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Medicago arborea L., 1753


Nom(s) vernaculaire(s)Luzerne en arbre, Luzerne arborescente
FamilleFabaceae
OrigineBassin méditerranéen

Statuts

Régions administratives
PACAOccitanieCorse
MajeureAlerteEmergente

Zones biogéographiques continentales
Sud-OuestPyrénéesMéd. Occ.Méd. PACAMassif CentralAlpine
PréventionAbsenteAlerteMajeureAbsenteAbsente


Description

  • Port : plante arbustive vivace, polycarpique, pubescente.

  • Feuilles : caduques, composées à 3 folioles ovales s'élargissant à l'extrémité. Les folioles sont glabres dessus et soyeuses dessous. Les stipules sont entières.

  • Tige :  ligneuse, dressée et ramifiée, les jeunes rameaux sont souvent velus et soyeux.

  • Fleurs : en grappes de 5 à 20 fleurs. Les corolles jaunes orangées mesurent entre 9 et 13 mm. La fleur hermaphrodite comporte 10 étamines dont 1 libre, et un ovaire à 1 carpelle. Floraison en mai-juin.

  • Fruits : gousses inermes, plates et bivalves formant une spirale d'un demi tour à un tour et demi, de 9 à 16 mm, contenant 2 à 3 graines. Fructification estivale.

  • Taille : de 1 à 4 m de haut.

  • Confusions possibles : avec le genre Cytisus, se distingue par ses 10 étamines soudées et les feuilles supérieures sont composées que d'une seule foliole ; avec Coronilla glauca, se distingue par 2 à 7 paires de folioles et est entièrement glabre.

 



Cartes

Répartition mailles 5 km et fréquence par départements

Altitudes
Biologie et écologie
MilieuxCôtes rocheuses et falaises ; Milieux anthropiques ; Prairies, pelouses sèches et garrigues
Type de reproduction / propagation

Le mode de reproduction de Medicago arborea est sexuée (allogame). La dissémination des graines s'effectue par épizoochorie (dissémination des graines ou des diaspores des végétaux se faisant grâce aux animaux). Le transport du pollen est assuré par les insectes pollinisateurs, surtout les abeilles solitaires. En absence de pollinisateurs, la production de graines est faible.

Type(s) biologiqueNanophanérophyte

Phénologie
Floraison (mois)JFMAMJJASOND


Impacts et aspects positifs
Impacts écologiques

Local : En région PACA : La luzerne arborescente est très largement représentée dans des habitats rocheux et dunaires littoraux ainsi que dans des écosystèmes insulaires (comme par exemple sur l'archipel du Frioul dans le Parc national des Calanques, Bouches-du-Rhône), en zone périurbaine comme sur le littoral. Sa dynamique est particulièrement importante sur les habitats littoraux avec une colonisation massive jusqu'à constituer des peuplements monospécifiques sur des surfaces importantes.


D'après la bibliographie : La luzerne arborescente forme localement des fourrés denses, susceptibles de modifier les propriétés du sol par la fixation d'azote. En effet, par les nodules de ses racines, la plante fixe l’azote atmosphérique et enrichit le sol où elle se développe, modifiant ainsi ses propriétés physico-chimique.

Elle entre en compétition avec les autres espèces végétales indigènes par allélopathie (excrétion ou exsudation de substances inhibitrices qui réduisent ou empêchent leur croissance). La présence de composants allélopathiques dans les feuilles de la luzerne arborescente participe à limiter le développement des espèces indigènes (Bousquet-Mélou et al., 2005).


Impacts sanitaires

D'après la bibliographie : Aucun impact sanitaire n'est recensé actuellement.


Impacts sur les activités humaines

D'après la bibliographie : Aucun impact socio-économique n'est recensé actuellement.


Aspects positifs

Local : En région PACA et Occitanie : C'est une espèce cultivée et plantée en région pour ses qualités esthétiques et paysagères (Filippi & Aronson 2010).


D'après la bibliographie : Cette espèce forme des nodules sur les racines qui fixent l'azote atmosphérique, par symbiose avec certaines bactéries du sol. Une partie de l'azote fixé est utilisée pour la croissance de la plante et l'autre partie reste disponible pour les plantes voisines.



Gestion

Carte des actions réalisées

Méthodes de contrôle ou d’éradication
Prévention

Ne pas planter cette espèce en milieux naturels. Ne pas disséminer ses graines en cueillant les fruits de la luzerne arborescente.

Méthodes de contrôle ou d’éradication manuelles

L'arrachage manuel est efficace sur les jeunes plants. Cette opération doit être effectuée avant l'été pour éviter la dissémination des graines. La racine entière doit être prélevée pour empêcher la reprise des individus.

Méthodes de contrôle ou d’éradication mécaniques

L’arrachage mécanique est préconisé pour les individus adultes de grande taille qu'il faut déssoucher lorsque cela est possible. Une coupe suivie d'un dessouchage est possible si celle-ci n'engendre pas de perturbations majeures sur les sites.

Les opérations de gestion devront être effectuées avant que les graines ne soient produites.

Méthodes de contrôle ou d’éradication chimiques

Il n'y a actuellement aucun retour d'expérience connu sur l'efficacité de l'utilisation de techniques chimiques sur cette espèce. Attention! l’utilisation d’herbicides est interdite à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage et inappropriée en sites naturels. Les méthodes de lutte chimique ont des impacts négatifs sur l’environnement et la santé humaine : il est indispensable de privilégier des méthodes alternatives. De plus, il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation de produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/

Méthodes inefficaces ou inappropriées

La coupe (employée seule) n'est pas une méthode satisfaisante, elle favorise des rejets.

Gestion des déchets

Le broyage des résidus végétaux est possible uniquement si les individus sont dépourvus de fruits.

La mise en compost ou l'incinération est nécessaire si les individus sont pourvus de fruits.

Précautions

Afin de limiter toute dispersion des graines, la période définie pour mener les actions devra être choisie en dehors de la période de fructification de l'espèce.

Commentaires

Espèce résistante au froid, à la sécheresse et aux embruns. Les jeunes poussent peuvent être endommagées par un froid tardif.


Sources bibliographiques

Bousquet-Mélou A., Louis S., Robles C., Greff S., Dupouyet S. & Fernandez C., 2005. Allelopathic potential of Medicago arborea, a Mediterranean invasive shrub. Chemoecology, 15:193–198.

Filippi O., Aronson J., 2010. Plantes invasives en région méditerranéenne : quelles restrictions d'utilisation préconiser pour les jardins et les espaces verts ? Ecologia Mediterranea, 36 (2): 31-54.

Fried G., 2012. Guide des plantes invasives. Belin, Paris. 272 p.

Paula S.,  Pausas J. G., 2008. Burning seeds: germinative response to heat treatments in relation to resprouting ability. Journal of Ecology, 96 : 543-552.

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Citation recommandée : CBNMed, 2021. Medicago arborea [en ligne]. INVMED-Flore, plateforme sur les invasions biologiques végétales. Conservatoire botanique national méditerranéen et Conservatoire botanique national de Corse. Disponible sur : http://www.invmed.fr

Auteurs CBNMed : MR, MH, KD, CC, CS
Révision : 2021



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