
| Nom(s) vernaculaire(s) | Paspale dilaté |
| Famille | Poaceae |
| Origine | Amérique du Sud |
| Date d’introduction | déb-XXe |

| PACA | Occitanie | Corse |
|---|---|---|
| Majeure | Majeure | Majeure |
| Sud-Ouest | Pyrénées | Méd. Occ. | Méd. PACA | Massif Central | Alpine |
|---|---|---|---|---|---|
| Majeure | Majeure | Majeure | Majeure | Emergente | Alerte |
Port : plante herbacée dressée vivace, en touffe.
Feuilles : feuilles longues linéaires, larges de 4-8 cm, glabres, à base engainante, munies d'une ligule membraneuse lancéolée-aigüe.
Tiges : tige ronde et creuse.
Fleurs : l'inflorescence est composée de 3 à 10 épis droits, denses et espacés (4 à 11 cm de long) disposés en grappe spiciforme et présentant à la base une touffe de longs poils. Les épis portent deux rangs d'épillets couverts de poils laineux. Les étamines et les stigmates pourpres/noirs sortent des épillets et sont assez visibles. Floraison de juillet à septembre.
Taille : 40 cm jusqu'à 1 m (-1,8 m).
Confusions possibles : Paspalum dilatatum peut être confondu avec Spartina versicolor et certains Carex ; ainsi qu'avec Paspalum distichum, dont l'inflorescence est composée de 2 (rarement 3) épis disposés en V.
| Milieux | Berges et ripisylves ; Milieux agricoles ; Milieux anthropiques ; Prairies humides |
| Type de reproduction / propagation | Le paspale dilaté se reproduit principalement par graines, de manière sexuée (pollinisation anémogame) ou apomictique, mais aussi par fractionnement de la souche. La fauche favorise l'épiaison. L'eau et les axes de circulation sont des vecteurs de propagation. |
| Type(s) biologique | Hémicryptophyte |
| Floraison (mois) | J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D |
| Impacts écologiques | Local : En région PACA : Dans la plaine des Maures, cette espèce tend à envahir les prairies humides bordant les mares temporaires à isoètes Isoetes spp., menaçant des espèces et des milieux à haute valeur patrimoniale. Elle forme des populations denses sur les gazons, les pelouses, dans les fossés et préfère les sols humides bien que résistante à la sécheresse, à l’inverse du paspale à deux épis. D'après la bibliographie : Le paspale dilaté exclut les peuplements de flore indigène là où il s'établit en peuplement monospécifique. |
| Impacts sanitaires | D'après la bibliographie : L'espèce elle même n'est pas toxique mais peut être porteuse du champignon Claviceps paspali, lui toxique pour la faune herbivore. |
| Impacts sur les activités humaines | Local : En région PACA : Adventice des cultures, elle se trouve aujourd'hui dans les près humides où l'on fauche le foin de Crau et en bordure des rizières en Camargue (Molinier & Tallon, 1950). D'après la bibliographie : Adventice des cultures pérennes et vergers en Australie, des rizières en Asie du sud-ouest, et des plantations de canne à sucre à la réunion (Marita et al., 1999). |
| Aspects positifs | D'après la bibliographie : Le paspale dilaté est une excellente protection contre l'érosion grâce à son réseau de stolons. Il est utilisé comme plante fourragère et pâturée dans plusieurs régions du monde (États-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande). |
| Prévention | Éviter de participer à la dispersion du paspale dilaté : ne pas accepter de recevoir de la terre dont on ignore la provenance. Ne pas laisser les sols à nu à proximité des sites envahis par cette espèce. |
| Méthodes de contrôle ou d’éradication manuelles | L'arrachage manuel n’est envisageable que dans le cas de zones limitées. Il est préférable de le faire lorsque le sol est humide car l'ensemble du système racinaire doit être prélevé pour que l'opération soit efficace. L'arrachage doit être également effectué en dehors de la période de fructification pour éviter toute dispersion des graines. |
| Méthodes de contrôle ou d’éradication mécaniques | La coupe rase des touffes limite la production de graine pour empêcher l'épiaison mais ne permet pas d’éradiquer la plante. Le travail du sol pendant la saison sèche est une méthode de contrôle qui permet de dessécher les structures pérennes de la plante. Dans les zones tempérées, les tubercules et rhizomes ramenés à la surface du sol sont tués par le froid (Ampong-Nyarko & De Datta, 1991). En Camargue, cette technique (assèchement des sols, retournement de la plante, exposition des racines de la plante au soleil) a permis d’éradiquer la plante en deux ans à condition de ne pas mettre d’eau, ce qui présente l’inconvénient de laisser la terre improductive. |
| Méthodes de contrôle ou d’éradication chimiques | Le paspale dilaté est résistant aux herbicides. Toutefois, en Australie, des herbicides (glyphosate, cyalofop-butyl, etc.) sont utilisés pour lutter contre le paspale dilaté, avec plus ou moins de succès. Attention! l’utilisation d’herbicides est interdite à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage et inappropriée en sites naturels. Les méthodes de lutte chimique ont des impacts négatifs sur l’environnement et la santé humaine : il est indispensable de privilégier des méthodes alternatives. De plus, il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation de produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/ |
| Méthodes de contrôle ou d’éradication biologiques ou écologiques | Le pâturage est le meilleur moyen de lutte pour limiter les populations, mais le paspale dilaté subsiste en raison de ses organes de réserves souterrains. Pour un meilleur contrôle de l'espèce, une méthode manuelle ou mécanique doit compléter cette technique. |
| Méthodes inefficaces ou inappropriées | Les travaux culturaux ou d'entretien des berges favorisent la reproduction et la propagation de l'espèce par le fractionnement de la souche. La fauche favorise une épiaison répétée. |
| Gestion des déchets | Tous les rémanents doivent être évacués avec précaution et en évitant la dispersion des graines. Si des graines sont présentes, les plantes arrachées doivent être exportées avec précaution en dehors du site et incinérées pour éviter leur dissémination. Si les rémanents ne contiennent pas de graines (mûres), ceux-ci peuvent être compostés (séparément dans un tas chaud et humide avant d'utiliser ce compost). |
| Précautions | Les graines pouvant être dispersées à travers le déplacement des engins et outils utilisés, leur nettoyage est à effectuer pour ne pas disséminer les graines et éviter le transfert non intentionnel de semences en provenance des zones envahies. Le paspale dilaté produit beaucoup de graines, il faut donc impérativement réaliser les opérations de contrôle avant leur maturation. |
Ampong Nyarko, K. & De Datta, S.K. 1991. A Handbook for Weed Control in Rice. International Rice Research Institute, Makati City, Phillipines. 113 p.
ARPE & CBNMed, 2009. Plantes Envahissantes - Guide d'identification des principales espèces aquatiques et de berges en Provence et Languedoc. Agence régionale pour l'environnement PACA & Conservatoire botanique national méditerranéen. 112 p.
Blanchard F. & Quenneson A., 2012. Paspale dilaté Paspalum dilatatum Poir. [en ligne]. Plan de conservation des berges à angélique des estuaires. Conservatoire botanique national Sud-Atlantique. 3 p. Disponible sur : http://www.angeliquedesestuaires.fr/fichiers/doc/EEE/FE_PasDil_v01_CBNSA.pdf (Page consultée le 12 octobre 2016).
CABI, 2019. Paspalum dilatatum (dallisgrass) [en ligne]. Invasive Species Compendium. Disponible sur : https://www.cabi.org/isc/datasheet/38953 (page consultée le 06/05/2021)
Coste H., 1937. Flore descriptive et illustrée de la France, de la Corse et des contrées limitrophes. Librairie scientifique et technique Albert Blanchard, Paris, France. vol. 3.
Fried G., 2012. Guide des plantes invasives. Belin, Paris, France. 272 p.
Galinato M.I., Moody K. & Piggin C. M., 1999. Upland Rice weeds of South and Southeast Asia. International Rice Research institute, Makati City, Philippines. 156 p.
GT IBMA, 2016. Paspalum dilatatum [en ligne]. Base d’information sur les invasions biologiques en milieux aquatiques. Groupe de travail national Invasions biologiques en milieux aquatiques. UICN France et Onema. Disponible sur : http://especes-exotiques-envahissantes.fr/espece/paspalum-dilatatum/
Manche C., 2007. Les espèces exotiques envahissantes susceptibles de proliférer dans les milieux aquatiques et les zones humides sur le territoire du SAGE Authion. Université François Rabelais, Tours, France. 74 p.
Molinier R. & Tallon G., 1950. La végétation de la Crau. Revue Générale de Botanique, 675: 300-315.
Muller S. (coord)., 2004. Plantes invasives en France: état des connaissances et propositions d'actions. Collections Patrimoines Naturels (Vol. 62), Publications Scientifiques du Muséum national d'histoire naturelle, Paris, France. 168 p.
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Citation recommandée : CBNMed, 2021. Paspalum dilatatum [en ligne]. INVMED-Flore, plateforme sur les invasions biologiques végétales. Conservatoire botanique national méditerranéen et Conservatoire botanique national de Corse. Disponible sur : http://www.invmed.fr
Auteurs CBNMed : EK, MR, MLB, AC, MH, KD, CC, CS
Révision : 2021