Espèces végétales exotiques envahissantes

Buddleja davidii Franch., 1887
Nom(s) vernaculaire(s)Buddleia, Buddleja du père David, Arbre à papillon, Arbre aux papillons
FamilleScrophulariaceae
OrigineAsie
Date d’introductionfin-XIXe (1895)
Statut PACAMajeure
Statut domaine alpinMajeure
Statut domaine méditerranéenModérée

Borel Nicolas - (Cliquer pour zoomer)
Carte de répartition (par mailles INPN de 10*10km)

Description

  • Port : arbuste à port évasé et feuillage caduc à semi-persistant dont les fleurs (même fanées) restent longtemps sur l’arbre.

  • Feuille : feuilles simples opposées, légèrement dentées, lancéolées, souples, de 10 à 30 cm de long. Leur face supérieure est verte foncée alors que la face inférieure est blanche, tomenteuse.

  • Tige : rameaux étalés ou retombants, assez souples.

  • Fleur : inflorescences pyramidales de 20 à 50 cm de long à l’extrémité des rameaux. Fleurs roses violettes ou blanches en forme de long tube droit. Floraison de juin à septembre.

  • Fruit : capsules brunes de 5 à 9 mm de long. Fructification de septembre à décembre.

  • Taille : de 2 à 3 m de diamètre environ sur 2 à 5 m de haut.



Biologie et écologie
Milieux : berges et ripisylves ; milieux anthropiques.

Le buddleja est pollinisé par les insectes, notamment par les papillons. La reproduction sexuée est la première méthode de propagation du buddleja. Chaque arbre peut produire jusqu'à trois millions de graines. Les graines peuvent être dispersées sur de longues distances par l'homme et dans un moindre mesure par le vent. Elles peuvent aussi être disséminées par l'eau. Les graines entrent en dormance et peuvent rester dans le sol de nombreuses années. Chaque arbuste peut fleurir et fructifier dès la première année. La reproduction végétative est assurée par bouturage de fragments de tiges et de racines (le long des cours d'eaux ou lors des transport de terres) mais aussi par des rejets de souche si l'espèce est coupée (FCBN, 2009). Il peut atteindre une taille de 2 m un an après avoir été coupé à la base.



Impacts et aspects positifs

D'après la bibliographie : Buddleja davidii peut former des peuplements denses pouvant concurrencer la végétation autochtone dans les sites ouverts, les zones alluviales, les gravières, les friches et les milieux anthropisés. Arbuste à durée de vie courte (moins de 40 ans), il peut être dominant dans les premières phases de succession végétale de plaines inondables et modifier la composition physico-chimique du sol (en modifiant les proportions d'azote et de phosphore) (Bellingham et al., 2005). Cette espèce peut modifier le fonctionnement des écosystèmes en milieux aquatique lentique, riverain stable et riverain perturbé, en provoquant une discontinuité des ressources (s'il n'y a aucun apport de litière exogène) dans le cas des sites bien envahis (Bottollier-Curtet, 2010).


En région PACA : Le buddleja a un impact fort dans les zones alluviales et les ripisylves, où il entre en compétition avec des saulaies arbustives (Salicion incanae) sur le Buëch (05).


D'après la bibliographie : Les plants de buddleja sont superficiellement enracinés le long des cours d'eaux et peuvent être facilement emportés lors des crues formant des encombres et provoquant l'érosion des berges (AME & CBNMed, 2003).


D'après la bibliographie : Cultivée et plantée pour ses qualités ornementales (robustesse, floraison attrayante qui attire les papillons), l'espèce est souvent plantée dans les jardins et les aménagements paysagers des infrastructures routières. Elle est utilisée dans la restauration des haies champêtres.


En région PACA : C'est une espèce cultivée et plantée en région pour ses qualités esthétiques et paysagères (Filippi & Aronson 2010).


En région LR : C'est une espèce cultivée et plantée en région pour ses qualités esthétiques et paysagères (Filippi & Aronson 2010).



Gestion

Carte des actions réalisées sur 'Buddleja davidii Franch., 1887'
1 retour(s) sur invmed.

Éviter de planter le buddleja.

Une technique préventive consiste en la coupe systématique des inflorescences juste après la floraison pour empêcher la formation des graines et donc sa progression.

L'arrachage manuel des jeunes plants (jusqu'à 2 ans ou 1,5 m de hauteur) peut se faire dans les premiers stades de l'invasion ou sur de petites populations isolées. Cette méthode permet de contrôler partiellement la présence de l’espèce. Il faut veiller à enlever la totalité du système racinaire. L'intervention s'effectue avant la fructification.


Le dessouchage et le tronçonnage ne sont des moyens de lutte applicables que sur de faibles peuplements au stade initial d’envahissement. Les interventions se font avant la fructification, de juin à septembre généralement. Des précautions doivent être prises pour éliminer les débris de l’arbuste parce que la tige et les fragments de racines se régénèrent facilement. Par ailleurs, les perturbations du milieu occasionnées par le dessouchage/tronçonnage des jeunes pousses ou des arbustes de buddleja favorisent leur reprise.

Après arrachage, des fauches répétées des jeunes plants et des rejets doivent avoir lieu 2 fois par an, dès le début de la floraison.


Des pulvérisations sur les feuilles du buddleja à base de glyphosate sans tensioactifs ont été efficaces sur des petits arbustes dans l’Oregon. Par contre, elles semblent moins efficaces sur les grands arbustes présentant des feuilles à forte pubescence. Les traitements chimiques par triclopyr ou imazapyr ne semblent pas être efficaces sur l’arbuste, et semblent avoir des conséquences négatives sur les plantes et les invertébrés indigènes qui auraient été en contact avec les produits pulvérisés.

Le badigeonnage à l’herbicide des  souches coupées, dans les 5 à 15 minutes après la coupe, donne de meilleurs résultats qu’une pulvérisation sur les feuilles. Il est recommandé d'ajouter au mélange herbicide une teinture afin de reconnaître les souches déjà traitées (Tallent-Halsell & Watt, 2009).


Après arrachage, la plantation d’espèces indigènes est préconisée afin de limiter la repousse des arbustes.

En 2006, en Nouvelle-Zélande le coléoptère Cleopus japonicus (Curculionidae) a été introduit comme agent de lutte biologique. Des essais préliminaires en laboratoire ont montré que le coléoptère avait un effet négatif important sur la croissance du buddleja (Brockerhoff et al., 1999). Bien qu'il soit trop tôt pour juger de l'efficacité sur le terrain de cet agent, les premières évaluations ont indiqué que le coléoptère avait défolié environ 60% du feuillage sur des plants dans la zone immédiate du rejet (Tallent-Halsell & Watt, 2009).

Création variétale : des cultivars stériles du buddleja sont en cours d'élaboration (Tallent-Halsell & Watt, 2009). Bien que les cultivars crées soient stériles, ils présentent toujours un risque d’envahissement par multiplication végétative.


Le cerclage n'est pas une technique de lutte adaptée à cet arbuste très ramifié dès la base.

L’utilisation d’herbicides est interdite en milieux aquatiques et à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage à cause des effets induits sur les écosystèmes aquatiques et sur la santé humaine. Depuis 2009 il n'existe plus aucun produit phytosanitaire homologué pour les milieux aquatiques.


L’élimination des plantes arrachées ou coupées doit  impérativement se faire par incinération et non par compostage.


Ne laisser aucun débris sur place susceptible de donner une nouvelle plante.

Planter des espèces indigènes adaptées et couvrantes après chaque intervention.


Manche (2007) propose une estimation du coût de l’arrachage manuel au stade semis du Buddleia (30 à 45 €/h, à raison de 80/100 semis par heure), de la plantation d’espèces suite à l’arrachage des pieds de l’arbuste (15 à 20 €/m²) ainsi que de la suppression des inflorescences (20 à 45 €/h à raison de 100 pieds/heures).

Espèce soumise à règlementation agricole: Arrêté du 13 juillet 2010 relatif aux règles de bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE).

Les traitements chimiques sont inappropriés dans des sites naturels protégés ou près des cours d'eau. Il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation des produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/



Sources bibliographiques

AME & CBNMed, 2003. Plantes Envahissantes de la Région Méditerranéenne. Agence méditerranéenne de l'environnement. Agence régionale pour l'environnement PACA. 48 p.

Bellingham, P.J., Peltzer, D.A. & Walker, L.R. 2005. Contrasting impacts of a native and an invasive exotic shrub on flood-plain succession. Journal of Vegetation Science, 16: 135–142.

Bottollier-Curtet, M. 2010. Conséquences des invasions végétales sur le fonctionnement des écosystèmes riverains fluviaux. Thèse, Universite Paul Sabatier, Toulouse III.

Brockerhoff, E.G., Withers, T.M., Kay, M. & Faulds, W. 1999. Cleopus japonicus (Coleoptera: Curculionidae) on Buddleja davidii in the laboratory. pp. 113-118. In M. O’Calaghan (eds), Proceedings of the Fifty Second New Zealand Plant Protection Conference, Auckland Airport Centre, 1012 August 1999, Auckland, New Zealand.

DGE_BIODIV, 2013. F4-4 - Buddléia de David - Recommendations de lutte. Canton de Vaud, Suisse, 7 p.

FCBN, 2010. Buddleja davidii Franchet. Fédération des Conservatoires Botanique Nationaux. 5 p.

Fédération Nationale des Travaux Publics, MNHN, GRDF et ENGIE Lab CRIGEN. 2016. Guide d’identification et de gestion des Espèces Végétales Exotiques Envahissantes sur les chantiers de Travaux Publics. Stratégie nationale pour la biodiversité. 44 p.

Filippi, O., Aronson, J. 2010. Plantes invasives en région méditerranéenne : quelles restrictions d'utilisation préconiser pour les jardins et les espaces verts ? Ecologia Mediterranea 36 (2): 31-54.

Fried, G. 2012. Guide des plantes invasives. Belin, Paris. 272 p

Levy, V. (coord.), Watterlot, W., Buchet, J., Toussaint, B. & Hauguel J.-C., 2015. Plantes exotiques envahissantes du Nord-Ouest de la France : 30 fiches de reconnaissance et d’aide à la gestion. Centre régional de phytosociologie agréé Conservatoire botanique national de Bailleul, Bailleul. 140 p.

Manche, C. 2007. Les espèces exotiques envahissantes susceptibles de proliférer dans les milieux aquatiques et les zones humides sur le territoire du SAGE Authion - Guide pratique. Rapport de Master 2 professionnel, Tours, François Rabelais. 73 p.

Muller, S. (coord) 2004. Plantes invasives en France : état des connaissances et propositions d'actions. Collections Patrimoines Naturels (Vol. 62), Publications Scientifiques du Muséum national d'histoire naturelle, Paris. 168 p.

Tallent-Halsell, N. & Watt, M. 2009. The Invasive Buddleja davidii (Butterfly Bush). The Botanical Review, 75: 292-325.

UICN France, 2015. Les espèces exotiques envahissantes sur les sites d’entreprises. Livret 2 : Identifier et gérer les principales espèces, Paris, France, 96 pages.



Photos

Dernière modification le 15/12/2020