans le Parc naturel régional de Brière : Etat des lieux et opérations de contrôle, Agence de l'eau Loire Bretagne.

Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse, juin 2016. Savoirs et savoir-faire sur les populations exotiques envahissantes végétales et animales et préconisations pour la mise en oeuvre des SDAGE, Volume 4 : fiches pratiques pour la mise en oeuvre des plans d'actions contre la dispersion des espèces exotiques envahissantes. Agence de l'Eau RMC, Bassins Rhône Méditerannée et de Corse, 130 p.

ARPE & CBNMed, 2009. Plantes Envahissantes - Guide d'identification des principales espèces aquatiques et de berges en Provence et Languedoc. Agence régionale pour l'environnement PACA. 112 p.

Catarino, L.F., Ferreira, M.T., Moreira, I.S. 1997. Preferences of Grass Carp for Macrophytes in Iberian Drainage Channels. Journal of Aquatic Plant Management, 36: 79-83.

Cilliers, C.J. 1999. Lysathia n.sp. (Coleoptera: Chrysomelidae), a hostspecific beetle for the control of the aquatic weed Myriophyllum aquaticum (Haloragaceae) in South Africa. Hydrobiologia, 415: 271-276.

Delbart E. & Monty A. 2012. Plantes invasives aquatiques en Wallonie : Comment les gérer ? - Cas des plantes amphibies - Université de Liège - Gembloux Agro-Bio Tech - Unité Biodiversité et Paysage. 28 p.

Dutartre, A. 2001. Myriophyllum aquaticum (vell.) Verd Le myriophylle du Brésil. In: Les invasions biologiques causées par les plantes exotiques sur le territoire français métropolitain. Etat des connaissances et propositions d'actions, pp. 99-101. Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement, Direction de la Nature et des Paysages. In : Saint-Maxent T. 2002. Les espèces animales et végétales susceptibles de proliférer dans les milieux aquatiques et subaquatiques Fiches espèces végétales. Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées, Gestion des Ressources Naturelles Renouvelables, ARE.

Fried, G. 2012. Guide des plantes invasives. Belin, Paris. 272 p.

Haury, J., Hudin, S., Matrat, R., Anras, L. et al., 2010. Manuel de gestion des plantes exotiques envahissant les milieux aquatiques et les berges du bassin Loire-Bretagne. Fédération des conservatoires d'espaces naturels, 136 p.

Levy, V. (coord.), Watterlot, W., Buchet, J., Toussaint, B. & Hauguel J.-C., 2015. Plantes exotiques envahissantes du Nord-Ouest de la France : 30 fiches de reconnaissance et d’aide à la gestion. Centre régional de phytosociologie agréé Conservatoire botanique national de Bailleul, Bailleul. 140 p.

Sarat, E., Mazaubert, E., Dutartre, A., Poulet, N. & Soubeyran, Y. 2015. Les espèces exotiques envahissantes dans les milieux aquatiques : connaissances pratiques et expériences de gestion. Volume 2 - Expériences de gestion. Onema, Collection Comprendre pour agir, 240 p.

Vermeil, M., 2004. Elaboration d'un outil d'évaluation de l'impact des végétaux exotiques envahissants sur les communautés et espèces végétales autochtones. DESS Biodiversité et Ingénierie des zons humides. Université d'Angers. 42 p. + annexes.



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Dernière modification le 25/09/2017