Photo Acacia baileyana (c) Petit Y. (CBNC)

ELLES SONT BELLES,

PARFOIS UTILES...

MAIS...



ELLES MENACENT LA BIODIVERSITÉ LOCALE

De nombreuses publications scientifiques ont démontré que ces espèces peuvent représenter une menace pour la biodiversité à l’échelle mondiale puisqu’elles sont à l’origine de l’extinction de certaines espèces, particulièrement en milieux insulaires. Qui plus est, au niveau local, suivant le milieu naturel envahi et le territoire, ces espèces peuvent homogénéiser la flore d’un écosystème envahi en provoquant une baisse de la diversité spécifique en espèces indigènes.

 

ELLES ONT UN IMPACT NÉGATIF SUR LES ÉCOSYSTÈMES

Lors de l’introduction d’une plante exotique envahissante dans une communauté végétale, de nombreuses interactions peuvent être réorganisées, ce qui peut induire une modification du fonctionnement de l’écosystème et de la composition des communautés végétales envahies.


ELLES ENGENDRENT UN PROBLÈME DE SANTÉ PUBLIQUE

Certaines de ces espèces peuvent nuire à la santé humaine ou à la sécurité publique. L’ambroisie à feuilles d’armoise par exemple cause de réels impacts négatifs sur la santé humaine en provoquant des allergies, des rhinites et autres maladies respiratoires et de la peau (ex : eczéma). La berce du Caucase quant à elle peut provoquer de graves brûlures cutanées. D'autres encore forment des peuplements denses, d’arbres ou d’arbustes exotiques envahissants le long des routes et le long des glissières de sécurité et bordures d’autoroutes pouvant gêner la visibilité des usagers et ainsi provoquer des accidents (ex : renouées du Japon, ailante glanduleux). D’autres espèces hautement inflammables peuvent provoquer de graves incendies et être à l’origine du décès de sapeurs pompiers (ex : mimosa d’hiver et herbe de la pampa).

 

ELLES ENGENDRENT DES COÛTS IMPORTANTS

Les impacts sur l’économie comprennent évidemment les coûts de gestion de ces espèces (prévention, gestion, traitement des déchets verts, restauration des milieux gérés et suivi sur plusieurs années) mais aussi les coûts des dommages induits par ces plantes exotiques envahissantes (problèmes de santé publique, diminution des rendements agricoles, diminution de la valeur des fourrages, toxicité de certaines plantes pour les animaux d’élevage, utilisation accrue d’herbicides et de pesticides, pertes sylvicoles, détérioration des infrastructures humaines, nuisances sur certaines activités humaines et sur le paysage, etc.). Selon la Commission européenne, le coût annuel des dommages causés aux États membres par les espèces exotiques envahissantes s’élève à 12 milliards d’euros.

N.B. : Ces nuisances ne sont pas généralisables à toutes les espèces végétales exotiques envahissantes et à tous les milieux envahis. De plus, il est souvent préférable de parler de populations envahissantes plutôt que d'espèce pour ne pas stigmatiser une espèce dans son entièreté, qui ne sera pas forcément dynamique dans tous les milieux d'introduction.

 

EN EFFET...

 

ELLES ONT ÉTÉ DÉPLACÉES PAR L'HOMME PAR LE PASSÉ

Depuis l’époque du Néolithique, l’Homme, par ses migrations et ses activités agricoles, a déplacé de nombreuses espèces végétales hors de leurs aires de répartition et de dispersion naturelles. De nombreuses plantes en provenance d’Asie, du bassin méditerranéen et d’Afrique du Nord ont été introduites en Europe et cultivées à des fins alimentaires. D’autres plantes ont également pu être transportées accidentellement lors de ces mouvements migratoires comme c’est le cas, par exemples, des espèces commensales des champs cultivés (ex : les plantes messicoles telles que le coquelicot, la nielle des blés, le bleuet...). La découverte du continent américain à la fin du XVème siècle a induit une hausse du taux d’introduction en Europe de nouvelles plantes. Ce phénomène s’est intensifié depuis le début du XXème siècle en raison notamment de l’augmentation des échanges commerciaux, des voyages et des transports à l’échelle mondiale. Parmi les espèces végétales introduites en Europe et en France depuis la fin du XVème siècle, seul un faible pourcentage est parvenu à s’acclimater et à se naturaliser. Parmi ces espèces naturalisées, seules quelques-unes sont capables de produire une descendance nombreuse, vaible et fertile à des distances considérables des pieds mères, et ont la potentialité de se propager sur de larges zones. Ces espèces sont qualifiées d' "invasives" selon la définition de Richardson et al. (2000) et ce terme est synonyme de celui d' "exotiques envahissantes" en France.

 
ELLES SONT ENCORE INTRODUITES AUJOURD'HUI

L’Homme est à l’origine de l’introduction (volontaire ou accidentelle) de ces espèces et il favorise leur prolifération via ses activités de manière directe (ex : transport des espèces) ou indirecte (ex : dégradation physique et chimique des sols qui sont alors plus sensibles aux invasions biologiques). Cette pression de plus en plus croissante qu’il exerce sur son environnement (ex : augmentation des surfaces anthropisées et agricoles) favorise l’installation et la prolifération de ces espèces.

 

ELLES NE SONT CEPENDANT PAS TOUTES ENVAHISSANTES

Une espèce végétale exotique n'exprime pas systématiquement son caractère envahissant dans tous les milieux sur l'ensemble d'un territoire. En effet, une plante exotique envahissante dans les milieux littoraux méditerranéens (ex : l'oxalide pied-de-chèvre, l'oponce stricte, etc.) n'est pas systématiquement envahissante sur le reste du territoire national ou régional. Cette constatation est souvent à l'origine, entre autre, des différentes perceptions relatives à la légitimité d'une plante à être listée à une échelle géographique large comme plante exotique envahissante.

 

ET ELLES PEUVENT AVOIR DES ASPECTS POSITIFS

Certaines de ces espèces peuvent également avoir des aspects positifs d'ordre économique, culturel, paysager ou de société. Ces bénéfices sont à prendre en considération au même titre que les nuisances induites par ces espèces dans la mise en œuvre des politiques publiques. Par exemple, les bénéfices identifiés lors de l'élaboration de la stratégie régionale Provence-Alpes-Côte d'Azur (d’après les résultats de l’enquête régionale) sont liés :

  • à la commercialisation et à l'utilisation de ces espèces pour l'horticulture, l'aquariophilie (qualités ornementales), l'agriculture (qualités alimentaires), la sylviculture (exploitations forestières, anciennes campagnes de restauration de terrains de montagne par l'ONF, construction d'arboretums), l'apiculture (utilisation détournée d'espèces déjà présentes), la pharmacopée et la cosmétique (notamment la production de produits à base de figuier de barbarie), la pêche et la chasse (valeurs récréatives) ;
  • à la culture, à l'économie locale (augmentation de la fréquentation touristique, par exemple autour de l'événement annuel "Mimosalia" qui réunit des collectionneurs et pépiniéristes à Bormes-les-Mimosas, notamment autour du genre Acacia spp.), aux bienfaits culturels et sociaux (valeur affective pour certaines espèces comme le mimosa d'hiver, le figuier de Barbarie, les agaves, les griffes de sorcière, le buddleia de David, etc.) ;
  • aux propriétés en faveur de l'environnement de l'usage de certaines d'entre elles (mellifères, stabilisatrices de dunes, purificatrices de l'eau, captatrices de CO2, peu gourmandes en eau et en intrants chimiques car résistantes à la sécheresse estivale et aux parasites, etc.).

Attention! même si certaines espèces exotiques envahissantes présentent des aspects positifs, elles peuvent se disperser ou se propager dans des milieux naturels ou semi-naturels et avoir des impacts négatifs sur l'environnement par exemple. 

 

POUR RÉSUMER...

 

LE PROCESSUS D'INVASION BIOLOGIQUE :

Trois étapes sont définies et considérées selon Richardson et al. (2000) comme une succession de barrières ou obstacles que les espèces doivent franchir pour devenir envahissantes :

  • l'introduction volontaire (pour l'agriculture, l'horticulture, la pisciculture etc.) ou accidentelle (via les transports, les activités humaines, les terres contaminées) des espèces végétales sur un territoire extérieur à leur aire de répartition naturelle ;
  • l’établissement et la colonisation lente de nouvelles localités lorsque ces espèces forment des populations bien établies dans les zones d’introduction et qu’elles parviennent à étendre leurs populations ou à coloniser lentement de nouveaux sites sans l’aide de l’Homme ;
  • la prolifération dans les milieux perturbés puis naturels. La taille et le nombre des populations de ces espèces peuvent augmenter très rapidement. L'Homme participe souvent à ce processus puisqu’il agit comme un agent de transport (ex : travaux et autres activités humaines) des espèces d'un site à un autre. Seule une très faible proportion des plantes introduites parvient à cette étape du processus d’envahissement. Certaines de ces plantes exotiques envahissantes peuvent devenir des « transformatrices » et « modifier les caractéristiques, les conditions biotiques, les conditions abiotiques et la nature des écosystèmes sur une surface relativement étendue par rapport à celle de l’écosystème touché ».

Attention! la stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes (2017) ajoute la notion d'impacts environnementaux, socio-économiques et/ou sanitaires à la définition d'une plante exotique envahissante de Richardson et al. (2000).

 

+ vous pouvez trouver un résumé en vidéo : ici
+ pour aller plus loin : conférence de Guillaume Fried lors des 1ères Convergences botaniques (Société botanique d'Occitanie, Montpellier) : ici

N.B. : les dysfonctionnements observés dans les écosystèmes envahis ne sont pas uniquement dus à la présence d’une ou plusieurs plantes exotiques envahissantes. Ces écosystèmes ont pu être perturbés et déstabilisés avant l’arrivée d’une ou plusieurs espèces végétales exotiques envahissantes en raison, par exemple, des activités humaines. Les perturbations anthropiques de ces écosystèmes peuvent favoriser l’implantation de ces espèces qui profitent des niches écologiques vacantes pour s’installer et proliférer. Les études des effets induits par ces espèces sur la biodiversité et les écosystèmes doivent donc prendre en compte les connections existantes entre la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes.

Qu’est-ce qu’une espèce végétale exotique envahissante ?

Une espèce végétale exotique envahissante (EVEE) ou plante exotique envahissante (PEE) est une espèce floristique introduite en dehors de son territoire d’origine, qui a une dynamique de colonisation rapide dans son territoire d’introduction du fait d’une reproduction efficace et qui a la capacité de se propager rapidement sur un large territoire.

Ces espèces représentent une menace pour la diversité biologique mondiale et peuvent localement, de part leur simple présence ou leur comportement envahissant :

  • concurrencer des espèces indigènes : banalisation de la flore, uniformisation des habitats naturels, etc. ;
  • modifier la structure, le fonctionnement et la composition des écosystèmes et plus particulièrement des cycles biogéochimiques (allélopathie, fixation d'azote, etc.) ;
  • menacer des espèces ou des espaces remarquables : menace pour les biotopes exceptionnels, pour les espèces rares (particulièrement dans les systèmes insulaires) ;
  • induire une pollution génétique (introgression génétique).

Ces constats constituent les principaux arguments des organismes agissant en faveur de la biodiversité pour convaincre les politiques publiques de mettre en place et mettre en œuvre des stratégies et des plans d’actions afin de stopper l’introduction, la propagation et favoriser la gestion de ces espèces.

+ vous pouvez trouver un résumé en vidéo : ici
+ vous pouvez trouver un glossaire : ici
+ plus d'informations (Centre de ressources national EEE) :
ici



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