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Phytolacca americana L., 1753


Nom(s) vernaculaire(s)Raisin d'Amérique, Phytolaque américaine
FamillePhytolaccaceae
OrigineAmérique du Nord
Date d’introductiondéb-XVIIe (1615)

Statuts

Régions administratives
PACAOccitanieCorse
ModéréeModéréeMajeure

Zones biogéographiques continentales
Sud-OuestPyrénéesMéd. Occ.Méd. PACAMassif CentralAlpine
MajeureMajeureModéréeModéréeEmergenteAlerte


Description

  • Port : grande herbacée vivace, robuste, à souche tubérisée, glabre.

  • Feuilles : alternes à court pétiole. De forme ovales-lancéolées à extrémité aigüe, elles mesurent de 8 à 25 cm.

  • Tige : dressée, épaisse, striée, rougeâtre à ramifications dichotomiques.

  • Fleurs : en grappe de 10 cm, d'abord dressées puis pendante à maturité. Elle est composée de 5 tépales blanches devenant rouges et de 10 étamines. Floraison de juin à octobre.

  • Fruits : baies en grappes penchées, chacune de 1 cm de diamètre, d'abord vertes devenant pourpre-noir à maturité, contenant 10 graines. Fructification dès la première année, d'août à novembre.

  • Taille : de 1 à 3 m de haut.

  • Confusions possibles : avec Phytolacca dioica, naturalisée en Corse et dans le Var, qui est un arbre de 8 à 15 m avec des inflorescences pendantes.



Cartes

Répartition mailles 5 km et fréquence par départements

Altitudes
Biologie et écologie
MilieuxBerges et ripisylves ; Forêts et maquis ; Milieux agricoles ; Milieux anthropiques
Type de reproduction / propagation

La plante se reproduit uniquement de manière sexuée. La dissémination des graines s'effectue par endozoochorie. Elles sont en capacité de germer après plusieurs années dans la banque de graines du sol.

Type(s) biologiqueHémicryptophyte

Phénologie
Floraison (mois)JFMAMJJASOND


Impacts et aspects positifs
Impacts écologiques

D'après la bibliographie : Cette espèce est principalement lié aux milieux perturbés. La formation de populations étendues et relativement denses entraîne localement un appauvrissement de la diversité en espèces, en réduisant leur habitat disponible. C’est au niveau des zones humides et des pelouses sablonneuses pionnières, milieux comprenant un patrimoine floristique souvent très riche, que le Phytolacca americana peut avoir le plus d’impact sur la flore sauvage et les végétations les plus fragiles.


Impacts sanitaires

Local : En région PACA : aucun cas d'incident mortel n'est actuellement connu en région.


D'après la bibliographie : Toutes les parties de la plante (notamment les baies) contiennent une toxine, la saponine, qui en cas d’ingestion peut provoquer de sérieux troubles : maux de tête, étourdissements, troubles gastro-intestinaux, tachycardie, troubles de la vision, vomissements, salivation, soif, etc. Dans le cas d'une consommation de racine, les premiers symptômes sont des brûlures au niveau de la bouche et de la gorge.

Il s'agit d'accidents dus en général à une mauvais connaissance des propriétés médicinales et alimentaires de la plante (Vuillemenot, 2022).


Impacts sur les activités humaines

D'après la bibliographie : Chez l'animal, des cas de mortalité par ingestion sont signalés chez le porc, la vache et le cheval, ainsi que d'autres mammifères et des mollusques.

L'espèce est problématique dans les cultures de maïs, de par sa souche profonde. La colonisation des coupes et des lisières forestières par Phytolacca americana entraîne à terme un retard de colonisation des ligneux et peut occasionner une gêne pour les activités sylvicoles.


Aspects positifs

D'après la bibliographie : Le raisin d'Amérique est une plante horticole commercialisée pour l'ornementation. Les jeunes feuilles sont comestibles cuites. Les fruits sont toxiques pour l'homme, mais sont consommés par les oiseaux frugivores.

La littérature scientifique montre l'intérêt phytopharmaceutique de cette espèce : elle contient une protéine anti-virale (PAP) qui a démontré son efficacité pour lutter, entre autres, contre le virus responsable du SIDA. Cette protéine ayant visiblement un large spectre d'efficacité est aussi utilisée pour produire des plantes transgéniques (tabac, pomme de terre) insensibles à différentes maladies d'origine virale.



Gestion

Carte des actions réalisées

Méthodes de contrôle ou d’éradication
Prévention

Éviter de planter cette espèce, notamment en milieux naturels ou semi-naturels (ou à proximité).

Méthodes de contrôle ou d’éradication manuelles

L’arrachage manuel des plantes (à l’aide de bêches) en essayant d’extraire l’appareil racinaire semble être la méthode la plus efficace et certainement la moins impactante pour le milieu. Cette méthode est envisageable pour de petites surfaces colonisées.

Pour des surfaces colonisées plus importantes ou lorsque les moyens humains sont limités, la fauche est la méthode de gestion la plus efficace connue à ce jour. Celle-ci est à réaliser juste avant la floraison (du mois de juin au mois de septembre), deux à trois fois par an suivant l’importance des repousses constatées.

Des opérations d'éradication ont été menées dans le département de Seine-et-Marne (en forêt de Fontainebleau) par une association, l'Association des Arracheurs Bénévoles de Plantes Invasives (ASABEPI) et par l'Office national des forêts. Ils ont utilisé une technique de coupe manuelle en dessous du collet des raisins d'Amérique (en enlevant seulement la partie supérieure au collet) et non l'ensemble du système racinaire, donne de bons résulats. Les racines résiduelles pourrissent en terre sans faire aucun rejet. Le stockage des collets doit se faire hors du sol et ce jusqu'à ce qu'ils pourrissent totalement car ces derniers peuvent, au contact du sol, reformer des radicelles et de nouveaux plants.

Pour en savoir plus : http://phytolaque.wifeo.com/methodes.php

Des opération de gestion de cette espèces ont également été menées par le Conservatoire botanique national de Franche-Comté et la communauté d'agglomération du Grand Dole. Plusieurs méthodes ont été testées (en cours d'expérimentation et nécessitant un bilan de suivi) :

arrachage manuel soigné permettant d'extraire la totalité du système racinaire et de laisser la plante hors sol (pour des plants de petite taille, souvent immatures et isolés) ;
arrachage manuel rapide de la plante avec la partie viable de la racine principale (l aplus accessible) privilégiant le traitement de l’intégralité de la station plutôt qu’un effort concentré sur quelques individus (pour les plants de grande taille sans baies mûres) ;
• dans le cas de plants de grande taille avec baies mûres : il s’agit d’une situation d’urgence où la neutralisation des graines est prioritaire avant le prélèvement de la plante émettrice : récolte soigneuse des grappes puis enfouissement en profondeur sur site. Les plants dépouillés peuvent être rapidement arrachés par la suite.

Pour en savoir plus : http://cbnfc-ori.org/sites/cbnfc-ori.org/files/BS-Phytolacca_Nord-Jura_2014.pdf

Méthodes de contrôle ou d’éradication mécaniques

Une coupe ou broyage avant fructification (au printemps) permet de limiter la floraison du raisin d'Amérique et ainsi sa propagation sur le territoire surtout si la coupe est suivie d'une régénération de la végétation naturelle.

Pour les zones massivement colonisées, il peut être envisagé de recourir au labour ou au raclage du sol en surface tout en prenant en considération les enjeux floristiques du site. Ces techniques peuvent par exemple être préconisées au sein de sablières ou d’autres zones fortement perturbées par l’homme, dans une optique de restauration du milieu.

Méthodes de contrôle ou d’éradication chimiques

Il n'y a actuellement aucun retour d'expérience connu sur l'efficacité de l'utilisation de techniques chimiques sur cette espèce. Attention! l’utilisation d’herbicides est interdite à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage et inappropriée en sites naturels. Les méthodes de lutte chimique ont des impacts négatifs sur l’environnement et la santé humaine : il est indispensable de privilégier des méthodes alternatives. De plus, il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation de produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/

Gestion des déchets

Si une intervention tardive a lieu et qu'il est constaté un début de fructification, il est impératif de récupérer les grappes, de les sécher (dans un endroit abrité et ne permettant pas leur dissémination) puis de les incinérer. Dans ce cas, ne pas composter la plante.

Précautions

Le port de gants est conseillé pour éviter tout risque d’intoxication par contact main-bouche.

Il faut empêcher tout transfert de terre en dehors du périmètre du site ayant fait l’objet des travaux d’arrachage. Cette terre est en effet susceptible de contenir des graines de la plante et de participer à sa propagation sur des sites encore indemnes de sa présence.

Commentaires

Ces types d’opérations sont à réaliser plusieurs années de suite afin d’éliminer les massifs de raisin d’Amérique et d’épuiser le stock de graines contenu dans le sol.


Sources bibliographiques

AE RMC, 2016. Savoirs et savoir-faire sur les populations exotiques envahissantes végétales et animales et préconisations pour la mise en oeuvre des SDAGE, Volume 4 : fiches pratiques pour la mise en oeuvre des plans d'actions contre la dispersion des espèces exotiques envahissantes. Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse, Bassins Rhône Méditerannée et de Corse, 130 p.

CAL-IPC, 2007. Phytolacca americana [en ligne]. California Invasive Plant Council. Disponible sur : https://www.cal-ipc.org/plants/paf/phytolacca-americana-plant-assessment-form/ (page consultée le 18/03/2021) 

Dumas Y., 2011. Que savons-nous du raisin d’Amérique (Phytolacca americana), espèce exotique envahissante ? Synthèse bibliographique. Office national des forêts, Rendez-vous techniques, 33-34: 48-57.

FCBN, 2010. Phytolacca americana L. Fédération des Conservatoires botaniques nationaux, 5 p.

FNTP, MNHN, GRDF & ENGIE Lab CRIGEN, 2016. Guide d’identification et de gestion des Espèces Végétales Exotiques Envahissantes sur les chantiers de Travaux Publics. Stratégie nationale pour la biodiversité, 44 p.

Fried G., 2012. Guide des plantes invasives. Belin, Paris. 272 p. 

Invasoras, 2015. Phytolacca americana [en ligne]. Disponible sur : https://www.invasoras.pt/pt/planta-invasora/phytolacca-americana (page consultée le 18/03/2021)

Levy V. (coord.), Watterlot W., Buchet J., Toussaint B. & Hauguel J.-C., 2015. Plantes exotiques envahissantes du Nord-Ouest de la France : 30 fiches de reconnaissance et d’aide à la gestion. Centre régional de phytosociologie agréé Conservatoire botanique national de Bailleul, Bailleul, 140 p.

Manche C., 2007. Les espèces exotiques envahissantes susceptibles de proliférer dans les milieux aquatiques et les zones humides sur le territoire du SAGE Authion. Université François Rabelais, Tours. 74 p.

Tison J., Jauzein P. & Michaud H., 2014. Flore de la France méditerranéenne continentale. Conservatoire botanique national méditerranéen. Naturalia publications (ed.), 2078 p.

Vuillemenot M., 2014. La flore invasive en Franche-Comté ; le raisin d’Amérique Phytolacca americana L. Conservatoire botanique national de Franche-Comté – Observatoire régional des Invertébrés, 2 p.

Vuillemenot M., 2022. État des lieux des espèces végétales exotiques envahissantes ou potentiellement envahissantes problématiques pour la santé humaine en Franche-Comté (hors ambroisies) [en ligne]. Conservatoire botanique national de Franche-Comté – Observatoire régional de invertébrés, 27 p. + annexes. Disponible sur : http://cbnfc-ori.org/sites/cbnfc-ori.org/files/documentaton/files/471_rapport_eee_enjeu_sanitaire_2022_web_0.pdf

Val'hor, 2020. Phytolacca americana [en ligne]. Code de conduite plantes envahissantes. Disponible sur : https://www.codeplantesenvahissantes.fr/plantes-concernees/ (page consultée le 28/04/2020)

Weber E., 2003. Invasive plant species of the world – a reference guide to environmental weeds. CABI Publishing. Wallingford, UK, 548 p.

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Citation recommandée : CBNMed, 2021.
Phytolacca americana [en ligne]. INVMED-Flore, plateforme sur les invasions biologiques végétales. Conservatoire botanique national méditerranéen et Conservatoire botanique national de Corse. Disponible sur : http://www.invmed.fr

Auteurs CBNMed : MR, EK, MH, CC, CS
Révision : 2021



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