En France

La stratégie européenne (Genovesi & Shine, 2004) a initié de nombreuses initiatives locales telles que des stratégies et plans d’actions régionaux et des objectifs de prévention et de lutte contre les EEE ont été inscrits dans les stratégies nationales de plusieurs pays européens. Ainsi, lors de la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la biodiversité (2004 – 2010) plusieurs actions ont été initiées sur les espèces exotiques envahissantes telles que :

  • l’élaboration et la mise en œuvre de plans nationaux de lutte contre plusieurs espèces animales exotiques envahissantes (ex : écureuil à ventre rouge),
  • l’élaboration d’un plan national de lutte contre une plante exotique envahissante (herbe de la Pampa) mais qui n’a pas été mis en œuvre,
  • la constitution d’un réseau de surveillance du territoire national,
  • une proposition de liste nationale d’espèces qui devraient être soumises à une réglementation  (suivant l'article L.411-3 du code de l'environnement) mais ce travail n’a pas abouti.

La nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité (2011-2020) a intégré les « objectifs d’Aichi » issus du Plan stratégique de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB, 2010) à travers l’objectif 11 (Cible 9 CDB) qui stipule que  « d'ici 2020, les espèces exotiques envahissantes et les voies d'introduction sont identifiées et classées en ordre de priorité, les espèces prioritaires sont contrôlées ou éradiquées et des mesures sont en place pour gérer les voies de pénétration, afin d'empêcher l'introduction et l'établissement de ces espèces ». Cette stratégie nationale est mise en œuvre à travers la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages.

La Fédération des Conservatoires botaniques nationaux (FCBN), pour le volet « Flore », et le Service du patrimoine naturel (au Muséum national d'histoire naturelle), pour le volet « Faune », ont été désignés par le Ministère en charge de l'environnement (MEEM) comme étant les coordinateurs techniques pour l’élaboration de la stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes ayant un impact négatif sur la biodiversité. A noter que dans le cadre du plan Ecophyto 2018, un partenariat a été fait entre la FCBN et l'association Plante & Cité. Ces deux organismes s'engagent dans une étude sur la gestion préventive des plantes exotiques envahissantes.

INVABIO (Invasions biologiques)

Ce programme de recherche a été lancé en 2003 (2003-2006) pour comprendre le rôle des espèces exotiques envahissantes dans la résistance d'un écosystème côtier face aux perturbations d'origine anthropique (approche d'une gestion globale de l'écosystème).

Les axes de ce programme ont été :

  • d'accroître les connaissances des mécanismes qui sous-tendent les phénomènes invasifs,
  • d'évaluer le rapport coût-bénéfice des invasions, tant d’un point de vue biologique (impact sur la biodiversité, l’équilibre des écosystèmes) que d’un point de vue socio-économique (représentations sociales, perception des mesures de gestion, prise en compte sociétale),
  • de contrôler les processus invasifs par des outils méthodologiques permettant l’observation et le suivi en vue de constituer des outils méthodologiques d'aide à la décision pour les politiques publiques.

Groupe de travail national « Invasions biologiques en milieux aquatiques

Créé en 2009 et coordonné conjointement par l’Onema et le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le groupe de travail Invasions biologiques en milieux aquatiques (GT IBMA) constitue une interface permanente de communication et de discussion sur la gestion des espèces exotiques envahissantes dans les milieux aquatiques. Rassemblant une actuellement une soixantaine de représentants de différentes parties prenantes, son objectif principal du groupe est de « venir en aide » aux gestionnaires et d’apporter un appui aux décideurs. Il synthétise et rend accessible les connaissances acquises sur les modes de gestion des espèces exotiques envahissantes :

  • développement d’outils opérationnels pour améliorer la connaissance et la gestion de ces espèces ;
  • identification d’enjeux scientifiques et proposition de programmes de recherche appliquée ;
  • appui au développement des stratégies et des politiques publiques en matière de gestion des espèces exotiques envahissantes ;
  • échange d’informations, relai et mise en contact d’acteurs ;
  • contributions à la mise en œuvre d’opérations de gestion de certaines espèces.