Espèces végétales exotiques envahissantes

Cenchrus setaceus (Forssk.) Morrone, 2010
Nom(s) vernaculaire(s)
FamillePoaceae
OrigineAfrique
Date d’introductionNon connue
Statut PACAAlerte
Statut LREmergente
Statut domaine méditerranéenAlerte
Statut domaine alpinPrévention
Carte de répartition (par maille de 10*10km)

Description

  • Port : herbe vivace en touffe, en forme de fontaine.

  • Feuilles : limbes rigides, scabres, glabres, 20-65 cm de long et 2-3,5 mm de large, ligules ciliées, marges à poils blancs.

  • Tige : tiges érigées, peu ou pas ramifiées. Racines fibreuses pouvant d'enfoncer jusqu'à 30 cm dans le sol.

  • Fleurs : inflorescences rose-violacé, en grappe spiciforme : chaque noeud porte un ensemble constitué d'un involucre orné de nombreuses soies plumeuses (12-26 mm de long), avec une ou quelques unes plus longue(s) que les autres (16-40 mm). Cet involucre contient 1-3 épillets longs et fins, qui contiennent chacun 2 fleurons (l'inférieur souvent stérile). Floraison possible du printemps à la fin de l'automne.

  • Fruits : akènes secs à nombreuses soies courtes et élancées ; graines brun-jaunâtre et lisses.

  • Taille : de 0,5 à 1,5 m.

  • Confusion : avec les autres espèces du genre Cenchrus (incluant Pennisetum), toutes exotiques (C. clandestinus, C. echinatus, C. longisetus, C. longispinus, C. spinifex). Il se distingue des autres Cenchrus par sa taille relativement grande et ses fruits à longues soies plumeuses, inégales. Les espèces de ce genre sont néanmoins très souvent confondues.



Biologie et écologie
Milieux : prairies, pelouses sèches et garrigues ; forêts ; milieux anthropiques.

Reproduction sexuée et végétative.
Dissémination des graines par : autochorie ; anémochorie ; hydrochorie ; anthropochorie ; hémérochorie.

L'herbe fontaine se reproduit presque uniquement par graines, mais peut parfois former des plantules pseudo-vivipares lorsque les inflorescences sont inondées par l'eau. La majorité des graines de l'herbe fontaine sont produites par apomixie, mais la production de graines par pollinisation (pollinisation croisée anémogame ou autopollinisation) est également possible. Les graines sont dispersées par le vent, l'eau et les activités humaines (s'accrochent aux véhicules, vêtements, bétail). Les individus peuvent produire des graines dès la première année et vivre jusqu'à 20 ans. La banque de graines du sol peut persister pendant 6-7 ans.



Impacts et aspects positifs

D'après la bibliographie : L'herbe fontaine réduit l'eau disponible pour les autres espèces, peut altérer le cycle des nutriments, et surtout peut modifier les régimes des feux. Elle accumule de la biomasse morte combustible, provoquant une augmentation de l'intensité et de l'étendue des feux. L'herbe fontaine est elle-même adaptée au feu, qui peut contribuer à sa propagation. Elle recolonise rapidement les zones brûlées, évinçant ainsi la végétation indigène, et pouvant former des stations monospéficiques. Ces changements dans le régimes des feux sont également néfastes pour la faune indigène. De plus, l'herbe fontaine a une grande plasticité phénotypique qui lui permet d'envahir des milieux très différents (en altitude, température, précipitations). A Hawaï, elle évince l'herbe à mouton Heteropogon contortus, une espèce indigène de ces îles mais également de France où elle est protégée. En effet, l'herbe fontaine produit plus de biomasse, produit 9 fois plus de graines, a un taux de germination 3 fois plus important, et repousse plus rapidement après une sécheresse, un incendie ou une fauche, que l'herbe à mouton. L'herbe fontaine peut également envahir le sous-bois des forêts tropicales sèches d'Hawaï, un habitat très menacé, où elle affecte négativement les arbres indigènes par compétition pour la ressource en eau.


D'après la bibliographie : L'herbe fontaine n'est pas consommée par le bétail (bovins, ovins) car elle a des feuilles coriaces.


D'après la bibliographie : L'herbe fontaine est consommée par les chèvres et les dromadaires, et peut être utilisée pour stabiliser les sols.



Gestion

Carte des actions réalisées sur 'Cenchrus setaceus (Forssk.) Morrone, 2010'
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Cette espèce est inscrite sur la liste complémentaire des espèces adoptée le du 12 juillet 2017 du réglement européen relatif à la prévention et à la gestion de l'introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes.

Les espèces de cette liste ne doivent pas être introduites intentionnellement ou par négligence dans l’Union, reproduites, cultivées, transportées, achetées, vendues, utilisées, échangées, détenues et libérées.

Il faut surveiller l'herbe fontaine pour l'empêcher de coloniser de nouvelles zones.

Ne jamais relacher cette espèce dans la nature et une gestion adaptée des déchets verts est nécessaire.

 

 

L'arrachage manuel (ou à l'aide d'une pelle ou d'une pioche) est possible uniquement pour les petites stations ou les jeunes plantes. Il est difficile de déraciner les plantes qui ont un diamètre de plus de 15 cm. Cette opération doit être renouvelée plusieurs fois par an, et pendant plusieurs années, jusqu'à épuisement de la banque de graines du sol (6-7 ans).


Des herbicides (fluazifop, quizalofop, sethoxydium, fenoxaprop, hexazinone glyophosate, flupropanate, metolachlor, napropamide, oryzalin...) ont été utilisés pour lutter contre l'herbe fontaine, mais ils ne permettent pas de l'éliminer complètement. Les méthodes de lutte chimique peuvent être couplées aux méthodes de lutte physique pour plus d'efficacité. Par ailleurs, ces herbicides non sélectifs sont très toxiques pour l'environnement et la santé humaine. Leur utilisation est d'ailleurs interdite près des cours d'eau et des zones humides depuis 2009, en France.


Lorsque l'herbe fontaine a été éliminée, il faut ressemer la zone gérée avec des espèces indigènes.

Les petites infestations peuvent être contrôlées par le pâturage.


L’utilisation d’herbicides est interdite en milieux aquatiques et à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage à cause des effets induits sur les écosystèmes aquatiques et sur la santé humaine. Depuis 2009 il n'existe plus aucun produit phytosanitaire homologué pour les milieux aquatiques.


Les inflorescences ne doivent pas être laissées sur place pour éviter la dispersion des graines.

Les déchets peuvent être incinérés.


Les équipements doivent être nettoyés afin d'éviter de propager des graines.

Les interventions se feront préférentiellement en dehors de la période de fructification.


L'herbe fontaine est considérée comme une espèce exotique envahissante nocive en Afrique du Sud, aux Etats-Unis, en Nouvelle-Zélande et en Australie. Elle est interdite dans certains Etats d'Australie, ainsi qu'en Europe : elle a été ajoutée en 2017 au règlement UE 1143/2014 sous son synonyme Pennisetum setaceum.

Les stations bien établies d'herbe fontaine sont très difficiles à éléminer.



Sources bibliographiques

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Dernière modification le 01/02/2019