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Erigeron bonariensis L., 1753 [syn. Conyza bonariensis (L.) Cronquist, 1943]


Nom(s) vernaculaire(s)Érigéron crépu, Vergerette d'Argentine
FamilleAsteraceae
OrigineAmérique du Nord
Date d’introductionNon connue

Statuts

Régions administratives
PACAOccitanieCorse
ModéréeModéréeMajeure

Zones biogéographiques continentales
Sud-OuestPyrénéesMéd. Occ.Méd. PACAMassif CentralAlpine
ModéréeAlerteModéréeModéréeAlertePrévention


Description

  • Port : plante herbacée annuelle (parfois vivace monocarpique à vie brève).

  • Feuilles : feuilles caulinaires médianes et supérieures linéaires à étroitement oblancéolées, entières à fortement dentées, souvent pliées ou ondulées, à face supérieure densément couverte de soies apprimées très courtes, à aspect cendré.

  • Tige : tige dressée et ramifiée, verte grisâtre dans sa moitié inférieure.

  • Fleurs : inflorescence terminale 1-2 fois ramifiée, à 5-30 capitules, rapidement dépassée par les rameaux subterminaux qui commencent généralement à s'ouvrir lorsque la terminale est en fruits mûrs ; ligules longues de 0,1 à 0,5 mm, ne dépassant pas l'involucre à l'épanouissement. Floraison de juin à octobre.

  • Fruits : akènes à aigrettes.

  • Taille : de 20 à 80 cm.

  • Confusions possibles : avec les autres vergerettes (Erigeron spp. incluant Conyza spp. : 15 espèces présentes en zone méditerranéenne française continentale, dont 8 exotiques) et en particulier Erigeron blackei, Erigeron canadensis, Erigeron floribundus et Erigeron sumatrensis, dont il se distingue par sa taille relativement petite et ses rameaux subterminaux tardifs.



Cartes

Répartition mailles 5 km et fréquence par départements

Altitudes
Biologie et écologie
MilieuxDunes côtières et plages de sable ; Milieux agricoles ; Milieux anthropiques
Type de reproduction / propagation

L'érigéron crépu se reproduit par graines qui sont dispersées par le vent. Il produit en moyenne 119 000 graines par individu (400 graines par capitule) qui peuvent rester viables 2-3 ans dans le sol. Il peut s'hybrider avec le conyze du Canada (Erigeron canadensis).

Type(s) biologiqueThérophyte

Phénologie


Impacts et aspects positifs
Impacts écologiques

D'après la bibliographie : L'impact de l'érigéron crépu sur les milieux naturels est modéré, car il se cantonne aux zones perturbées par les activités humaines.


Impacts sanitaires

D'après la bibliographie : L'érigéron crépu produit de grandes quantités de pollen qui peut être allergène pour les personnes sensibles.


Impacts sur les activités humaines

D'après la bibliographie : L'érigéron crépu est une mauvaise herbe des vergers et des pâturages. Il est devenu résistant à plusieurs herbicides.


Aspects positifs

D'après la bibliographie : L'érigéron crépu a des propriétés médicinales et antifongiques.



Gestion

Carte des actions réalisées

Méthodes de contrôle ou d’éradication
Prévention

Éviter de laisser le sol à nu dans les terrains envahis par la plante, semer des espèces indigènes couvrantes adaptées au milieu.

Lorsque des cultures ne sont pas utilisées ou abandonnées, il est conseillé de semer des poacées, car les astéracées et les fabacées peuvent favoriser l'installation de l'érigéron crépu et du conyze du Canada.

Méthodes de contrôle ou d’éradication manuelles

L'arrachage manuel est possible pour gérer lespopulations d'érigéron crépu dans les petites stations. Il doit être réalisé avant la maturation des fruits. Il faut enlever l'intégralité des racines (ce qui est plus facile si le sol est humide). Ces opérations doivent être répétées toutes les 3-4 semaines de mai à octobre et durant plusieurs années.

Méthodes de contrôle ou d’éradication mécaniques

Le labour permet de détruire les rosettes d'érigéron crépu.

La fauche doit être réalisée avant la floraison, et répétée très régulièrement et pendant plusieurs années.

Méthodes de contrôle ou d’éradication chimiques

L'érigéron crépu est sensible à certains herbicides dont le 2,4-D, l'atrazine, le dicamba et la simiazine. Certaines populations sont devenues résistantes au paraquat, aux triazines et au glyphosate. Attention! l’utilisation d’herbicides est interdite à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage et inappropriée en sites naturels. Les méthodes de lutte chimique ont des impacts négatifs sur l’environnement et la santé humaine : il est indispensable de privilégier des méthodes alternatives. De plus, il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation de produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/

Méthodes de contrôle ou d’éradication biologiques ou écologiques

Une rotation de cultures, avec par exemple du seigle ou de l’orge, permet de lutter efficacement contre cette plante.

Méthodes inefficaces ou inappropriées

Les mesures de gestion réalisées à une mauvaise période (durant la floraison / fructification) favorisent la dispersion des vergerettes.

Gestion des déchets

Si des graines sont présentes, les plantes arrachées doivent être exportées avec précaution en dehors du site et brûlées pour éviter la dissémination des graines.

Précautions

L'érigéron crépu produit beaucoup de graines, il faut donc impérativement réaliser les opérations de contrôle avant la maturation des fruits.


Sources bibliographiques

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Citation recommandée : CBNMed, 2021. Erigeron bonariensis [en ligne]. INVMED-Flore, plateforme sur les invasions biologiques végétales. Conservatoire botanique national méditerranéen et Conservatoire botanique national de Corse. Disponible sur : http://www.invmed.fr

Auteurs CBNMed : MR, MLB, KD, MH, CC, CS

Révision : 2021



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