Espèces végétales exotiques envahissantes

Opuntia ficus-indica (L.) Mill., 1768
Nom(s) vernaculaire(s)Figuier de Barbarie, Figuier d'Inde
FamilleCactaceae
OrigineAmérique du Nord
Date d’introductionmi-XVIe (1548)
Statut PACAModérée
Statut domaine alpinAlerte
Statut domaine méditerranéenModérée

Molina James - 30/10/2004 (Cliquer pour zoomer)
Carte de répartition (par mailles INPN de 10*10km)

Description

  • Port : plante buissonnante vivace, succulente, à port dressé.

  • Feuilles : les feuilles apparaissent sur les jeunes raquettes, elles sont réduites et éphémères.
  • Tige : tiges succulentes articulées, parfois inermes, parfois possédant 1-2 (jusqu'à 6) aiguillons blancs par aréoles (bourgeons axillaires). Les articles sont aplatis en raquettes obovales épaisses, vert à vert glauque, de 20 à 60 cm de long sur 10 à 40 cm de large. Plante développant un "tronc" avec l'âge.

  • Fleurs : jaune franc de 6-7 cm de diamètre. Floraison de mai à juillet.

  • Fruits : baies comestibles, pyriforme de 7 à 9 cm de long, longtemps jaunâtre à rouge brique pâle, puis d'un rouge soutenu, couvertes de courtes épines. Les baies contiennent de 60 à 180 graines de 5 mm engluées dans un mucilage. Fructification de juillet à décembre.

  • Taille : de 1,5 à 3 m de haut.

  • Confusions possibles : avec les autres Opuntia, dont la détermination est difficile, en particulier avec Opuntia robusta, qui a des articles ronds et bleutés à reflets un peu argentés, plus grands et épais que ceux de Opuntia ficus-indica. Plante moins haute que O. ficus-indica (0,5 à 1,5 m).



Biologie et écologie
Milieux : côtes rocheuses et falaises ; milieux anthropiques.

Les Oponces se multiplient très facilement par bouturage à partir de raquettes tombées à terre. Une bouture est capable de produire des graines dès sa troisième année. La dissémination des graines s'effectue par endozoochorie.



Impacts et aspects positifs

D'après la bibliographie : Les oponces entre en compétition avec la flore indigène des habitats littoraux qui hébergent de nombreuses espèces rares.


D'après la bibliographie : Les formations denses des oponces gênent l'accès, les déplacements des personnes et du bétail.


D'après la bibliographie : Les oponces sont utilisées pour former des haies défensives et cultivées pour leur fruits. Les fruits et les raquettes se consomment.


En région PACA : Dans la Réserve Naturelle Nationale de la Plaine des Maures, les oponces servent de zones refuges et de ressources alimentaires pour les tortues Hermann (Agents de la RNN des Maures).



Gestion

Carte des actions réalisées sur 'Opuntia ficus-indica (L.) Mill., 1768'
1 retour(s) sur invmed.

Éviter de le planter.

Les oponces peuvent être arrachés manuellement sur les zones peu accessibles ou lorsque les plants sont jeunes. Les semis et les plants provenant de boutures ne doivent cependant être enlevés que si l'on est sûr de retirer toutes les parties de la plante et de les évacuer. Les opérateurs doivent être équipés de matériel spécifique.


L'arrachage mécanique peut se faire au tractopelle ou à la pelle araignée (sur les zones accessibles) ou par traction à l'aide d'un câble et d'un treuil.

Le traitement par gyrobroyage, suivi ou non d'un décapage et d'un dessouchage (qui augmente l'efficacité du traitement) est également possible.


L'injection de glyphosate dans les tiges avant maturation des fruits peut être envisagée. Cependant, les herbicides ne se révèlent efficaces sur les Oponces que quand ils sont utilisés en grande quantité, d'autres méthodes doivent donc être privilégiées.

L'injection phytocide à la seringue a été testé à La Réunion. Cette méthode par injection est efficace mais laborieuse à mettre en œuvre. Il faut traiter chaque « raquette » individuellement, en faisant attention aux épines. Il est a priori nécessaire de répéter l’injection aux moins deux fois.


A Hawaï et en Afrique du Sud, trois insectes ont été utilisés avec succès pour la lutte biologique : le papillon Cactoblastis cactorum (Pyralidae), la cochenille Dactylopius opuntiae (Dactylopiidae) et le charançon Metamasius spinolae (Curculionidae). Il est à noter que Cactoblastis cactorum, introduit en Floride, s’est attaqué à des espèces autochtones.


Ne pas entreprendre une action sans suivi régulier.

Ne pas utiliser de méthode de lutte stimulant la multiplication végétative (broyage, fauchage, coupe à ras...).

Les traitements réalisés par arrachage à l'aide d'un tracteur équipé d'un godet (minipelle) ne sont pas pertinents du fait d'une perturbation trop importante du milieu et du prélèvement trop important de terre rendant difficile la gestion des rémanents.

Les traitements à l'aide d'un engin muni d'une pince (grue auxiliaire mobile munie d'une pince et montée sur un camion Poids Lourds de 19 T) ne sont pas adaptés aux individus de petite taille ou trop enchevêtrés.


L'enfouissement en profondeur ou la combustion sont les méthodes de gestion des rémanents les plus sûres.


Porter des gants spéciaux car les épines sont très douloureuses et des vêtements longs lors des opérations d’arrachage.

Prévoir obligatoirement l'extraction des rémanents de la zone de lutte pour éviter tout bouturage.

Si l'arrachage s'effectue à la pelle araignée, bien inspecter ensuite qu’il ne reste aucune partie végétative au sol. Le cas échéant, les ramasser pour éviter que l’espèce recolonise par bouturage.


L'opération doit s'achever par un nettoyage rigoureux des engins et des outils utilisés qui pourraient véhiculer des fragments de plantes vers d'autres sites.

Afin de limiter toute dispersion des graines, la période définie pour mener les actions devra être choisie en dehors de la période de fructification de l'espèce.


Les traitements chimiques sont inappropriés dans des sites naturels protégés ou près des cours d'eau. Il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation des produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/



Sources bibliographiques

AME, CBNMed, 2003. Plantes Envahissantes de la Région Méditerraneenne. Agence méditerranéenne de l'environnement. Agence régionale pour l'environnement PACA. 48 p.

Corsan, M. 2009. Ne plus confondre : Opuntia et Opuntia… Société Mycologique et Botanique de Catalogne Nord, 4pp.

Fried, G. 2012. Guide des plantes invasives. Belin, Paris. 272 p.  

Invasoras, 2014. "Prickly pear - Opuntia ficus-indica". In Invasoras, Invasives Plants in Portugal. [En ligne] http://invasoras.pt/en/gallery/opuntia-ficus-indica-en/ (Page consultée le 29/07/2015).

Office National des Forêts. 2016. Ile de La Réunion. Méthodes de lutte contre les plantes envahissantes-Fiches techniques. Groupe Espèces Invasives de La Réunion, DEAL Réunion, ONF. 63 p.

Réserve Naturelle Nationale du Mas Larrieu, 2011. La gestion des espèces exotiques de la Réserve Naturelle Nationale du Mas Larrieu : le cas du figuier de barbarie. Atelier d’échange d’expériences Espèces Exotiques Envahissantes, Sète, 17 & 18 février 2011.

Silva, V., Figueiredo, E., Smith, G. F. 2015. Alien succulents naturalised and cultivated on the central west coast of Portugal. Bradleya 33: 58-81.

Stiling, P. 2002. Potential non-target effects of a biological control agent, prickly pear moth, Cactoblastis cactorum (Berg) (Lepidoptera: Pyralidae), in North America, and possible management actions. Biological invasions, 4(3): 273-281.

Syndicat Mixte Rivage, 2011. "Essais d'éradication des Opuntia dans les sites Natura 2000 du complexe lagunaire de Salses-Leucate". In Pôle relais lagunes méditerranéennes. [En ligne] http://www.pole-lagunes.org/ftp/VoyageLR2011_LifeTour/Life_LAGNature_lutte_figuier_barbarie_Leucate_JRobert.pdf (Page consultée le 29/07/2015).

Tison, J., Jauzein, P. & Michaud, H. 2014. Flore de la France méditerranéenne continentale. Conservatoire Botanique National Méditerranéen. Naturalia publications (ed.). 2078 p.

Weber, E. 2003. Invasive plant species of the world – a reference guided to environmental weeds. CABI Publishing. Wallingford, UK, 548 p.

Zimmermann, H. G., & Moran, V. C. 1991. Biological control of prickly pear, Opuntia ficus-indica (Cactaceae), in South Africa. Agriculture, ecosystems & environment, 37(1): 29-35.



Photos

Dernière modification le 14/05/2020