EVEE

La stratégie PACA 2014


Une enquête régionale relative aux EVEE a été initiée en mai 2013 lors de la phase d’état des lieux régional. Les objectifs de l’enquête étaient :

  • d’inventorier l’ensemble des structures concernées par les EVEE,
  • d’identifier les différentes perceptions de ces espèces,
  • de réaliser un état des lieux des connaissances et actions entreprises sur ces espèces en région,
  • d’identifier les attentes des acteurs concernés par ces espèces.

Plus de 590 structures différentes ont été sollicitées pour participer à l’enquête régionale. Un questionnaire en ligne sur ces espèces a été élaboré et diffusé à l’ensemble des structures recensées. Des entretiens téléphoniques et des rencontres sur le terrain avec plusieurs acteurs ayant répondu à l’enquête ont également été effectués afin d’enrichir les réponses de l’enquête, d’identifier les attentes des acteurs et connaître les principales actions menées en région sur ces espèces.

Un comité technique a été constitué au cours de l’année 2013 afin d’assurer une partie de la gouvernance du projet. Il était composé d'experts, de gestionnaires de milieux naturels, scientifiques, opérateurs techniques étudiant ou confrontés à la problématique des EVEE de diverses filières professionnelles (environnementale, forestière, horticole et paysagère). Les membres de ce comité technique ont été sollicités pour :

  • exprimer les enjeux régionaux relatifs aux EVEE,
  • contribuer à la définition de la stratégie régionale relative aux EVEE en PACA en apportant leur expertise scientifique et leurs expériences,
  • donner un avis consultatif sur les orientations méthodologiques et techniques relatives à cette stratégie.

En ce qui concerne les enjeux régionaux, plusieurs constats ont été faits :

  • Les perceptions de ces espèces sont très différentes selon les acteurs régionaux, les milieux et les territoires concernés.
  • Les enjeux de conservation de la biodiversité et des habitats naturels ne sont pas les mêmes suivant les espèces, les sites et le type de milieu.
  • Il est nécessaire de prendre en compte les enjeux économiques et aspects positifs liés à la production et à l’utilisation des EVEE pour certains milieux (urbains et exploitations forestières) dans la stratégie de gestion.

En ce qui concerne les attentes vis-à-vis de la stratégie régionale, les constats qui ont été faits sont :

  • un manque de connaissances sur ces espèces,
  • un besoin de mutualiser les informations et de créer un réseau d’alerte et d’échanges entre acteurs régionaux sur cette thématique,
  • un appui technique et financier aux gestionnaires,
  • un manque d’outils communs facilement disponibles,
  • un besoin de prioriser et coordonner la gestion sur ces espèces à l’échelle régionale,
  • de proposer et mettre en place une stratégie de communication régionale adaptée aux différents publics cibles et aux différents objectifs,
  • de travailler en partenariat avec les différentes filières utilisant ou produisant les EVEE et EVEpotE.

 



Pour prendre en compte les constats mis en évidence lors de l'enquête régionale, la stratégie régionale :

  • A permis d’établir une liste régionale d’EVEE et EVEpotE destinée à la gestion des milieux naturels et semi-naturels qui se décline en deux listes biogéographiques (région méditerranéenne et région alpine) et qui mentionne les milieux où l’espèce peut être envahissante et les départements où l’espèce est présente.
  • Tient compte du type de milieux (naturels au s.l. vs urbains) pour chaque action préconisée sur les EVEE et donc des enjeux économiques et aspects positifs liés à certaines EVEE ainsi que des enjeux écologiques de ces espèces (prise en compte des attentes des différents acteurs régionaux des filières environnementale, forestière, horticole, paysagère, agricole etc.).
  • Ne focalise pas uniquement ses actions sur la lutte contre les EVEE mais intègre : la prévention, la sensibilisation, la communication, la formation des professionnels comme du grand public, la gestion différentielle des espèces suivant les sites, la restauration des milieux traités et des actions permettant d’améliorer la connaissance sur ces espèces et de mutualiser les informations.
  • Permet de hiérarchiser les actions de gestion en région suivant le statut régional des espèces, les sites et les grands types de milieux via un tableau d’aide à la décision (ci-dessous).


Définition d’une stratégie de gestion des EVEE et EVEpotE

Pour répondre à l’attente émise par les gestionnaires d’espaces naturels et les politiques publiques en ce qui concerne la nécessité de gérer ces espèces de manière priorisée en tenant compte des milieux et des territoires, un tableau d’aide à la décision concernant la gestion des EVEE et EVEpotE suivant le type de milieu et les publics cibles a été élaboré et récapitule les orientations de la stratégie régionale concernant la gestion des EVEE et EVEpotE (Tableau ci-dessous).

 

 

Aussi les actions de gestion sont prioritaires sur :

  • les EVEE de la catégorie « Emergente » quel que soit le milieu (priorités 1, 2 et 3),
  • sur les EVEpotE de la catégorie « Alerte », uniquement pour les populations envahissantes, au sein des espaces protégés (priorité 1) (Lefebvre et al., 2010 ; Tableau 25) et hors des espaces protégés mais en milieux naturels et semi-naturels (priorité 2),
  • les EVEpotE de la catégorie « Prévention » quel que soit le milieu (hors milieux urbains) lorsque l’espèce est détectée sur le territoire (priorités 1, 2 et 3),
  • les EVEE de la catégorie « Majeure » et « Modérée » uniquement pour les secteurs où l’espèce concurrence une espèce ou une population d’espèce rare et les secteurs à enjeux de sécurité ou de santé humaine (priorité 1).

Ces priorités de gestion sont regroupées dans le Tableau ci-dessus et correspondent aux priorités 1, 2, 3.

De manière moins prioritaire, les actions de gestion peuvent être effectuées sur :

  • les EVEE de la catégorie « Majeure » au sein des espaces protégés et particulièrement sur les secteurs insulaires et les zones à forte valeur patrimoniale (priorité 4),
  • les EVEE de la catégorie « Modérée » au sein des espaces protégés et particulièrement sur les secteurs insulaires et les zones à forte valeur patrimoniale (priorité 5).

Ces priorités de gestion sont regroupées dans le Tableau ci-dessus et correspondent aux priorités 4 et 5.

Enfin, les interventions ne sont pas prioritaires sur :

  • Les EVEE de la catégorie « Majeure » et « Modérée », hors espaces naturels, hors secteurs où l’espèce concurrence une espèce ou une population d’espèce rare et hors secteurs à enjeux de sécurité ou de santé humaine.
  • Les EVEE de la catégorie « Alerte » (pour les populations qui ne sont pas envahissantes) en milieux naturels et semi-naturels, protégés ou non.
  • Les EVEE de la catégorie « Alerte » dans tous les milieux semi-naturels fortement influencés par l’homme et en milieux agricoles.

En ce qui concerne les milieux urbains, aucune action de gestion n’est préconisée. Néanmoins, des espèces sont à retirer du commerce et des plantations ; elles ne doivent plus être utilisées (espèces de la liste de consensus). D’autres espèces peuvent être commercialisées et utilisées mais uniquement dans certains milieux (espèces de la liste de restrictions d’usages suivant le milieu).

Enfin, quel que soit le statut des espèces, leur utilisation (plantation) en milieux naturels, semi-naturels et fortement anthropisés est à proscrire.

A la suite de cette première hiérarchisation, des priorités d’intervention peuvent encore être définies en prenant en compte d’autres paramètres (par exemple au sein des espaces protégés pour plusieurs espèces de même catégorie) :

  • l’étendue des foyers,
  • la présence d’espèces rares et/ou protégées,
  • la faisabilité de gestion (accessibilité des sites),
  • la probabilité de succès,
  • les moyens financiers pouvant être alloués aux opérations de gestion.

 


La stratégie régionale relative aux EVEE en PACA se concrétise à travers l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’actions sur ces espèces. Ce plan d’actions se compose de cinq axes qui sont les lignes directrices de la stratégie régionale :

  • Axe I : Améliorer et mutualiser les informations sur les EVEE et EVEpotE
  • Axe II : Limiter l’introduction d’EVEE et EVEpotE en milieux naturels et semi-naturels et gérer les espèces en priorisant les actions
  • Axe III : Limiter l’introduction et gérer certaines EVEE et EVEpotE en milieux fortement anthropisés
  • Axe IV : Communication, sensibilisation et formation
  • Axe V : Gouvernance et animation

Dix-sept objectifs sont déclinés au sein de ces cinq axes. Cinquante-neuf actions sont proposées pour répondre à ces objectifs.

Les orientations de ce plan régional d’actions sont cohérentes et conformes avec :

  1. les principes directeurs des principales conventions internationales existantes et traitant des EEE (CDB, Convention de Berne, Directive habitats, etc.),
  2. les recommandations européennes (Genovesi & Shine, 2004 ; Shine et al., 2009),
  3. les objectifs de la Stratégie nationale pour la biodiversité (2011 – 2020) traitant des espèces exotiques envahissantes,
  4. les actions à réaliser au niveau régional pour la mise en œuvre du règlement européen relatif aux espèces exotiques envahissantes (mise en œuvre prévue dès 2015).