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Cortaderia selloana (Schult. & Schult.f.) Asch. & Graebn., 1900


Nom(s) vernaculaire(s)Herbe de la pampa, Roseau à plumes
FamillePoaceae
OrigineAmérique du Sud
Date d’introductionmi-XIXe (1857)

Statuts

Régions administratives
PACAOccitanieCorse
MajeureMajeureMajeure

Zones biogéographiques continentales
Sud-OuestPyrénéesMéd. Occ.Méd. PACAMassif CentralAlpine
ModéréeAlerteMajeureMajeureAlertePrévention


Description

  • Port : plante herbacée vivace de 2 à 4 m de haut constituée de multiples pieds et formant de grosses touffes de 2 m de large.

  • Feuilles : très nombreuses, retombantes, arquées, à bords coupants, d’environ 2 m, de couleur glauque à base jaune pâle. Elles possèdent à la base une gaine fendue, glabre ou avec quelques poils épars. Ligule remplacée par des poils courts. Les feuilles ont une nervation parallèle avec une nervure centrale blanchâtre.

  • Tiges : cylindrique creuse.

  • Fleurs : regroupées en inflorescences formant des plumeaux blanchâtres d’aspect duveteux, longs de 50 cm à 1 m. Plante gynodioïque (pieds hermaphrodites et pieds femelles distincts). Inflorescences des pieds femelles plus larges et plus denses. Floraison de juin à octobre.

  • Fruits : petits akènes plumeux (caryopses). Fructification d'octobre à décembre.

  • Taille : jusqu'à 3 ou 4 m.

  • Confusions possibles : Saccharum ravennae (L.) Murray [syn. Erianthus ravennae (L.) Beauv.], la canne d'Italie, est indigène du bassin méditerranéen et peut atteindre 3 m. Les feuilles ont une gaine velue et la ligule est remplacée par des poils longs. Saccharum spontaneum, la canne sauvage est originaire d’Afrique et du sud de l’Asie. Elle peut atteindre 4 m de haut et la ligule est constituée de deux oreillettes poilues.



Cartes

Répartition par mailles INPN de 5*5 km
Fréquence par départements

Altitudes
Biologie et écologie
MilieuxBerges et ripisylves ; Côtes rocheuses et falaises ; Dunes côtières et plages de sable ; Milieux anthropiques ; Prairies humides ; Prairies, pelouses sèches et garrigues
Type de reproduction / propagation

Les fleurs de l’herbe de la pampa sont pollinisées par le vent. Cette plante produit une très grande quantité de graines (environ 10 millions par pied) qui sont le plus souvent disséminées par le vent dans un rayon de plus de 30 km et plus rarement par l’eau ou les véhicules automobiles. Elle a une croissance très rapide (la touffe atteint 1 m de haut au bout de 2 ans). Un plant d’herbe de la pampa vit entre 10 et 15 ans. La reproduction végétative est possible par des fragments de la plante lorsque les conditions d'humidité sont adéquates, cependant ce mode de reproduction est très peu observé (FCBN, 2009).

Type(s) biologiqueHémicryptophyte

Phénologie
Floraison (mois)JFMAMJJASOND


Impacts et aspects positifs
Impacts écologiques

D'après la bibliographie : L’herbe de la pampa est une plante hautement compétitive qui colonise rapidement les milieux ouverts des marais arrière-littoraux et les pelouses dunaires. Elle représente une menace pour ces milieux souvent fragiles abritant un nombre important d’espèces menacées. Sa croissance rapide et l’accumulation d’une biomasse aérienne et souterraine importante lui permettent de capter la lumière, l’humidité et les nutriments au détriment des autres plantes, plus petites et moins compétitives. Son installation peut aboutir à la formation de peuplements denses, souvent impénétrables qui contribuent à la disparition des espèces indigènes. Elle a ainsi un impact sur la structure et la composition des communautés végétales, dont elle diminue la biodiversité (FCBN, 2009).

L'herbe de la pampa a un impact sur le fonctionnement des écosystèmes : elle diminue la teneur en azote et augmente le risque d'incendie.


Impacts sanitaires

D'après la bibliographie : Les fleurs de l’herbe de la pampa peuvent provoquer des allergies en été. Les feuilles sont particulièrement coupantes et peuvent occasionner des sérieuses blessures notamment lors de la manipulation de la plante en vue de la contrôler.


Impacts sur les activités humaines

Local : Dans le sud de la France, en zones pâturées, des coupures qui ont tendance à s’enflammer (abcès) ont été observées sur la bouche des animaux.


D'après la bibliographie : L'herbe de la pampa augmente le risque d'incendie avec ses tiges et feuilles sèches hautement inflammables (FCBN, 2009).


Aspects positifs

Local : En région PACA et Occitanie : c'est une espèce cultivée et plantée en région pour ses qualités esthétiques et paysagères (Filippi & Aronson 2010).


D'après la bibliographie : L'herbe de la pampa est un bon fourrage pour le bétail. Les principaux usages sont l'ornementation et l’aménagement des jardins et des parcs (FCBN, 2009).



Gestion

Carte des actions réalisées

Méthodes de contrôle ou d’éradication
Prévention

Ne pas utiliser cette espèce pour l'ornement : cette espèce est désormais réglementée en France métropolitaine. Il est ainsi interdit de l'introduire dans le milieu naturel, de l'utiliser, de la transporter, de la détenir, de l'échanger ou de la commercialiser.

Privilégier un arrachage précoce des jeunes plantes.

À défaut d’une intervention mécanique, un traitement préventif peut être appliqué en coupant les panicules avant la dissémination des graines pour éviter leur propagation.

Méthodes de contrôle ou d’éradication manuelles

Au stade juvénile, le système racinaire de l’espèce est encore peu développé. La technique la moins destructive actuellement employée est l’arrachage à la main. Il s’agit d’extirper la plante du sol en emportant le maximum de racines - en se protégeant préalablement avec une paire de gants, pour éviter toute blessure pouvant être entrainée par les bords coupants des feuilles (Basnou, 2006). Dans certains cas, l’usage d’un outil (pioche) peut faciliter l’extirpation complète du plant.

Depuis 2013, des opérations annuelles d'arrachage manuel sont effectuées dans les cirques de Salazie et de Mafate (La Réunion). Ces opérations coûteuses, car certains sites ne sont accessibles que par hélicoptère, sont très encourageantes. En effet, certaines zones traitées ont nettement diminué en taille et d'autres complètement disparues.

Pour en savoir plus : http://especes-exotiques-envahissantes.fr/wp-content/uploads/2019/06/herbe-de-la-pampa-fiche-rex-v2.pdf

Méthodes de contrôle ou d’éradication mécaniques

L'arrachage mécanique est une technique efficace permettant de déraciner les touffes adultes, mais le travail est très lourd et très coûteux, nécessitant l'utilisation d'un tractopelle pour les plus gros individus :

  • les plants doivent être arrachés en prenant soin d’éliminer toutes les racines ;

  • les plantes assez petites peuvent être tractées par une corde ou une chaîne ou encore déracinées à l'aide d'une pioche ;

  • une extraction soigneuse élimine définitivement le pied mère. En revanche, une surveillance des semis est nécessaire pendant plusieurs années et ce sur des secteurs parfois éloignés des pieds mères détruits en raison de l’adaptation à la dissémination par le vent des graines, petites et soyeuses (Bossu, 2010) ;

  • l'arrachage mécanique peut s’avérer inefficace car la perturbation du sol engendrée par ces travaux peut également favoriser la reconquête de la plante.

Des  bâches en plastique  peuvent être également utilisées afin d’éviter la reprise des touffes préalablement coupées et la germination des graines. Le bâchage après coupe n’est valable qu’à petite échelle ou dans les zones où l’utilisation d’herbicides n’est pas souhaitable.

Méthodes de contrôle ou d’éradication chimiques

Les traitements phytocides ont été utilisés parfois en complément d’autres méthodes de contrôle (coupe, arrachage, gyrobroyage, etc.). Les traitements chimiques sont souvent appliqués sur les repousses.

  • Le badigeonnage de souche après une coupe à ras a été également utilisé au Portugal.

  • La pulvérisation foliaire a semblé également efficace, ce traitement intervenant en fin d'été et devant être suivi d'un deuxième passage lorsque la plante commence une nouvelle phase de croissance (DiTomaso et al., 1999).

En Europe, les traitements qui ont été principalement utilisés sont à base de glyphosate, alors qu’en Nouvelle‐Zélande, les herbicides qui ont été utilisés pour gérer cette graminée sont à base d’haloxyfop ou de quizalofop. Attention! l’utilisation d’herbicides est interdite à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage et inappropriée en sites naturels. Les méthodes de lutte chimique ont des impacts négatifs sur l’environnement et la santé humaine : il est indispensable de privilégier des méthodes alternatives. De plus, il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation de produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/

Méthodes de contrôle ou d’éradication biologiques ou écologiques

le pâturage bovin est utilisé en Nouvelle-Zélande dans les plantations forestières. Les bovins contrôlent au moins partiellement le développement des jeunes plants mais le pâturage peut vite se révéler limité en fonction de l’accessibilité ou de la configuration du site. Les essais doivent inclure trois à quatre phases de pâturage par an pour être efficaces (Gosling et al., 2000 ; Basnou, 2006). En France, le pâturage ovin par des moutons d'Ouessant, petits et rustiques, a permis d'affaiblir et de limiter la propagation des pousses d'herbe de la pampa.

La restauration écologique des sites traités, notamment par revégétalisation et le sursemis peut prévenir la ré-installation de l'espèce après traitement.

Méthodes inefficaces ou inappropriées

Ne pas couper ou arracher l'espèce quand ses tiges sont fleuries ou en graines.

Éviter d'utiliser des engins mécaniques non nettoyés sur d'autres chantiers, ce qui entrainerait une propagation de graines sur d’autres zones faisant intervenir ces engins.

L’herbe de la pampa n’est pas affectée par des coupes répétées qui ne diminuent en rien la production de feuille ou de tiges florales l’année suivante.

Gestion des déchets

Les produits d'arrachage doivent être évacués directement vers un site de traitement des déchets ou de valorisation (unité de compostage ou méthanisation).

Ne pas déposer les déchets verts dans le milieu naturel : le compostage des déchets verts comportant des graines est à proscrire. Les panicules coupées doivent être enfermés dans des sacs solides avant d'être incinérés.

Précautions

Porter des vêtements longs et des gants pour l'arrachage, les feuilles étant très coupantes.

Commentaires

Espèce végétale exotique envahissante sur le territoire métropolitain :

- Arrêté du 2 mars 2023 portant mise à jour de la liste des espèces animales et végétales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain.
- Arrêté du 14 février 2018 relatif à la prévention de l'introduction et de la propagation des espèces végétales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain. Annexe I-5.

Espèce soumise à règlementation agricole : arrêté du 13 juillet 2010 relatif aux règles de bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE).

L'herbe de la pampa, de par sa taille et ses feuilles très coupantes, nécessite des moyens importants pour sa destruction. La stratégie conseillée est d’éliminer les plantes les plus grosses en premier et de réduire ensuite les potentialités de dispersion des graines.



Sources bibliographiques

AME & CBNMed, 2003. Plantes Envahissantes de la Région Méditerranéenne. Agence méditerranéenne de l'environnement. Agence régionale pour l'environnement PACA. 48 p.

Basnou C., 2006. Cortaderia selloana. Daisie, Delivering Alien Invasive Species Inventories for Europe, 3 p.

Bossu E., 2010. Quinze ans d’expérience dans la lutte contre les plantes exotiques envahissantes forestières de l’île de Porquerolles (Provence, France). Sci. Rep. Port-Cros natl. Park, 24: 199-204.

CAL-IPC, 2005. Plant Assessment Form Cortaderia selloana [en ligne]. Disponible sur : https://www.cal-ipc.org/plants/paf/cortaderia-selloana-plant-assessment-form/ (page consultée le 19/04/2021)

DiTomaso J.M., Healy E., Bell C.E., Drewitz J. & Tschohl A., 1999. Pampasgrass and jubatagrass threaten California coastal habitats. University of California, Weed Research and Information Center, 6 p.

FNTP, MNHN, GRDF & ENGIE Lab CRIGEN, 2016. Guide d’identification et de gestion des Espèces Végétales Exotiques Envahissantes sur les chantiers de Travaux Publics. Stratégie nationale pour la biodiversité. Fédération Nationale des Travaux Publics, Muséum national d'histoire naturelle, GRDF et ENGIE Lab CRIGEN, 44 p.

Filippi O., Aronson J., 2010. Plantes invasives en région méditerranéenne : quelles restrictions d'utilisation préconiser pour les jardins et les espaces verts ? Ecologia Mediterranea, 36 (2): 31-54.

Fried G., 2012. Guide des plantes invasives. Belin, Paris. 272 p.

Gobierno de España, 2013. Cortaderia spp. [en ligne]. Catalogo espanol de especies exoticas invasoras. Disponible sur : https://www.miteco.gob.es/es/biodiversidad/temas/conservacion-de-especies/cortaderia_spp_2013_tcm30-498069.pdf (page consultée le 19/04/2021)

Gosling D., Shaw W. & Beadel S., 2000. Review of control methods for pampas grasses in New Zealand. Science for Conservation, Department of Conservation, 32 p.

GT IBMA, 2016. Cortaderia selloana [en ligne]. Base d’information sur les invasions biologiques en milieux aquatiques. Groupe de travail national Invasions biologiques en milieux aquatiques. UICN France et Onema. Disponible sur : http://especes-exotiques-envahissantes.fr/espece/cortaderia-selloana/

Invasoras, 2020. Pampa grass, Cortaderia selloana [en ligne]. Invasoras, Invasive Plants in Portugal. Disponible sur : http://invasoras.pt/en/gallery/cortaderia-selloana-en/ (Page consultée le 19/04/2021).

Levy V. (coord.), Watterlot W., Buchet J., Toussaint B. & Hauguel J.-C., 2015. Plantes exotiques envahissantes du Nord-Ouest de la France : 30 fiches de reconnaissance et d’aide à la gestion. Centre régional de phytosociologie agréé Conservatoire botanique national de Bailleul, Bailleul. 140 p.

Muller S. (coord), 2004. Plantes invasives en France: état des connaissances et propositions d'actions. Collections Patrimoines Naturels (Vol. 62), Publications Scientifiques du Muséum national d'histoire naturelle, Paris. 168 p.

UICN France, 2015. Les espèces exotiques envahissantes sur les sites d’entreprises. Livret 2 : Identifier et gérer les principales espèces, Paris, France, 96 p.

Val'hor, 2020. Cortaderia selloana [en ligne]. Code de conduite plantes envahissantes. Disponible sur : https://www.codeplantesenvahissantes.fr/plantes-concernees/ (page consultée le 28/04/2020)

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Citation recommandée : CBNMed, 2023.
Cortaderia selloana [en ligne]. INVMED-Flore, plateforme sur les invasions biologiques végétales. Conservatoire botanique national méditerranéen et Conservatoire botanique national de Corse. Disponible sur : http://www.invmed.fr

Auteurs CBNMed : EK, MR, MLB, LF, KD, MH, CC
, CS
Révision : 2023



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