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Rubus armeniacus Focke, 1874


Nom(s) vernaculaire(s)Ronce d'Arménie
FamilleRosaceae
OrigineAsie
Date d’introductiondéb-XIXe (1835)

Statuts

Régions administratives
PACAOccitanieCorse
AlerteINDIGENE

Zones biogéographiques continentales
Sud-OuestPyrénéesMéd. Occ.Méd. PACAMassif CentralAlpine
AlertePrévention


Description

  • Port : arbrisseau sarmenteux.

  • Feuilles : feuilles composées imparipennées ou palmées, généralement à 5 folioles (mais parfois seulement 3 ou une), stipulées, à folioles (ob)ovales dentées.

  • Tige : tiges épineuses souvent entrelacées en buissons denses.

  • Fleurs : inflorescences en panicules, terminant des rameaux courts issus des tiges de l'année précédente ; fleurs blanches à roses, à 5 pétales ; étamines nombreuses ; ovaire supère à carpelles nombreux.

  • Fruits : groupes de petites drupes formant des fruits dressés noirâtres (mûres) ; chaque drupe contient une graine.

  • Taille : de 6 à 12 m horizontalement, et jusqu'à 3 m verticalement.

  • Confusions possibles : le genre Rubus spp. est très complexe et comprend de nombreux taxons hybrides et apomictiques, très difficiles à différencier. Rubus armeniacus fait partie de l'aggrégat de Rubus fruticosus. Le nom Rubus discolor est souvent recontré dans la littérature comme synonyme de Rubus armeniacus, mais c'est incorrect, et c'est bien Rubus armeniacus qui est une espèce végétale exotique envahissante.



Cartes

Répartition mailles 5 km et fréquence par départements

Altitudes
Biologie et écologie
MilieuxForêts et maquis ; Milieux anthropiques
Type de reproduction / propagation

La ronce d'Arménie se reproduit par graines qui sont dispersées par les oiseaux et les mammifères (qui consomment les fruits) et par l'eau. Elle produit de 7000 à 13000 graines/m², qui restent viables plusieurs années dans le sol. La pollinisation est réalisée par les insectes. Néanmoins, la ronce d'Arménie se reproduit principalement de manière végétative : les tiges s'enracinent en touchant le sol, des rejets partent des racines (drageons) et les fragments de tiges et de racines se bouturent.

Type(s) biologiqueNanophanérophyte

Phénologie
Floraison (mois)JFMAMJJASOND


Impacts et aspects positifs
Impacts écologiques

D'après la bibliographie : La ronce d'Arménie peut former des buissons très denses (jusqu'à 525 tiges/m²) qui excluent la végétation indigène, notamment par compétition pour la lumière. Cette espèce est capable de produire une grande quantité de litière qui empêche la germination des autres espèces végétales indigènes. Les buissons denses et épineux peuvent également limiter les déplacements de la faune. Elle envahit principalement des milieux perturbés. De plus, elle peut s'hybrider avec des espèces de ronces indigènes.


Impacts sanitaires

D'après la bibliographie : Aucun impact sanitaire n'est recensé actuellement (ses épines peuvent légèrement blesser).


Impacts sur les activités humaines

D'après la bibliographie : La ronce d'Arménie est un hôte de la bactérie Xyllela fastidiosa qui s'attaque aux cultures (notamment vignes, oliviers, agrumes). Les buissons denses peuvent limiter le passage des personnes, du bétail, des équipements et des véhicules. La forte production de litière peut favoriser les incendies. Aux États-Unis, la gestion de la ronce d'Arménie a un coût économique important.


Aspects positifs

D'après la bibliographie : La ronce d'Arménie fournit des abris et de la nourriture pour de nombreux oiseaux et mammifères. Ses fleurs sont une source de nectar et de pollen pour les insectes. Elle a une importance économique pour la culture des mûres.



Gestion

Carte des actions réalisées

Méthodes de contrôle ou d’éradication
Prévention

Éviter de planter cette espèce en milieux naturels et semi-naturels.

Méthodes de contrôle ou d’éradication manuelles

L'arrachage manuel est possible pour gérer les populations de ronce d'Arménie au stade plantule. Le site envahi est à surveiller durant plusieurs années et les nouvelles plantules sont à arracher.

Méthodes de contrôle ou d’éradication mécaniques

La fauche est possible pour contrôler la ronce d'Arménie mais ne permet pas de l'éliminer car les racines repartent. Elle doit être réalisée le plus près possible du sol et durant plusieurs années.

L'arrachage mécanique est la méthode la plus efficace pour gérer les populations de ronce d'Arménie, à condition d'enlever toutes les parties souterraines. Il est conseillé de faucher les tiges auparavant. Le site envahi est à surveiller pendant plusieurs années et les nouvelles plantules sont à arracher.

Méthodes de contrôle ou d’éradication chimiques

L'application d'herbicides (glyphosate, dicamba, 2,4-D, triclopyr, metsulfuron, picloram, 2,4,5-T, aminotriazole, ammonium thiocyanate) sur les feuilles ou sur les tiges coupées ne permet pas d'éradiquer la ronce d'Arménie car les racines repartent. Attention! l’utilisation d’herbicides est interdite à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage et inappropriée en sites naturels. Les méthodes de lutte chimique ont des impacts négatifs sur l’environnement et la santé humaine : il est indispensable de privilégier des méthodes alternatives. De plus, il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation de produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/

Méthodes de contrôle ou d’éradication biologiques ou écologiques

Un pâturage intensif par les chèvres donne un résultat similaire à la fauche, mais les chèvres consomment également les plantes indigènes présentes dans le secteur.

La rouille Phragmidium violaceum est étudiée comme agent potentiel de lutte biologique contre la ronce d'Arménie. L'infection ralentit sa croissance et sa propagation. Attention! La lutte biologique avec cet agent biologique ne peut être envisagée en France, du fait des risques induits par son introduction qui n'ont pas encore été étudiés par les organismes de recherche habilités. L'impact de l'introduction de ces nouvelles espèces exotiques sur le territoire métropolitain (notamment vis à vis de la biodiversité locale) n'est à ce jour pas caractérisé. La lutte biologique nécessite un agent très spécialisé qui ne s'attaquera pas aux autres espèces de ronces indigènes.

Autres méthodes de contrôle ou d’éradication

En complément des autres méthodes de gestion, la revégétalisation par des espèces végétales indigènes (notamment des espèces suffisamment grandes pour faire de l'ombre) est préconisé afin d'éviter une réinvasion et permettre de restaurer le milieu envahi.

Méthodes inefficaces ou inappropriées

Le feu ne permet pas d'éliminer la ronce d'Arménie car les racines repartent, et il peut favoriser sa germination.

Gestion des déchets

Les plantes arrachées doivent être exportées avec précaution en dehors du site et incinérées afin d'éviter la dissémination des graines et la reprise à partir des tiges ou des racines.

L'enfouissement peut également constituer une solution pour la gestion des plants arrachés si celui-ci peut être effectué en profondeur.

Précautions

Les graines pouvant être dispersées à travers le déplacement des engins et outils utilisés, leur nettoyage est à effectuer pour ne pas disséminer les graines et éviter le transfert non intentionnel de semences en provenance des zones envahies.

La ronce d'Arménie produit beaucoup de graines, il faut donc impérativement réaliser les opérations de contrôle avant la maturation des fruits.


Sources bibliographiques

Florin M., 2018. Rubus armeniacus (Himalayan blackberry) [en ligne]. Centre for Agriculture and Biosciences International. Disponible sur : https://www.cabi.org/isc/datasheet/116780 (page consultée le 14/03/19)

GISD, 2015. Species profile Rubus discolor [en ligne]. Global Invasive Species Database. Disponible sur :  http://www.iucngisd.org/gisd/species.php?sc=994 (page consultée le 14/03/19)

Hoshovsky M. (sans date). Element stewardship abstract for Rubus discolor (Rubus procerus). The Nature Conservancy, 12 p.

ISC, 2014. Himalayan blackberry Rubus armeniacus. Invasive Species Council of British Columbia, 2 p.

King County, 2018. Himalayan blackberry identification and control [en ligne]. Noxious Weed Control Program Directory. Disponible sur : https://www.kingcounty.gov/services/environment/animals-and-plants/noxious-weeds/weed-identification/blackberry.aspx (page consultée le 14/03/19)

Landolt E., 2001. Rubus armeniacus [en  ligne]. Infoflora, Flora der Stadt Zürich. Birkhäuser Verlag, Basel. Disponible sur : https://www.infoflora.ch/assets/content/documents/neophytes/inva_rubu_arm_f.pdf (page consultée le 09/02/2020)

Warner P.J., 2004. Plant Assessment Form Rubus armeniacus [en ligne]. California Invasive Plant Council.  Disponible sur : https://www.cal-ipc.org/plants/paf/rubus-armeniacus-plant-assessment-form/ (page consultée le 14/03/19)

Washington State, 2019. Himalayan blackberry Rubus armeniacus [en ligne]. État de Washington. Disponible sur : https://www.nwcb.wa.gov/weeds/himalayan-blackberry (page consultée le 14/03/19)

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Citation recommandée : CBNMed, 2021.
Rubus armeniacus [en ligne]. INVMED-Flore, plateforme sur les invasions biologiques végétales. Conservatoire botanique national méditerranéen et Conservatoire botanique national de Corse. Disponible sur : http://www.invmed.fr

Auteurs CBNMed : MLB, KD, MH, CC, CS
Révision : 2021



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