Photo Pistia stratiotes (c) Huynh-Tan B.


(c) Carrouée Antoine


(c) Andrieu Frédéric

À LA MAISON

 

POURQUOI DEVRAIS-JE ME SOUCIER DE CES ESPÈCES ?

Acheter une plante exotique envahissante (ou la prélever dans la nature) et la ramener chez soi n'est pas un acte anodin... Même si l'on peut être séduit par son esthétique, son parfum ou son aspect inoffensif, si l'on n'arrive pas à la maintenir confinée chez soi, il y a de gros risques pour qu'elle puisse avoir de lourdes conséquences pour l'environnement. Bonne nouvelle cependant : il y a de multiples manières d'agir pour éviter leur propagation ou leur introduction en milieu naturel ! Nous vous donnons quelques conseils et pistes d'actions.

 

QUE FAIRE ? COMMENT AGIR ? COMMENT PRÉVENIR LEUR PROPAGATION ?
  • Renseignez-vous sur la thématique, sur les listes de plantes exotiques envahissantes de votre région !
  • Parlez-en autour de vous (aux élus de votre commune, à votre entourage, voisins et familles, etc.).
  • Ouvrez l'oeil !
  • Et si vous souhaitez vous débarrasser de vos plantes d’aquarium... jetez-les à la poubelle et rejetez l’eau, sans fragment de plantes, dans l’évier.

 

 
DANS MON JARDIN

 

POURQUOI DEVRAIS-JE ME SOUCIER DE CES ESPÈCES ?

Les plantes exotiques envahissantes menacent les milieux naturels, mais peuvent aussi se retrouver dans votre jardin ! Certaines (annuelles par exemple) se dispersent librement et une fois bien implantées, sont difficiles à enlever. D'autres (vivaces par exemple) peuvent rapidement croitre et se retrouver dans la propriété de votre voisin, en milieu naturel ou même vous faire encourir des risques (branches qui se cassent facilement, plante rapidement inflammable ou toxique par exemple). Parfois, des plantes ornementales deviennent même fatales pour les pollinisateurs de votre jardin, comme l'araujia porte-soie par exemple.

 

COMMENT PRÉVENIR LEUR PROPAGATION ?
  • Plantez des espèces locales ! Il existe une grande variété de belles plantes indigènes faciles à entretenir. Les papillons et autres pollinisateurs vont adorer ! Les marques Végétal Local et Corsica Grana permettent justement de valoriser les producteurs de plants d'origine locale.
  • Si vous préférez le charme de l'exotisme, évitez d'utiliser des plantes exotiques envahissantes dans votre aménagement paysager (consultez la liste de ces espèces considérées problématiques dans votre région : ici).
  • Évitez de disperser ces plantes hors de votre jardin (graines, boutures, etc.) : si vous choisissez de les retirer, consultez préalablement les préconisations de gestion dans les fiches INVMED-Flore pour vous aider dans votre choix. Faites attention avec les résidus de plantes et vérifiez bien que celles-ci n'ont pas repoussé. N'hésitez pas à tailler les plantes exotiques envahisantes avant floraison, afin de limiter leur dispersion et surtout... n'utilisez pas/plus d’herbicides pour gérer ces espèces : elles y sont résistantes!
  • Si vous craignez que votre jardin perde de son éclat après avoir éliminé les plantes exotiques envahissantes, parlez-en à votre pépiniériste ou votre fleuriste, ils seront en mesure de proposer des alternatives appropriées.

 

 

EN PROMENADE, EN BIVOUAC ET ACTIVITÉS DE PLEIN AIR
 
POURQUOI DEVRAIS-JE ME SOUCIER DE CES ESPÈCES ?

Les plantes exotiques envahissantes peuvent nuire à notre capacité à profiter des espaces naturels. Des plantes exotiques envahissantes formant d'énormes massifs très denses telles que les renouées, ou des formations épineuses telles que les oponces peuvent se développer sur les sentiers, rendant la randonnée difficile, voire impossible. Certaines plantes aquatiques comme les jussies ou les myriophylles peuvent envahir des plans d'eau et gêner les activités de pêche ou de baignade. Certaines peuvent envahir les communautés végétales en ombrageant et en excluant les plantes, arbres et arbustes sauvages locaux, réduisant ainsi la beauté et la diversité de nos communautés végétales.

 

COMMENT PRÉVENIR LEUR PROPAGATION ?
  • Apprenez à reconnaître les zones envahies et évitez de les traverser pour éviter de propager des éléments (graines, boutures, etc.) de plantes exotiques envahissantes.
  • Nettoyez votre équipement (chaussures de marche, bottes, etc.), vos animaux et même votre matériel (pêche, par exemple) entre vos activités et promenades dans des zones envahies, si possible avant de quitter les zones de présence de plantes exotiques envahissantes. Assurez-vous d'enlever toutes les graines et autres parties de la plante qui pourraient se disperser.
  • Signalez toute observation de plantes exotiques (principalement des catégories "Émergentes" et "Prévention") sur le site INVMED : vous aiderez la communauté scientifique à mieux comprendre leur répartition !

 

 

DANS MON POTAGER, MON PRÉ, MON CHAMP, ETC.
 
POURQUOI DEVRAIS-JE ME SOUCIER DE CES ESPÈCES ?

Les plantes exotiques envahissantes, parfois appelées "mauvaises herbes", sont une grande préoccupation pour tout éleveur ou agriculteur. Celles-ci peuvent réduire les rendements des cultures et nombreuses sont non comestibles ou toxiques pour le bétail. Dans les pâturages, ces plantes peuvent favoriser les monocultures, ce qui limite la variété des plantes dans l'alimentation du bétail (qui se nourrisent de manière sélective de plantes indigènes). Cela réduit la concurrence pour les plantes exotiques envahissantes, leur permettant de se développer et de se propager. Les plantes exotiques envahissantes évincent les plantes cultivées, ainsi que la consommation d'engrais et d'eau destinés aux cultures.

 

COMMENT PRÉVENIR LEUR PROPAGATION ?
  • Réalisez un contrôle des plantes exotiques envahissantes dans les zones de clôtures et de fossés adjacents à vos champs et vos prés, ce qui réduit considérablement le risque d'envahissement de vos parcelles.
  • Apprenez à identifier les plantes exotiques envahissantes de votre région, cela vous permettra de comprendre les impacts connus et de comprendre les enjeux.
  • Signalez toute observation (principalement des catégories "Émergentes" et "Prévention") sur le site INVMED-Flore : vous aiderez la communauté scientifique à trouver des solutions pour gérer efficacement ces espèces et limiter les impacts de celles-ci sur vos parcelles. Plus les espèces exotiques envahissantes sont détectées tôt, plus il est facile et économique de les contrôler.
  • Nettoyez vos bottes, équipements et pneus après avoir travaillé sur un site envahi par des plantes exotiques envahissantes afin d'éviter de répandre des éléments (graines, boutures, insectes parasites ou spores, etc.) vers un nouvel emplacement.

 

 

SUR LE LITTORAL, SUR LES ÎLES...
 
POURQUOI DEVRAIS-JE ME SOUCIER DE CES ESPÈCES ?

Le littoral méditerranéen (comprenant les îles et îlots typiques de la région) représente un milieu fragile constitué de nombreuses plantes locales endémiques (c'est-à-dire qui ne se retrouvent qu'en région méditerranéenne et nulle part ailleurs dans le monde) et cette biodiversité est menacée par la propagation de plantes exotiques envahissantes, le plus souvent couvrantes comme les griffes de sorcière ou créant des massifs impénétrables comme les oponces ou les agaves, par exemple. Comme l'a publié le Ministère en charge de l'écologie, ces espèces participent au déclin mondial de la biodiversité : il est important d'agir !

Causes de l'érosion de la biodiversité

+ vous pouvez trouver un résumé en vidéo : ici

 

COMMENT PRÉVENIR LEUR PROPAGATION ?
  • Apprenez à reconnaître les zones envahies et évitez de les traverser pour éviter de propager des éléments (graines, boutures, etc.) de plantes exotiques envahissantes. Un projet européen (Life Habitats Calanques) propose par exemple un guide de bonnes pratiques relatif à ces espèces sur le littoral provençal, qui vise à fournir des informations essentielles sur ces plantes et à donner les bonnes astuces pour adopter les bons gestes chez soi. Vous pouvez consulter ce guide : ici
  • N'entravez pas le travail des gestionnaires d'espaces naturels qui contrôlent ces espèces pour la conservation des plantes locales méditerranéennes.

 

 

EN VILLE, DANS MA COLLECTIVITÉ
 
POURQUOI DEVRAIS-JE ME SOUCIER DE CES ESPÈCES ?

En milieu urbain ou périurbain, les milieux végétalisés (espaces verts, etc.) ont un sol généralement remanié par les activités humaines. Ces sites sont donc susceptibles d’être plus fréquemment colonisés par des plantes exotiques envahissantes... Avec l’arrivée de la loi n°2014-110, communément appelée « Zéro phyto », l’utilisation des produits phytosanitaires de synthèse pour l’entretien des milieux urbains est interdite depuis le 1er janvier 2017. Cette interdiction implique un remaniement obligatoire des méthodes de gestion de ces espaces mais aussi une meilleure prévention de l'arrivée de plantes exotiques dont certaines sont très problématiques ! comme l'ambroisie à feuilles d'armoise par exemple : son pollen provoquant chez de nombreuses personnes des réactions allergiques importantes.

 

COMMENT PRÉVENIR LEUR PROPAGATION ?
  • Apprenez à reconnaitre et à signaler les espèces exotiques envahissantes de votre commune. Par exemple, mettez en place des formations de reconnaissance de ces espèces pour votre personnel. Dans le cas des ambroisies, il existe une plateforme interactive ("signalement-ambroisies") permettant d'alerter les autorités dédiées au contrôle de cette espèce si vous observez un ou plusieurs pieds près de chez vous. Plus d'informations : ici
  • Vous pouvez réalisez un diagnostic sur votre commune (ou territoire d'actions).
  • Intégrez la liste des plantes exotiques envahissantes et potentiellement envahissantes, à proscrire des cahiers des charges des marchés publics passés auprès des aménageurs et paysagistes, mais aussi des carnets de commande des plantations de vos espaces verts, par exemple.
  • Intégrez la problématique dans vos documents d’urbanismes, avec des points de vigilance ou des préconisations de gestion (référez-vous au site INVMED-Flore pour cela).
  • Sensibilisez les gestionnaires de vos espaces verts communaux et bords de routes, en apportant des préconisations de gestion adaptées.

 

 

EN VOYAGE
 
POURQUOI NE DEVRAIS-JE PAS RAPPORTER UNE PLANTE COMME SOUVENIR DE VACANCES ?

Geste anodin assez tentant, rapporter une plante (graines, boutures, etc.) d'un pays étranger nécessite des formalités particulières qui vous seront demandées à la douane. En France, il faut savoir que l'importation de matériel végétal provenant d'un pays étranger à l'Union européennne est soumise à autorisation (permis d'importation, certificat phytosanitaire, etc.). Au sein de l'Union Européenne, le transport de végétaux est libre À CONDITION qu'il ne s'agisse pas d'espèces menacées ou d'espèces exotiques envahissantes (un permis peut être exigé selon les cas et selon les pays traversés).

 

COMMENT ÉVITER DE NOUVELLES INTRODUCTIONS ?
  • Ne faites pas de prélèvements dans la nature : tout ce que vous risquez en voyageant avec quelques plantes, c'est de vous les voir confisquer à la douane et qu'elles ne supportent pas le voyage. Préférez celles qui sont vendues dans le commerce, vous limitez ainsi le risque de voir vos plantes retenues à la douane. Songez aussi que la plante que vous rapporterez en France peut présenter un danger pour la biodiversité locale (consultez la liste de ces espèces considérées problématiques dans votre région : ici).
  • Ne rapportez pas de plantes exotiques envahissantes ou potentiellement envahissantes de vos voyages : si vous voyagez en avion, les plantes tropicales supporteront d'ailleurs mal les soutes d'avion réfrigérées ! De plus, si vous ramenez des pots, la terre peut potentiellement être contaminée par des organismes potentiellement exotiques envahissants (pour les plantes, mais pas seulement : le plathelminthe de Nouvelle-Guinée est sans doute arrivé en France dans des pots de plantes importées, par exemple).

N.B. : Ces contrôles aux frontières permettent (1) de lutter contre le pillage des espèces (la convention de Washington, dite CITES prévoit une surveillance du commerce international des plantes et des animaux) et (2) d'éviter la dissémination de parasites et de maladies (certains végétaux peuvent être vecteurs d'un organisme pathogène ou d'un ravageur).

 

 

POUR RÉSUMER...
 
BONNES PRATIQUES GÉNÉRALES
  • N'achetez pas des plantes exotiques envahissantes ou potentiellement envahissantes (issues des listes régionales) : renoncer à leur utilisation permettra de limiter leurs impacts sur les espèces locales, le milieu naturel, la santé publique ou encore l'économie. Privilégiez plutôt l'utilisation d'espèces indigènes, ou de plantes exotiques NON envahissantes.
  • Si vous gérez une plante exotique envahissante, faites attention à certaines qui peuvent piquer, couper, blesser, vous laisser des produits toxiques sur la peau ou les muqueuses, vous provoquer rhinites ou conjonctivites, etc. : renseignez-vous dans les fiches espèces et protégez-vous ! Évitez aussi de disperser les graines ou les déchets végétaux, en particulier les parties de plantes qui pourraient s’enraciner (par exemple des parties de figuier de Barbarie ou des troncs de yucca), et faire appel aux services appropriés de gestion des déchets. Toute action de gestion mal réalisée peut s'avérer contre-productive : n'intervenez donc pas sans vous êtes renseigné ou sans accompagnement adéquat !
  • Veillez à ne relâcher aucun animal de compagnie ou autre espèce d’ornement ou d'aquarium dans la nature et s’assurer de contacter les personnes ressources si le souhait de se séparer de ses plantes ou de son animal se fait sentir.
  • Évitez d’importer ou d'exporter des espèces exotiques (sous toutes formes que ce soit : graine, propagule, plante, larve, œuf ou spécimen adulte) de ou vers un autre pays sans une autorisation spécifique.
  • Ne pas hésiter à s’informer sur la thématique des espèces exotiques envahissantes, en consultant notamment les actualités de la plateforme INVMED-Flore.

 

CONSULTER

 

AGIR

 


 
UNE DÉMARCHE PRÉALABLE DE RÉFLEXION...

 

QUELLE LOGIQUE SUIVRE ? PAR OÙ COMMENCER ?    

Réaliser des travaux de gestion d'une ou plusieurs plante(s) exotique(s) envahissante(s) nécessite de se poser les bonnes questions : est-ce judicieux ? comment faire ? que faire des déchets verts ? comment éviter de disperser la plante ? comment évaluer si la gestion a été efficace ? etc. Pour faciliter cette démarche, il est conseillé de suivre la logique suivante : 

  • Analyser la situation :
    - connaitre l'espèce (ex : analyses bibliographiques, fiches espèces mises à disposition sur INVMED-Flore) et la réglementation associée ;
    - réfléchir aux voies d'introduction probables sur le site (ex : introduction volontaire, fuite d'une zone confinée, transport involontaire, dispersion par des corridors, etc.) ;
    - comprendre les enjeux (ex : analyse des caractéristiques de l'espèce, du site colonisé et des usages qui en sont fait, de la sensibilité des usagers, des impacts locaux, etc.) ;
    - analyser l'état de colonisation du site (ex : détection précoce d'une espèce émergente ou prise de conscience des impacts d'une espèce largement répandue...) ;
    - prévoir la faisabilité de gestion (ex : étude de faisabilité, moyens et ressources disponibles, acteurs à mobiliser : propriétaires, gestionnaires, etc.) ;
    - prendre en compte les contraintes réglementaires (ex : le transport des espèces du Règlement européen n°1143/2014 est réglementé, etc.) ;

    - se fixer un objectif simple et réalisable (ex : éradication possible si début d'invasion : l'espèce est observée de façon ponctuelle, sa surface est réduite, etc.) ;
    - décider d'intervenir (ex : décision d'intervention ou de non-intervention suite à l'analyse de la situation).

  • Réaliser un état des lieux avant travaux sur site :
    - décrire le site et le milieu occupé (ex : types de milieu, habitats d'intérêt communautaire, description physique et biologique, etc.) ;
    - décrire la population de la plante exotique envahissante sur site (ex : surface colonisée, nombre d'individus, recouvrement de l'espèce, strates envahies, etc.) ;
    - décrire les enjeux sur site (ex : enjeux biodiversité, niveau d'impacts sur telle ou telle population d'espèce patrimoniale, etc.) ;
    - choisir des indicateurs de suivi de l'opération (ex : nombre d'heures passés sur l'opération, nombre de personnes pour l'opération, coûts, etc.) ;
    - choisir des indicateurs d'évaluation de l'opération (ex : nombre d'individus, surface colonisée, recouvrement, usages, etc.) ;
    - décrire la méthodologie et les suivis prévus (
    à consulter : préconisations de gestion sur INVMED-Flore : onglet "Liste d'espèces" > rubrique "+ d'infos") ;
    - prévoir de communiquer sur l'action (notamment si l'espèce possède un fort capital de sympathie auprès des usagers ou si la technique utilisée peut heurter leur sensibilité) ;
    - prévoir un calendrier prévisionnel pour planifier les opérations sur plusieurs années.
  • Procéder à la mesure de gestion retenue :
    - se rapprocher des acteurs ayant l'expérience de gestion ;
    - prévoir et éviter au maximum les impacts de la technique de gestion retenue (ex :
    bien s'assurer de ne pas sur-impacter les espèces patrimoniales lors des opérations) ;
    - appliquer la méthodologie retenue (
    ex : arrachage manuel, dévitallisation, travaux mécaniques, lutte intégrée, etc.) ;
    - prévoir des mesures de biosécurité pour éviter toute dispersion d'éléments de plantes (ex : filets flottants, nettoyage des engins, bâchage des camions, etc.) ;
    - relever les indicateurs de suivi de l'opération choisis (ex : photographies, nombre d'heures passées sur l'opération, etc.).

  • Prévoir une gestion des déchets adaptée :
    - se renseigner sur les centres de traitement à proximité de votre site et vérifier leur acceptabilité pour l'espèce gérée (
    à consulter : paragraphe "déchets verts" ci-dessous) ;
    - se renseigner sur la réglementation liée aux déchets verts (à consulter : synthèse réglementaire dans le paragraphe "déchets verts" ci-dessous) ;
    - choisir un traitement approprié (qui ne permette pas de disperser des graines ou autres éléments de plantes, capables de se resemer ou de se bouturer).
    - relever les indicateurs de suivi de l'opération choisis (ex : photographies, nombre d'heures passées sur l'opération, etc.).
  • Prévoir, si nécessaire, une revégétalisation du site ou des mesures de génie écologique (mise en défens, etc.) :
    - si revégétalisation, se renseigner sur les espèces locales pouvant être utilisées (surtout si le site se trouve en milieu naturel ou semi-naturel) ;
    - prévoir une expertise botanique afin de déterminer les conditions écologiques nécessaires à la plante pour se maintenir sur site (ex : ombarge, altitude, hygrométrie, etc.) ;
    - relever les indicateurs de suivi de l'opération choisis (ex : photographies, nombre d'heures passées sur l'opération, etc.).

  • Prévoir un suivi sur site pour évaluer la mesure de gestion :
    -
    se fixer un objectif simple et réalisable (ex : suivi de la repousse, analyse du recouvrement, suivi des usages, suivi de l'évolution du milieu) ;
    -
    relever les indicateurs d'évaluation de l'opération choisis (ex : nombre d'individus, surface colonisée, recouvrement, usages, etc.) ;
  • Évaluer et valoriser l'action :
    - analyser les résultats de l'action (ex : décrire la population de la plante exotique envahissante et son évolution au fil du temps, etc.) ;
    - évaluer votre action (ex : succès ? échec ? comment adapter la mesure de gestion ?) ;
    - faire un retour d’expérience sur INVMED-Flore (
    à consulter : partie "valorisez vos actions" ci-dessous).

Si vous devez faire face à plusieurs espèces, il vous sera peut-être nécessaire de prioriser les actions.

+ plus d'informations : ici (partie "Stratégie PACA" > "Pour aller plus loin")
+ vous pouvez trouver un résumé en vidéo : ici

 

 

ANALYSE DE LA SITUATION

 

SE POSER LES BONNES QUESTIONS...    

L'analyse complète de la situation est importante avant de procéder à une quelconque mesure de gestion :

  • si l'espèce n'est pas encore présente sur le site géré : la prévention est souhaitable ;
  • si l'espèce est observée de manière ponctuelle, avec des surfaces colonisées réduites (détection précoce) : des mesures d'éradication peuvent être envisageables ou ;
  • si l'espèce est bien implantée depuis longtemps et a colonisé d'importantes surfaces : l'éradication risque d'être non concluante, le contrôle est envisageable (il s'agit de mettre en place des interventions régulières de gestion pour maintenir au plus bas les populations afin d'atteindre des niveaux d'impacts non significatifs).

 

BIEN DÉFINIR SES OBJECTIFS DE GESTION

Les objectifs de gestion doivent être bien définis : réduire le recouvrement de l'espèce ? limiter le nombre d'individus ? réduire les impacts sur site ? maintenir les usages ? etc.
Il existe trois grands objectifs définis par le
Règlement européen relatif à la prévention et à la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes, repris dans la stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes :

  • l’éradication de l’espèce : se définit comme l’« élimination totale et permanente d’une population d’une espèce exotique envahissante par des moyens létaux ou non létaux » ; 
  • le contrôle de l’espèce : « toute action létale ou non létale appliquée à une population d’une espèce exotique envahissante, tout en réduisant au minimum les incidences sur les espèces non visées et leurs habitats, dans le but de maintenir le nombre des individus au niveau le plus bas possible, de sorte que, même s’il n’est pas possible d’éradiquer l’espèce, sa capacité d’invasion et ses effets néfastes sur la biodiversité, les services écosystémiques associés, la santé humaine ou l’économie soient réduits au minimum » ;
  • le confinement de l'espèce : cela comprend « toute action visant à créer des barrières permettant de réduire au minimum le risque qu’une population d’une espèce exotique envahissante se disperse et se propage au-delà de l’aire d’invasion » ;
  • l’atténuation des impacts de l’espèce : si l’éradication ou le contrôle ne sont pas applicables, l’atténuation peut être envisagée. Cela se résume par le non interventionnisme du gestionnaire directement sur l’espèce exotique envahissante, tout en essayant d’atténuer si possible son impact sur la biodiversité, en se focalisant sur la conservation des espèces à enjeux. Cet objectif est souvent assigné aux zones naturelles envahies inaccessibles, où les techniques de gestion qui pourraient être réalisables sont inadéquates, impraticables ou trop onéreuses et que la gestion se révélera donc inefficiente (incompatible avec les moyens humains et financiers).

À GARDER EN TÊTE...

Le choix d’une méthode de gestion dépend aussi de nombreux facteurs pour une même espèce :

  • la taille de la population ;
  • les enjeux liés à la biodiversité ;
  • les enjeux liés aux usages ;
  • les contraintes d’accès ;
  • les contraintes d’entretien ;
  • les moyens humains, matériel, financiers ;
  • présence d’autres espèces exotqiues envahissantes...

Ce qu’il ne faut pas oublier :

  • un état des lieux est indispensable pour identifier tous ces facteurs !
  • des inventaires complémentaires (afin de recenser les espèces à enjeux) peuvent être nécessaires... ;
  • identifier les différentes méthodes possibles, leurs avantage, leurs inconvénients, les moyens à déployer ;
  • penser à la prévention de la dispersion de l’espèce (graines, fragments de végétaux lors de l’arrachage, nettoyage des outils et des engins) ;
  • prévoir une gestion des déchets adaptée ;
  • souvent une gestion intégrée combinant plusieurs méthodes est plus efficace ;
  • prévoir que la gestion doit être engagée sur de nombreuses années ;
  • une gestion ponctuelle peut empirer la situation !
  • un certain temps peut être nécessaire avant un début d’amélioration... ;
  • la banque de graine ou le système végétatif souterrain prend généralement du temps à être éliminé ;
  • un plan d’action doit être élaboré, suivi et adapté si nécessaire.

Contacter les personnes ayant de l’expérience sur la ou les espèce(s) exotique(s) envahissante(s) que l'on souhaite gérer s’avère souvent utile !

 

 

ÉTAT DES LIEUX

 

DÉCRIRE L'ÉTAT DE LA SITUATION (AVANT TRAVAUX) À L'ÉCHELLE DU SITE 

Afin de pouvoir évaluer la réussite (ou l'échec) de l'opération, il est indispensable de faire un état des lieux avant travaux. Cet état des lieux est une synthèse descriptive d'un ensemble d'éléments comprenant a minima :

  • espèce cible : nom scientifique, phénologie, nombre d'individus, surface colonisée, recouvrement, indigénat local, strates colonisées, etc.
  • localisation : date de première observation, localisation précise (GPS), observateur(s), etc.
  • description du milieu colonisé : simple (types de milieux) ou écologie (relevés phytosociologiques)
  • description du site : physique, biologique, propriétaires, gestionnaires, etc.
  • enjeux : biodiversité (espèces patrimoniales recensées, etc.), santé humaine, etc.
  • impacts locaux (observés sur site) : modification des habitats, compétition avec les espèces indigènes, modifications génétiques par hybridation, etc.
  • voies d'introduction probables sur site : volontaire, involontaire, non identifiée, etc.

 

ADAPTER L'ÉTAT DE LA SITUATION (AVANT TRAVAUX) À L'ÉCHELLE DES AIRES DE PRÉSENCE DE L'ESPÈCE 

Pour chaque aire de présence de l'espèce exotique envahissante, un ensemble d'indicateurs de suivi et d'évaluation de l'opération peuvent être envisagés :

  • type d'actions (gestion, non intervention, etc.)
  • descriptif des technique(s) utilisée(s) et objectif(s)
  • descriptif des traitements des déchets verts
  • descriptif des opérations de génie écologique
  • remarques et précautions de mise en oeuvre : difficultés rencontrées lors des chantiers, choix de la méthode (contraintes d’accès, de moyens, etc.).
  • superficie traitée (m²), linéaire traité (m), recouvrement de l'espèce (%), nombre d'individus, etc.
  • nombre de jours de chantier (j)
  • nombre de personnes sur le chantier, rôle des partenaires (maitrise d'ouvrage, coordination, expertise, maitrise d'oeuvre, gestion, etc.)
  • masse extraite (kg), volume extrait (m3)
  • coûts (moyens techniques, humains, transport/valorisation)
  • photos avant/après

 

 

+ vous pouvez trouver une fiche d'aide à la mise en place d'un état des lieux : ici
+ si vous avez réalisé des inventaires de terrain, vous pouvez valoriser vos données : ici

 

 

TRAVAUX DE GESTION

 

Une fois que vous avez retenu une technique de gestion, bien faire attention à ne pas disperser des éléments de plantes (graines, boutures, etc.), bien porter une attention particulière à la provenance de la terre utilisée, ainsi qu’à la destination de celles issues des travaux, etc. et bien noter pour chaque opération les indicateurs de suivi de l'opération.

+ vous pouvez trouver une fiche d'aide au suivi des opérations : ici
+ vous pouvez trouver des informations et conseils de gestion sur les fiches espèces INVMED-Flore : ici (rubrique "+ d'infos")

 

 

TRAITEMENT DES DÉCHETS VERTS

 

CONNAITRE LES CENTRES DE TRAITEMENT DES DÉCHETS VERTS PRÈS DE VOTRE SITE

Les centres de traitement sont recensés par région au sein d'un site internet dédié (SINOE® déchets), qui propose des solutions de valorisation des matières organiques résiduelles près de votre site en gestion. Un annuaire des acteurs vous permet de connaitre le centre de traitement le plus proche en capacité de prendre en charge vos déchets verts.

+ lien vers les données chiffrées, l’annuaire des acteurs et prestataires, graphiques et cartographies complètes sur les déchets (SINOE® déchets) : ici

 
CONNAITRE LA RÉGLEMENTATION SPÉCIFIQUE AUX BIODÉCHETS

Les résidus issus de la gestion d'espèces végétales exotiques envahissantes sont assimilés à des biodéchets (article R.541-8 du CE) et plus spécifiquement à des déchets verts qu’il convient de valoriser à travers soit le compostage professionnel soit la méthanisation en s’assurant de la destruction complète des propagules potentielles (rhizomes, graines...).
Le tri à la source et la valorisation organique des biodéchets est obligatoire à compté du 1er janvier 2012 pour les personnes qui produisent ou détiennent des quantités importantes de biodéchets (plus de 10 tonnes par an depuis 2016) et le sera pour tous les professionnels produisant ou détenant des déchets composés majoritairement de biodéchets à compter du 1er janvier 2025 ceci de manière à limiter les émissions de gaz à effet de serre et à favoriser le retour au sol de la matière organique (article R.541-21-1 du CE).

Tout producteur ou détenteur de déchets est responsable de la gestion de ses déchets jusqu'à leur élimination ou valorisation finale, même lorsque le déchet est transféré à des fins de traitement à un tiers. Il doit également s'assurer que la personne à qui il les remet est autorisée à les prendre en charge (article L. 541-2 du CE et ordonnance n°2010-1579 du 17 décembre 2010).

+ lien vers le guide d'accompagnement du traitement des déchets de plantes exotiques envahissantes issus d’intervention de gestion au niveau nationl (CDR-EEE) : ici
+ lien vers la note technique ministérielle relative à la mise en œuvre des opérations de lutte contre les EEE du 2 novembre 2018 : ici
+ lien vers l'ordonnance n°2010-1579 du 17 décembre 2010 : ici
+ si vous cherchez plus d'informations sur la réglementation liés aux déchets verts (CDR-EEE) : ici

 
LES DIFFÉRENTS TRAITEMENTS

+ Le compostage professionnel

Le compostage professionnel est une valorisation possible des déchets verts d’espèces végétales exotiques envahissantes. Il s’agit d’un procédé de transformation aérobie (en milieu oxygéné) de matières fermentescibles dans des conditions contrôlées (sous l’action de divers micro-organismes). Il permet l’obtention d’une matière fertilisante stabilisée riche en composés humiques, le compost. Il s’accompagne d’un dégagement de chaleur et de gaz carbonique (ADEME, 2015). Les matières traitées peuvent être : les déchets verts, les déchets agricoles (ex : effluents d’élevage), les déchets industriels et les déchets ménagers (ex : boues de STEP*, ordures ménagères résiduelles, biodéchets des ménages et des gros producteurs).

N.B. : Le compostage peut-être : à ciel ouvert, en casier ou couloir sous aération forcée, en réacteur fermé, à la ferme. Il existe également le co-compostage (mélange de déchets verts aux effluents d’élevage et résidus de culture) et le lombricompostage (dégradation de la matière organique par des vers épigés).
*STEP : les boues résiduaires issues de stations d'épuration traitant des eaux usées domestiques ou urbaines.

Le processus de compostage se déroule en trois phases : la phase de décomposition, la phase de refroidissement et la phase de maturation.

                                                                                          

 Schéma et explications issus du guide de compostage à la ferme de la chambre d’agriculture d’Occitanie.

 

Durant la phase de décomposition de la matière organique (phases mésophile puis thermophile), les températures augmentent fortement, particulièrement au centre du tas ou de l’andin (au dessus de 45°C et jusqu’a 60-70°C). Durant la phase de refroidissement ou intermédiaire, les températures se stabilisent au dessous de 40°C et l’azote libéré dans la première phase est incorporé dans des molécules complexes. Sur les plateformes industrielles, ces premières phases sont regroupées sous la dénomination « fermentation ». Cette phases dure en général quelques semaines. Enfin, durant la phase de maturation, qui peut durer plusieurs mois, les champignons vont prendre la place des micro-organismes et vont convertir la matière organique en humus stable. L’eau va s’évaporer, le carbone se volatiliser et le volume du tas va diminuer (ADEME, 2015 ; Chambre d'Agriculture d'Occitanie, 2019). Les déchets verts doivent être au préalable collectés. Ils peuvent être contrôlés visuellement et triés, broyés (ex : pour les déchets ligneux) et/ou criblés. Puis ils sont mis en andains.

Durant les phases de fermentation et maturation, les andins sont régulièrement retournés (homogénéisation, hygiénisation, oxygénation) et peuvent être arrosés pour stimuler l’activité biologique. Il y a un suivi des températures à différents endroits de l’andin (pas toujours effectués dans les co-compostages ou compostage à la ferme). Enfin, le compost obtenu est criblé ou tamisé pour séparer les éléments grossiers appelés refus de criblage du compost fin commercialisable ou satisfaisant pour les agriculteurs. Il est ensuite stocké (hangar ou sous une bâche) avant d’être commercialisé et utilisé principalement en agriculture et aménagements paysagers ou utilisé directement sur site.
Pour les déchets verts d’espèces exotiques envahissantes, le compostage peut être une solution de valorisation. Il est cependant nécessaire de s’assurer que la montée en température lors de la fermentation est suffisante pour éliminer efficacement les graines et fragments d’espèces végétales exotiques envahissantes et ceci au sein des andins mais aussi à l’extérieur et en périphérie des andins. En effet, les graines de certaines espèces (ex : ambroisie à feuilles d’armoise) peuvent survivre au compostage. Pour limiter les risques, il peut être préférable de gérer l’espèce exotique envahissante en dehors de sa période de fructification.

Les connaissances sur le pouvoir germinatif des graines et parties souterraines des espèces végétales exotiques envahissantes méditerranéennes après compostage sont très lacunaires (expérimentations à mener). Il existe cependant quelques retours d’expériences sur la gestion des déchets verts par compostage de quelques espèces (ex : renouées asiatiques et jussies). Les graines, les tiges et les rhizomes de renouées asiatiques seraient dévitalisés et neutralisées au bout de 8 mois de traitement par compostage avec au moins 2 retournements, des températures atteignant 70°C en phase de fermentation (1er mois) et supérieures à 55°C après chaque retournement (Barthod & Boyer, 2017). Le compostage des jussies est également possible comme pour n’importe quel type de déchets vert (pas de conditions spécifiques) et permettrait d’inhiber le pouvoir germinatif de leurs graines (Debril, 2005). Le compost peut être commercialisé sous la norme NF U 44-051, en vrac avec des prix dégressifs selon le tonnage : 35 € la tonne de 0 à 2 t, 30 €/t de 2 à 20 t et jusqu’à moins de 10 €/t pour 2 000 t et plus (ADEME, 2015).

+ si vous cherchez plus d'informations (CDR-EEE) : ici

 

+ La méthanisation

La méthanisation est une technologie basée sur la dégradation par des micro-organismes de la matière organique, en conditions contrôlées et en l’absence d’oxygène (réaction en milieu anaérobie). Cette dégradation aboutit à la production :

  • d’un produit humide riche en matière organique partiellement stabilisée appelé digestat,
  • de biogaz, mélange gazeux saturé en eau à la sortie du digesteur et composé d’environ 50 % à 70 % de méthane (CH4), de 20 % à 50 % de gaz carbonique (CO2) et de quelques gaz traces (NH3, N2, H2S).

Le biogaz a un Pouvoir Calorifique Inférieur (PCI) de 5 à 7 kWh/Nm3. Cette énergie renouvelable peut être utilisée sous différentes formes : combustion pour la production d’électricité et de chaleur, production d’un carburant, ou injection dans le réseau de gaz naturel après épuration. Les déchets méthanisés peuvent être d’origine : agricole (ex : déjections animales, résidus de récolte), agro-industrielle (ex : caves vinicoles, laiteries), municipale (ex : tontes de gazon, ordures ménagères, biodéchets des ordures ménagères, boues de station d’épuration). Le digestat est séparé en deux phases : liquide et solide. Le digestat solide est épandu directement sur les parcelles agricoles suivant un plan d’épandage ou séché et composté (respecte la norme Afnor NF U 44-051).
La méthanisation se déroule en enceinte fermée (appelée digesteur) généralement calorifugée afin d'y maintenir une température constante. Il existe plusieurs procédés : la méthanisation par voie humide (<15 % de matière sèche), par voie sèche (15-40 % de matière sèche), la méthanisation mésophile (température de réaction autour de 35-40 °C) la plus couramment utilisée, thermophile (température de réaction autour de 50-60°C), la méthanisation infiniment mélangée et par piston (flux piston ou séquentiel).
Le coût d’investissement pour les unités de traitement de déchets ménagers est compris entre 500 et 1 200 €/tonne selon la capacité de l’unité. Les coûts d’exploitation sont variables selon les dimensionnements et le type de déchets traités. Cependant les producteurs peuvent avoir un retour sur investissement en vendant le biométhane entre 64 et 125 € par mégawatt-heure (MWh) pour la méthanisation en fonction de la capacité maximale de production et du type de déchets valorisés (ADEME, 2015).

Pour les déchets verts d’espèces exotiques envahissantes, la méthanisation peut être une solution de valorisation. Une étude a été menée sur l’influence de la méthanisation sur la reprise de végétation et la germination de graines de plantes exotiques envahissantes (Sarrazin, 2017). Il semble que ce procédé donne de très bon résultats sur l’ambroisie et la renouée du Japon (car il inhibe totalement le pouvoir germinatif des graines). Un autre rapport propose de mettre en place un protocole de valorisation de la biomasse de renouée asiatique par méthanisation (ENSAIA – Université de Lorraine et NORMAT). Enfin, une étude a été réalisée sur la méthanisation industrielle des fauches de bord de routes et plus spécifiquement sur les renouées asiatiques donnant de premiers résultats très concluants (pas de germination des akènes ni reprises végétatives des rhizomes après méthanisation) (Spigest, 2017). Néanmoins, les gestionnaires de sites sont souvent confrontés à des conditions d’acceptation de leurs déchets verts qui ne correspondent pas à leurs besoins ou qu’ils ne peuvent tenir (ex : quantité demandée très importante, tests préalables pour connaître les caractéristiques chimiques des déchets verts assez onéreux, unités de méthanisation spécialisées dans d’autres types de déchets comme les boues issues des STEP urbaines, etc.).

+ lien vers une vidéo illustrant le processus de méthanisation : ici
+ lien vers une vidéo illustrant le procédé biologique de méthanisation : ici

 

+ L'épandage sur sols agricoles (suite à compostage ou méthanisation)

Il est possible d’épandre du compost de déchets verts et digestat de méthanisation sur les sols agricoles. Au préalable, il est peut être souhaitable de réaliser une analyse de sol complète pour déterminer le taux de matière organique du sol à amender. Un plan d’épandage et une analyse des éléments nutritifs (ex : azote, phosphore) de la matière à épandre sont nécessaires si cette matière provient d’Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Quelques distances avec certaines zones (ex : sources, zones humides et cours d’eau) sont à respecter pour l’épandage de compost et digestat (règlement sanitaire départemental, ICPE, Directive nitrate). L’épandage direct de déchets verts "frais" non composté ou digéré n’est pas possible (risque de dissémination de l’espèce végétale exotique envahissante trop important).

+ lien vers la fiche thématique de l'ADEME sur le compostage et la méthanisation : ici
+ lien vers le rapport de l’État (Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie & Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, 2015) : ici

 

+ La mise en décharge de classe 2

Le stockage des déchets verts en décharge de classe 2 (Installations de stockage des déchets non dangereux ou ISDND) peut être une solution de valorisation des déchets d’espèces végétales exotiques envahissantes, non valorisables par les deux traitements sus-mentionnés.
Ces installations n’acceptent que les déchets ultimes non valorisables (arrêté du 15 février 2016 relatif aux installations de stockage de déchets non dangereux). Elles peuvent de fait refuser les déchets d’espèces exotiques envahissantes qui peuvent être considérés comme valorisables (ex : par méthanisation), même s’ils contiennent des graines ou propagules d’espèces résistantes au traitement de compostage et qu’aucun site de méthanisation n’est présent à proximité du site géré.


+ L'intégration des déchets verts en centrale de biomasse

Ces centrales produisent de l’électricité grâce à la vapeur d'eau envoyée sous pression vers des turbines. Cette vapeur d’eau provient de l’eau d’une chaudière qui est chauffée grâce à la combustion de matières végétales ou animales. À la sortie de la turbine, une partie de la vapeur est récupérée pour être utilisée pour le chauffage, c'est ce que l'on appelle la cogénération. Le reste de la vapeur est à nouveau transformée en eau grâce à un condenseur dans lequel circule de l'eau froide en provenance de la mer ou d'un fleuve. L'eau ainsi obtenue est récupérée et re-circule dans la chaudière pour recommencer un autre cycle (EDF, 2020).
La Filière bois énergie étant en pleine expansion en France, ces centrales de biomasse se multiplient (ex : en région PACA : centrales INOVA VAR biomasse à Brignoles et EPH à Gardanne). Les déchets verts (ligneux et non ligneux) d’espèces végétales exotiques envahissantes peuvent, par ce procédé, être valorisés énergétiquement.

 

+ L'incinération en centres agréés

Les installations d’incinération peuvent accepter les déchets d’espèces végétales exotiques envahissantes mais il est fortement déconseillé de les brûler car il n’y a aucune valorisation organique. Cette solution de traitement des déchets d’espèces exotiques envahissantes est parfois optée par les gestionnaires d’espaces naturels pour traiter certaines espèces pour lesquelles il n’y a pas de connaissance sur l’efficacité du compostage sur la destruction complète des propagules (ex : graines, rhizomes, bulbes, etc.). Pour pallier au problème de propagation de certaines espèces végétales exotiques envahissantes à graines persistantes et résistantes aux températures élevées, il peut être préconisé de les gréer en dehors de leur période de fructification.

 

+ Le brûlage à l'air libre

Le brûlage à l’air libre est interdit sauf certaines dérogations (circulaire du 18 novembre 2011 relative à l’interdiction du brûlage à l’air libre des déchets verts). La note technique ministérielle relative à la mise en œuvre des opérations de gestion des espèces exotiques envahissantes du 2 novembre 2018 prévoit que « dans certaines situations difficiles (ex : difficulté d’exporter les déchets) et sous réserve d’accord locaux, il pourra être procédé au brûlage sur place ».

 

+ La valorisation socio-économique

Il existe des alternatives permettant la valorisation socio-économique des déchets d’espèces exotiques envahissantes, même si certains traitements sont encore très expérimentaux et non reproductibles à large échelle. En région PACA, l’atelier LUMA situé à Arles a mené plusieurs expérimentations sur les déchets verts d’espèces exotiques envahissantes méditerranéennes par de la bioconstruction ou de la transformation. Cette fondation privée expérimente des techniques innovantes sur ces espèces pour trouver une valorisation socio-économique (ex : teintures à partir de renouées asiatiques, fibres textiles issues des agaves américaines, etc.). En 2020, des expérimentations sur les agaves américaines arrachées à Marseille par le Parc national des Calanques ont été réalisées pour tester la fabrication de mezcal (distillat).

LA GESTION DES TERRES CONTAMINÉES ET EXCAVÉES

La gestion des terres contenant les parties souterraines et/ou des graines d'espèces végétales exotiques envahissantes (dites "terres cotaminées") peut poser problème, puisque les parties végétales biodégradables sont en mélange avec des déchets inertes non dangereux (si les terres ne sont pas polluées). La réglementation sur le traitement de ce type de déchets n’est pas explicite. Il est possible de :

Attention aux déchetteries qui valorisent les terres excavées, par exemple, pour des travaux publics de remblaiement sur d’autres sites. De plus, si les terres contaminées présentent des éléments (propagules, graines, etc.) d'espèces végétales exotiques quenvahissantes réglementées prioritaires pour l'Union européenne, une demande d'autorisation sera nécessaire.

+ lien vers le guide des règles professionnelles pour la gestion des plantes exotiques envahissantes et adventices : ici
+ lien vers le guide d'identification et de gestion des espèces végétales exotiques envahissantes sur les chantiers de travaux publics : ici

 

LE TRANSPORT ET LES RÈGLES PROFESSIONNELLES POUR ÉVITER LA DISPERSION

Le transport des espèces végétales exotiques envahissantes vers le site de traitement des déchets et le stockage sur le site représentent un risque potentiel de dissémination des espèces. C’est pourquoi des mesures spécifiques doivent être mises en place par le maître d’ouvrage.
Exemples de quelques préconisations à mettre en œuvre :

  • sensibiliser et former le personnel du chantier aux risques de dissémination des espèces végétales exotiques envahissantes et aux précautions à prendre ;
  • nettoyer le matériel ayant servi au chantier (ex : roues des véhicules, outils) pour éliminer toutes les propagules d’espèces végétales exotiques envahissantes en veillant à ne pas les disperser sur le site (ex : poser des bâches lors du nettoyage, loin d’une zone humide) ;
  • poser des bâches sur les remorques et bennes avant l’acheminement des déchets d’espèces végétales exotiques envahissantes vers le site de traitement pour éviter leur dispersion lors du transport ;
  • poser des bâches sur les déchets d’espèces végétales exotiques envahissantes sur le site de stockage (avant traitement) ;
  • garder une traçabilité des déchets d’espèces végétales exotiques envahissantes : interroger le centre/unité de valorisation ou la décharge sur le traitement des déchets, leur transmettre des préconisations pour éviter toute dispersion, ne pas confier les déchets à une déchetterie ou un centre de broyage sans savoir comment ceux-ci seront traités.

L’article L.411-6 du Code de l’environnement interdit le transport des espèces exotiques envahissantes du Règlement européen dont la liste est fixée par arrêtés conjoints (le dernier en date étant l'arrêté du 10 mars 2020). Cependant, ceci ne s'applique pas au transport des spécimens collectés vers les sites de destruction (article L411-8 du code de l’environnent) ou de valorisation (ex : centres de compostage, unités de méthanisation). Ainsi, il n’est pas nécessaire d’obtenir une autorisation préfectorale concernant le transport des spécimens prélevés vers les sites de destruction, de valorisation ou les centres de conservation (article L.411-8 du CE).

+ lien vers le guide de l'UPGE sur les préconisations pour une meilleure prise en compte du risque de dissémination des espèces végétales exotiques envahissantes : ici

 

 

SUIVI DES TRAVAUX DE GESTION

 

Une fois que vous avez réalisé l'action de gestion, bien faire attention à revenir sur site pour éviter toute recolonisation (repousses, germinations, etc.) et bien noter pour chaque opération les indicateurs d'évaluation de l'opération (ex : nombre, superficie, recouvrement, etc.) et les indicateurs de suivi de l'opération (ex : nombre d'heures effectués, nombre de personnes, etc.) si un biocontrôle est effectué (repasse sur site par une nouvelle action limitant la propagation de l'espèce).

+ vous pouvez trouver une fiche d'aide à la mise en place d'un suivi : ici

 

 

REVÉGETALISATION DU SITE (SI BESOIN)

 

Lorsqu'une opération de gestion d'une espèce végétale exotique envahissante a été réalisée et que le site gérée se trouve en milieu naturel ou semi-naturel, parfois dans certains cas (réaliser un couvert végétal, favoriser la germination d'espèces sélectionnées, éviter l'érosion, etc.) une revégétalisation - avec des plantes indigènes - peut être une option intéressante afin de réhabiliter ou restaurer le milieu colonisé. Il existe au niveau national une marque qui promeut l'utilisation d'espèces indigènes locales : Végétal Local.

 

REVÉGÉTALISER AVEC DES ESPÈCES INDIGÈNES

En milieu naturel ou semi-naturel, il est effectivement déconseillé de planter des espèces végétales exotiques qui peuvent potentiellement devenir envahissantes si les conditions environnementales le leur permettent. Il est préférable de revégétaliser avec des espèces végétales indigènes, c'est-à-dire dont le territoire coïncide avec leur aire de répartition naturelle. Plusieurs ressources existent et permettent d'orienter le choix des essences vers des espèces indigènes suivant la zone biogéographique dans laquelle vous vous trouvez.

Pollinis

Par exemple, l'ONG Pollinis a publié des guides de plantations d'espèces végétales indigènes pour la création de haies, réalisés avec des botanistes d'instituts de recherche et de conservatoires botanique nationaux. Ce sont de très bons outils mais attention! une expertise botanique peut être nécessaire au sein même des zones biogéographiques, car certaines espèces citées ne sont pas forcément adaptées à l’ensemble de la zone (ex : le chèvrefeuille des haies Lonicera xylosteum est une espèce que l’on trouve effectivement dans le Var - donc potentiellement adaptée à la zone biogéographique méditerranéenne - mais uniquement dans les secteurs les plus montagnards !). Les conditions écologiques sont une clé essentielle de la réussite. Par exemple, le cornouiller sanguin Cornus sanguinea a besoin de zones plus fraîches que les conditions offertes sur le littoral, le ciste de Montpellier Cistus monspeliensis ne poussera pas ou mal sur calcaire, etc.
 

+ En région PACA

Plusieurs initiatives ont émergé en région, qui permettent de proposer des palettes végétales adaptées au contexte méditerranéen avec des espèces indigènes. Par exemple, le territoire de la Communauté d'Agglomération Sophia Antipolis (CASA) a proposé un guide de promotion de palettes végétales (végétaux adaptés au territoire de la CASA pour les aménagements et jardins) prenant en compte les contraintes phytosanitaires actuelles, les risques de propagation des espèces exotiques envahissantes et l’anticipation du changement climatique. Ce travail est issu d’une démarche partenariale avec les acteurs institutionnels et les représentants des professionnels du paysage.

+ vous pouvez consulter ce guide (CASA, 2020) : ici
+ lien vers le guide Pollinis de la zone biogéographique méditerranéenne
: ici / alpine : ici

 

+ En région Occitanie

La région Occitanie comprend quatre zones biogéographiques : l'ONG Pollinis propose pour chacune de ces zones des guides présentant les espèces indigènes (adaptées au territoire) qu'il est possible de planter.

+ lien vers les guides Pollinis des zones biogéographiques méditerranéenne : ici / Massif Central : ici / Sud-Ouest : ici / Pyrénées : ici

 

+ En région Corse

+ lien vers le guide Pollinis de la zone biogéographique Corse : ici

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REVÉGÉTALISER SI POSSIBLE AVEC DES ESPÈCES INDIGÈNES OBTENUES À PARTIR DE MATÉRIEL GÉNÉTIQUE LOCAL

+ La marque Végétal local (provenances méditerranéenne, alpine, pyrénéenne, Sud-Ouest et Massif Central)

Végétal Local

Jusqu’à présent, le marché français de végétaux d’origine sauvage ne disposait pas de garantie pour qualifier la provenance de ces végétaux. Pourtant, pour la restauration des milieux, l’origine locale de ceux-ci est une nécessité tant écologique qu’économique : s’appuyant sur des végétaux adaptés, elle favorise la reconstitution des communautés végétales cohérentes et la réussite des semis et des plantations. En France, des actions régionales ou locales voient aujourd'hui le jour : elles visent à mettre en place et à promouvoir des filières de production de plantes ou d’arbres adaptés à des territoires spécifiques. Cette marque répond à cet enjeu et valorise ces filières de production de semences et plants d’écotypes locaux.

La marque Végétal local garantit pour les plantes, les arbres et les arbustes sauvages bénéficiaires :

  • leur provenance locale, au regard d'une carte des 11 régions biogéographiques métropolitaines (et des régions biogéographiques d'outre-mer), avec une traçabilité complète du processus de récolte et de multiplication ;
  • la prise en compte de la diversité génétique dans les lots de plantes et d’arbres porteurs du signe de qualité ;
  • une conservation de la ressource (plantes et arbres mères) dans le milieu naturel, lors des collectes.

+ vous pouvez trouver un résumé en vidéo : ici
+ si vous cherchez les producteurs affiliés à la marque Végétal local près de votre site : ici (sélectionner la zone dans laquelle se trouve votre site et appuyer sur OK)
+ si vous souhaitez réensemencer : vous pouvez vous tourner vers un semencier qui propose des espèces Végétal local comme Phytosem (leur expertise permet de trouver un mélange adapté au milieu et à la demande) : info[a]phytosem.com


+ La marque Corsica grana (provenance Corse)

Corsica grana

Dans l’optique d’apporter notamment une alternative à la plantation d’espèces exotiques envahissantes en Corse, l’Office de l’Environnement de la Corse développe depuis 2016 la marque « Corsica Grana ». Cette dernière est d’ailleurs soutenue par le Ministère de la transition écologique, l’Office français de la biodiversité et la Collectivité de Corse.
Corsica Grana est une marque collective basée sur la récolte, la production et la valorisation des plantes d’origine locale. Elle assure ainsi l’origine corse des plants et leur traçabilité.
Ces végétaux sauvages, récoltés directement en milieu naturel et multipliés sur l’île chez les pépiniéristes ayant un droit d’usage de la marque contribuent ainsi à la préservation de la biodiversité, des spécificités et du patrimoine végétal insulaire. Le CBNC est en charge de son fonctionnement et de son développement.

+ pour plus d’informations sur Corsica Grana : ici
+ si vous cherchez les producteurs affiliés à la marque Corsica Grana près de chez vous : ici

 

 

VALORISATION DE L'ACTION

 

Valoriser les actions permet d'améliorer les connaissances sur les méthodologies de gestion de ces espèces et ce travail permet également de mettre en contact les acteurs mobilisés sur les plantes exotiques envahissantes, d'échanger des informations et expériences, d'identifier des partenaires et de monter de nouveaux projets en réseau.

+ si vous cherchez à valoriser vos actions : ici

 

 

EN RÉSUMÉ...

 

BONNES PRATIQUES À L'ATTENTION DES GESTIONNAIRES D'ESPACES
  • Réaliser un état des lieux des espèces végétales exotiques envahissantes présentes sur votre territoire, ainsi qu'un bilan de l’ensemble des actions déjà effectuées.
  • Signaler les espèces "émergentes" en faisant remonter les données d’observations d’espèces végétales exotiques envahissantes sur le site internet INVMED-Flore (catégories "Émergentes", "Prévention") pour aider à la gestion de cette problématique. Plus la détection est précoce, plus les actions de contrôle et d’éradication sont efficaces. Vous pouvez aussi envoyer l'ensemble de vos données d'occurrence floristiques à votre Système d'information de l'inventaire du patrimoine naturel (SINP) régional.
  • Mettre en place une veille régulière sur votre territoire afin de contrôler la dispersion des espèces végétales exotiques envahissantes et l'arrivée de nouvelles espèces ;
  • Travailler autant que possible en concertation avec la communauté scientifique et communiquer les données d’observations d’espèces végétales exotiques recensées sur votre territoire, pour prendre part au réseau de veille et d'alerte régional.
  • Déterminer les enjeux de conservation sur votre territoire et analyser les menaces pour la protection des espèces et des habitats indigènes, dus aux impacts négatifs de certaines espèces exotiques envahissantes.
  • Promouvoir des plans de contrôle et/ou d’éradication des espèces exotiques envahissantes ou potentiellement envahissantes sur votre territoire à compter de la première observation. Sinon, s’assurer d'éviter la dispersion de ces espèces.
  • Assurer si possible une formation adéquate sur la thématique des invasions biologiques pour l'ensemble du personnel.
  • Favoriser l'utilisation d'espèces indigènes obtenues à partir du matériel génétique local pour les interventions de reboisement ou revégétalisation par exemple (cf. Végétal local).
  • Sensibiliser le grand public à la problématique des espèces exotiques envahissantes.
  • Réaliser un suivi de site après chaque opération d'éradication ou de contrôle d'espèces exotiques envahissantes sur le long terme, afin d'évaluer l'opération réalisée (succès ou échec). Pour cela, choisir un indicateur pertinent et facile à suivre dans le temps (nombre de repousses de l'espèce exotique envahissante, coefficient de recouvrement, etc.).

 


 
PRESCRIPTION, PRODUCTION, CULTURE, COMMERCIALISATION, AMÉNAGEMENT

 

PRIVILÉGIER L'UTILISATION D'ESPÈCES VÉGÉTALES (EXOTIQUES OU INDIGÈNES) NON ENVAHISSANTES 

Les listes d'espèces végétales exotiques envahissantes et potentiellement envahissantes produites par les conservatoires botaniques nationaux sont des listes de connaissance, présentant les potentiel d'envahissement, les dynamiques de prolifération, les risques d'impacts environnementaux, socio-économiques et sanitaires de l'ensemble de ces espèces.

Des travaux avec les interprofessions des filières de prescription, production, culture, commercialisation et aménagement du territoire sont souhaités afin d'éviter l'utilisation de ces espèces (listées dans les stratégies régionales) et parvenir à des listes de consensus, qui recensent les plantes qui ont un impact important, notamment sur la biodiversité, lorsqu’elles sont introduites dans le milieu naturel. Cela dans le but de pouvoir ne plus les introduire (volontairement ou involontairement), les produire, les vendre, les prescrire, les utiliser et, si possible, de favoriser leur contrôle voire leur éradication.

 

Code de conduite Val'hor

SE RÉFÉRER AU CODE DE CONDUITE PROFESSIONEL RELATIF AUX PLANTES EXOTIQUES ENVAHISSANTES EN FRANCE

Le Code de conduite professionnel a pour objectif de limiter l’introduction et la dispersion de plantes exotiques envahissantes ayant des impacts négatifs reconnus. Il est fondé sur le principe de l'autorégulation. Il propose la mise en place de mesures concrètes et de bonnes pratiques, comportant des restrictions totales (Liste de consensus) ou partielles d'utilisation de certaines plantes dans des conditions bien définies (Liste de plantes soumises à recommandations).

+ vous pouvez trouver un résumé en vidéo : ici
+ vous pouvez consulter le Code de conduite Val'hor : ici

 

EN RÉSUMÉ...

 

BONNES PRATIQUES À L'ATTENTION DES SOCIOPROFESSIONNELS
  • Éviter de produire, promouvoir, commercialiser et utiliser les plantes exotiques envahissantes ou potentiellement envahissantes inscrites dans les listes régionales. Renseignez-vous sur les plantes exotiques envahissantes qui posent problèmes en région.
  • Connaître la réglementation relative aux plantes exotiques envahissantes, se tenir informé de son évolution et encourager les formations sur cette thématique.
  • Promouvoir la production et l'utilisation des plantes ornementales non envahissantes, notamment issues du Code de conduite Val'hor.
  • Mettre en pratique toutes les mesures nécessaires pour éviter l'introduction et la dissémination de plantes exotiques envahissantes ou potentiellement envahissantes dans la nature (actions de prévention, de sensibilisation et d'information du public, de prise en compte des risques associés à ces espèces afin de pouvoir les limiter, etc.). Par exemple, informez votre clientèle sur les risques des plantes exotiques envahissantes encore en vente, et leur proposer des alternatives (espèces non envahissantes, espèces locales, etc.). Lors de chantiers d’aménagements, portez une attention particulière à la provenance de la terre utilisée pour remblayer, ainsi qu’à la destination des terres issues des travaux, etc.
  • Mettre en place un suivi régulier de l'état de santé des plantes cultivées afin de pouvoir informer rapidement les autorités de la présence de parasites et d'organismes pathogènes nouvellement introduits sur le territoire.