Espèces végétales exotiques envahissantes

Acacia dealbata Link, 1822
Nom(s) vernaculaire(s)Mimosa argenté, Mimosa des fleuristes, Mimosa de Bormes
FamilleFabaceae
OrigineAustralie
Date d’introduction1841
Statut PACAMajeure
Statut LRMajeure
Statut domaine méditerranéenMajeure
Statut domaine alpinAbsente

Noble Virgile - 28/02/2007 (Cliquer pour zoomer)
Carte de répartition (par maille de 10*10km)

Description

  • Port : arboré, à feuillage persistant

  • Feuilles : alternes, d'un gris-vert argenté, doublement composées. 8-20 paires de folioles de 2-3 cm de long, elles-mêmes constituées de 30-50 paires de foliolules de 4-7 mm. Présence d'une glande à la jonction de chaque paire de pennes.

  • Tiges : les jeunes rameaux sont pubescents. Le tronc est lisse, à écorce gris-vert.

  • Fleurs : regroupées en têtes sphériques de 5 à 6 mm de diamètre ou glomérules, elles-mêmes regroupées en grappes plus longues que les feuilles. Fleurs jaune citron, parfumées. Floraison de janvier à mars.

  • Fruits : gousses aplaties de 4 à 10 cm de long et de 10 à 12 mm de large, marron.

  • Taille : 5 à 15 m.

  • Confusions possibles : très semblable à Acacia baileyana qui a des feuilles pruineuses, plus glauques et ont moins de 7 paires de segments primaires, et des folioles ciliées ou glabres (feuilles pubescentes chez Acacia dealbata). Ses fleurs sont plus foncées, moins vives et forment des grappes plus petites.
    Sinon se distingue facilement des autres Acacia qui ont des feuilles entières (appelées phyllodes).



Biologie et écologie
Milieux : berges et ripisylves ; forêts ; dunes côtières et plages de sable ; milieux anthropiques.

Reproduction sexuée et végétative.
Dissémination des graines par : barochorie ; zoochorie.
Multiplication végétative par : drageonnement (rejets de souche).

Les fleurs sont pollinisées par les insectes. Un arbre est capable de produire des graines dès l’âge de 4 ou 5 ans. Acacia dealbata produit beaucoup de graines dont la majorité s'accumule sous l'arbre mère. Elles peuvent être disséminées par les animaux, principalement les oiseaux et les fourmis, ou transportées sur de grandes distances par l’eau, les activités humaines ou des vents forts. Les téguments extérieurs de ces semences ont besoin d’être usés ou rompus (scarifiés) pour germer. Les incendies favorisent leur germination. Les graines ont une durée de vie de 50 ans. Cet arbre a une croissance rapide mais une durée de vie relativement courte (quelques décennies). L’extension des peuplements est essentiellement assurée par le drageonnement et les rejets de souche. Ces deux types de reproduction végétative sont accentués lorsque l'arbre se trouve en état de stress (lésion des racines, taille, coupe,…). (AME, 2003).



Impacts et aspects positifs

D'après la bibliographie : C'est une espèce fixatrice d'azote pouvant modifier fortement les milieux envahis (Fried, 2012).


En région PACA : Le mimosa d'hiver émet des substances toxiques limitant la germination et la croissance racinaire de la végétation alentour (effets allélopathiques). Il entre en compétition avec la végétation indigène, particulièrement sur les sols siliceux (suberaies, maquis, garrigues, littoral méditerranéen, oueds thermo-méditerranéens à Laurier rose, ripisylves). Dans le massif de l'Esterl (Alpes-Maritimes et Var), la présence de cette espèce dans les vallons peut concurrencer des espèces remarquables (ex : Serapias spp. et Osmunda regalis).


D'après la bibliographie : Des allergies à son pollen sont fréquemment signalées (DAISIE, 2006).


D'après la bibliographie : La présence du mimosa d'hiver diminue la production forestière (DAISIE, 2006).


En région PACA : Le mimosa d'hiver pose des problèmes de sécurité humaine par augmentation du risque d'incendie (espèce très inflammable). Lorsqu'il s'installe le long des cours d'eaux, le risque d'érosion des berges et de formation d'embâcles lors de crues est important (AME & CBNMed, 2003).


En région PACA : C'est une espèce très largement cultivée et plantée en région pour ses qualités esthétiques et olfactives. Elle est utilisée en parfumerie (à Grasse au XIXème siècle). Emblématique des communes de Bormes-les-Mimosas et de Mandelieu-la Napoule, elle participe à l'économie et la culture locale (tourisme, manifestations).



Gestion

Carte des actions réalisées sur 'Acacia dealbata Link, 1822'
3 retour(s) sur invmed.

Éviter de le planter.

Il est possible de limiter la propagation en préservant ou en implantant un halo de végétation locale dense. Ce couvert végétal est le meilleur rempart contre l'implantation du mimosa.

Les semis et les plants provenant de drageons ne peuvent être arrachés que si l'on est sûr de retirer toutes les racines (par exemple à réaliser en temps de pluie si le sol est compact) et de les évacuer. Des petits outils de jardinage peuvent être utilisés pour faciliter l'arrachage. Cette méthode doit être réalisée avec un soin extrême pour éviter de casser les drageons ou les racines (un plant de 1 m peut avoir des racines drageonnantes de deux à trois fois sa hauteur), ce qui provoque un rejet plus vigoureux. Elle est simple à réaliser mais nécessite beaucoup de main d’œuvre (Cabasse, 2015).

L'arrachage manuel des semis est complémentaire aux autres méthodes.


Ces méthodes nécessitent une veille permanente et assidue sur la zone travaillée pour pister l'apparition de semis et les arracher. Pour les méthodes n'empêchant pas la fructification (écorçage et tire-sève), un passage sur la zone 1 fois tous les deux mois est nécessaire. Ces travaux peuvent être suivis de plantations d'espèces indigènes qui pourront à terme faire de l'ombre aux semis ou rejets de mimosas (Cabasse, 2015).

L'écorçage peut être utilisé pour éliminer les pieds mère (adulte semencier), à la fin de l'hiver ou au début du printemps (Cabasse, 2015) :

  • retirer par bandes toute l'écorce sur l'ensemble du tronc depuis l'incision vers le bas jusqu'au maximum des racines ;
  • éliminer régulièrement les éventuels rejets ou semis (arrachage ou débroussaillement) ;
  • attendre environ 1 an (voire plus) jusqu'à ce que l'arbre sèche et meure. Une fois l'arbre mort, le couper ;
  • dessoucher et enlever toutes les racines et évacuer les rémanents.

La technique du tire-sève a pour but d'appauvrir la souche du mimosa qui va perdre sa capacité de rejet. Elle s'applique sur les jeunes rejets (Cabasse, 2015) :

  • abattre le pied mère ayant généré les drageons ;
  • sélectionner sur l'ensemble des rejets issus d'une même racine un drageon qui sera conservé. Eliminer par coupe les autres drageons de la racine ;
  • éliminer par taille annuellement les autres rejets de la souche ;
  • une fois le drageon sélectionné adulte et les autres drageons éliminés, le couper.

Le bâchage a pour objectif ici d'empêcher la photosynthèse et donc la pousse des rejets ou semis. Il est simple, efficace et peu coûteux. Cette méthode s'utilise sur de petites surfaces (environ 50 m²). Elle peut également être utilisée sur une souche isolée (bâcher uniquement la souche). Elle a cependant un impact négatif sur la faune du sol et la flore locale (retour de la végétation au bout de 10 ans) (Cabasse, 2015) :

  • débroussailler de manière exhaustive et couper les plus gros sujets. Poser de la bâche épaisse et opaque (type bâche utilisée en agriculture) et la fixer solidement, puis la recouvrir cette bâche de terre ;
  • laisser en place la bâche environ 5 ans jusqu'à décomposition des souches et du système racinaire ;
  • retirer et évacuer a bâche en fin d'opération pour éviter de polluer le milieu.

La fauche (ou le débroussaillement) permet d'épuiser les réserves du mimosa par une coupe systématique des rejets. 3 ou 4 passages par an sont nécessaires pour épuiser les réserves. C'est une méthode longue, qui nécessite des fauches régulières pendant plusieurs années. Il est nécessaire de prévoir un passage sur la zone 4 fois par an (2 au printemps et 2 à l'automne) pour pister l'apparition de semis et les arracher de manière systématique (Cabasse, 2015).


Après la coupe, la souche rejette très vigoureusement. Il semble que, dans ce cas, la lutte chimique soit efficace (Bossu, 2010). Son utilisation n'est cependant pas sans risque pour le milieu naturel et les méthodes alternatives doivent être privilégiées :

  • surveiller régulièrement toutes les parcelles suivies (quatre passages par an : deux au printemps, deux à l'automne) pour éliminer les semis et les jeunes plantes ;

  • pour les pieds mère : coupe à l'automne avec traitement chimique immédiat de la souche au glyphosate, et traitement chimique du feuillage des reprises au glyphosate (de mi-avril à fin juin et de mi-septembre à fin octobre) en utilisant le dosage suivant : 190 ml de glyphosate pour 15 l d’eau ;

  • pour les jeunes pieds, traiter le feuillage au glyphosate en avril-mai ou septembre-octobre ;

  • pour les semis et les brosses de semis : traiter au glyphosate pour ne pas prendre le risque de casser la plante au-dessus du collet, en évitant tout contact avec les autres végétaux.


Le pâturage asin peut permettre d'affaiblir le mimosa. Il est pratiqué en hiver, avec une charge de 50 ânes pour 25 ha. Les animaux consomment toutes les pousses de mimosa jusqu'à la période de floraison tant qu'ils n'ont pas autres choses à "se mettre sous la dent". Le mimosa en fleurs n'est plus consommé. Cette méthode est à coupler avec la technique du tire-sève pour aboutir à une pelouse arborée. Elle est respectueuse de l'environnement, mais reste compliquée à mettre en place (Cabasse, 2015).

Le reboisement des terrains traités, en complément ou après des travaux d'élimination du mimosa, en utilisant des espèces indigènes (utiliser des variétés locales) permet de faire de l'ombre aux semis et rejets de mimosa. Cette méthode doit être accompagnée d'un suivi des semis (quatre passages par an : deux au printemps, deux à l'automne) (Cabasse, 2015).


Ne pas entreprendre une action sans suivi régulier.

Ne pas permettre aux nouveaux plants de grainer sur les foyers connus, sinon on repart à zéro avec un risque d’envahissement irréversible.

Ne pas utiliser de la terre végétale et des matériaux « inertes » issus de lieux de stockage infestés pour éviter la dissémination des graines que ces matériaux contiennent en abondance.

Le glyphosate est un désherbant systémique. Le traitement au désherbant de contact ne sert à rien, il détruit la partie aérienne, mais pas les drageons.

L’utilisation d’herbicides est interdite en milieux aquatiques et à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage à cause des effets induits sur les écosystèmes aquatiques et sur la santé humaine. Depuis 2009 il n'existe plus aucun produit phytosanitaire homologué pour les milieux aquatiques.

Créer des ouvertures dans le couvert végétal local à proximité des zones infestées favorise la colonisation par le mimosa du fait de cette arrivée de lumière.

Remuer la terre une zone infestée favorise le retour du mimosa.


Tous les rémanents doivent être évacués avec précaution.


Les engins et outils doivent faire l'objet d'un nettoyage, avant de traiter la zone pour ne pas importer de nouvelles graines d'espèces exotiques, et après les travaux pour ne pas les introduire vers d'autres lieux lors de futurs travaux.

Il faut exercer une pression permanente et assidue sur le mimosa de manière à  limiter son retour. Si une combinaison de techniques est trouvée, il faudra poursuivre les travaux d'entretien sur une dizaine d'année, puis effectuer une veille permanente sans relâche.

Il est important de coupler les méthodes et de les adapter au stade qu'a atteint le mimosa et aux caractéristiques de la station.


Acacia dealbata est une espèce soumise à règlementation agricole : arrêté du 13 juillet 2010 relatif aux règles de bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE).

Les traitements chimiques sont inappropriés dans des sites naturels protégés ou près des cours d'eau. Il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation des produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/



Sources bibliographiques

AME & CBNMed. 2003. Plantes Envahissantes de la Région Méditerranéenne. Agence méditerranéenne de l'environnement. Agence régionale pour l'environnement PACA. 48 p.

Bossu E. 2010. Quinze ans d’expérience dans la lutte contre les plantes exotiques envahissantes forestières de l’île de Porquerolles (Provence, France). Sci. Rep. Port-Cros natl. Park, 24: 199-204.

Cabasse C. 2015. Réflexion en vue de préconisation de travaux afin de limiter la colonisation par le mimosa (Acacia dealbata) sur le hameau du Dattier (Cavalaire, Var). Office National des Forêts. 27 p.

DAISIE European Invasive Alien Species Gateway, 2006. Acacia dealbata. [En ligne] http://www.europe-aliens.org/speciesFactsheet.do?speciesId=12749# (Page consultée le 19/05/2016).

Fried G. 2012. Guide des plantes invasives. Belin, Paris. 272 p.



Photos

Dernière modification le 31/01/2019